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 scream panic and call Joren

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Primchika Maybelle
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Posté le Lun 31 Juil - 12:15.


Tu détestais devoir fuir comme ça. Comme une proie. Tu n'es pas une biche, mais une louve. Un coeur carnassier bat dans ta poitrine, hérité de ta famille, et impossible à réfréner. Ce serait comme cesser de désirer le ciel, ou vouloir s'empêcher de respirer. Ton ancienne vie te manque. Les soirées dans les bars, libre et exubérante. Tu dois à présent te cacher, camouflée dans les ombres de ta fuite éperdue. Tu serres les dents, et bien emmitouflée dans ton imperméable beige, à la manière de ces indics de pacotille dans les films, tu marches vers l'endroit où tu trouveras peut-être le salut. Et il porte le nom de Joren.

Vous vous connaissez depuis, quoi, trois ans ? Peut-être deux ? T'en sais plus rien, et tu t'en fiches. T'as jamais connu que sa voix, au micro, quand vous jouiez ensemble, sur vos jeux vidéos. Mine de rien, vous êtes devenus amis. Et ta soudaine disparition de l'univers vidéoludique a semblé l'inquiéter. Vous aviez échangé vos numéros - au cas où, dans une situation grave, ou un accident, ce genre de choses. Mais même si la panique t'avait gagnée, même si l'Autorité représentait le pire accident du monde pour toi, femme louve, tu n'avais pas appelé. Tu manquais de confiance en cet homme, parce qu'à ton humble avis, il était intrinsèquement humain, et que tu ne voulais pas le mêler à tout ça. Tu repousses une mèche de cheveux mouillée, la pluie battant sur la ville comme pour la nettoyer de sa souillure. Tu aimes l'odeur de la pluie. Cela te semble naturel.

Pourtant, quand Joren t'a appelé, t'as demandé de tes nouvelles, tu as craqué. Tu n'as guère expliqué ta véritablement situation, te tenant au fait que tu avais des problèmes. De gros problèmes. Et alors que vous n'aviez jamais vu le physique de l'autre, alors que vous n'aviez jamais spécialement songé à vous rencontrer, un rendez-vous avez été pris. Tu fronces le nez : est-ce bien prudent, finalement ? Ta méfiance ne t'honore guère, mais c'est que tu joues toute ta vie, si Joren se révèle un traître, ou pire un membre de l'autorité. Tu renifles, et t'adosses enfin au mur de brique du bar où il travaille.

« Est-ce qu'on va vraiment faire ça ? » murmures-tu à toi même, et tu sens la louve remuer en toi. Tu retiens la bête, serres les rênes de ton fauve ; tu n'as pas intérêt à montrer le moindre regard brillant, la moindre babine retroussée. La bête, ici, se ferait abattre comme un vulgaire lapin. Tu hésites encore, puis tu envoies un texto à Joren. Je suis là.

Se pose la question, plus triviale, de votre rencontre. Vous avez souvent ri, pesté ensemble, vos jeux vous ayant rapprochés. Mais vous étiez resté assez sélectifs sur ce que vous disiez de vos vies privées. Et là, tu vas littéralement le jeter dans la gueule d'une louve - toi. Il ne mérite pas ça, songes-tu avec amertume. Mais tu ne sais plus vers qui te tourner, proie éperdue, terrorisée à l'idée de mourir - car c'est ce qu'ils te feront, avec ce satané rituel, toi louve née. « Fais chier » râles-tu, et tu te fonds encore un peu plus dans les ombres, quand la porte s'ouvre sur deux fumeurs joyeux ; le brouhaha intérieur, la chaleur, l'air sec, les effluves d'alcool et de sueur te donnent envie de te ruer dedans. Tout mieux que cette rue, où tu gis esseulée, trempée.

Mais tu attends, sagement. Peut-être que Joren ne pourra même rien faire. Mais même ta famille, ta meute, tes frères lupins, sont incapables de se rebeller contre l'abomination qu'ils vous font subir. Alors tu pourrais presque prier, silencieusement - pour que tout s'arrête, et que tu puisses être à nouveau libre. Mais t'as jamais cru en rien d'autre que toi. Et à ton avis, il n'y a aucune entité qui se penchera sur toi, écoutera ta prière et exaucera ton simple voeu de tranquillité. A l'affût de Joren, tu attends.
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Joren O'Donnell
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Posté le Ven 4 Aoû - 22:16.
Aucun signal. Depuis maintenant quelques mois Prim ne répond plus. Oui, c’est son véritable nom. Joren aime bien ce nom … bien mieux que son pseudo « ElfeMoon ». Quoique le sien n’est pas bien mieux : « Jojosword ». Il reste connecté, dans l’espoir vain de voir la silhouette de son avatar apparaître à l’écran. Le paysage reste neutre, vide. Le jeu semble presque grotesque sans elle. Joren fini par s’ennuyer de son absence. Tous ces donjons n’ont plus d’importance, ni même ces quêtes qu’ils s’étaient jurés de faire à deux. Elle était son binôme de vie virtuelle. Ils avaient même acheté tout l’attirail pour se marier et fonder une guilde. Mais son absence, sans un mot laissé derrière elle, avait gâché tous ces beaux projets.

A force de se connecter au jeu sans l’ombre d’aucun signe de vie, Joren s’était tourné vers son portable. Il avait son numéro parmi ses contacts. Avant de lui envoyer un texto, il avait passé plusieurs nuits, allongé sur son lit, son pouce défilant sa liste de contacts pour s’arrêter sur le numéro de Prim. Son cœur battait la chamade. Il avait fait le grand saut. Lui envoyer un texto et attendre sa réponse était une torture indescriptible. Il ne savait même pas si elle était encore en vie.

Avec toutes ces informations sur les nouveaux habitants de Bristol, il espérait que rien ne soit arrivé à Prim. Avait-elle subit une attaque de l’une de ces étranges créatures ? Ou peut-être était-elle passée à autre chose ? En fait, il se rendait compte qu’il ne la connaissait pas si bien que ça. Joren ne s’intéressait pas aux gens et encore moins dans le monde du jeu vidéo. Il était sociable, discutait de tout et de rien, mais n’aimait pas décortiquer la vie de son entourage. En général, il les laissait parler, se dévoiler, sans poser de questions.

Finalement, elle a répondu quelques jours plus tard, d’un simple « OK ». Leur point de rendez-vous était simple. Devant le bar où il travaille. La tension était à son comble. Joren ne savait pas à quoi s’attendre. Il avait besoin d’explications, de connaître les raisons de son silence et surtout il avait la trouille simple de la rencontrer. Il n’avait jamais vu sa tête. Elle n’avait donné qu’un bref descriptif de sa tenue …

Pendant tout son service, Joren ne cessait de penser à elle. Les commandes s’entremêlaient, il n’arrivait pas à se concentrer et pourtant le monde affluait. La nuit allait être longue.

A 3h du matin, Joren nettoya son zinc. Le bar était silencieux. Cette ambiance était bien étrange. Pourtant, il vivait ce genre de situation tous les soirs. Un nœud au ventre, il ferma la porte du bar à clé derrière lui. Les lampadaires éclairaient la rue mouillée de leur lumière blafarde. Un vent froid se leva et curieusement, Joren songeait que le temps à Bristol avait bien changé depuis l’arrivée des Réversiens. Etait-ce lié ? Il n’en savait rien. Il plongea ses mains dans sa veste en cuir sous l’effet d’un courant d’air froid qui venait de se lever. Sur le trottoir d’en face, une femme aux cheveux trempés, attendait, le regard fixe.

Le cœur de Joren ne fit qu’un bond. Etait-ce une vampire prête à le dévorer ? Ou une prostituée ? Non … Prim ? Il n’en savait rien. Joren se mordit la lèvre inférieure et resserra ses poings. Bon sang, fallait-il autant de courage pour aborder une inconnue ? Bah oui … dans le monde virtuel tout est tellement plus simple. Après réflexion, ça ne pouvait que être elle. Qui pouvait bien attendre en face de son bar à 3h du matin ? L’air était humide et glacé pour un mois d’août.

Il traversa la route, puis porta son regard vers celui de la jeune femme. D’un simple mouvement de la tête, il l’analysa de haut en bas. Elle était jolie, le genre de fille qu’il aime bien.

« Prim ? C’est bien toi ? » dit-il sur un ton légèrement méfiant.

Là, tout de suite, il avait peur qu’elle lui réponde qu’elle ne voyait pas de quoi il parlait. Il se sentirait tellement con … Puis, à la vue de ses vêtements, il se rendit rapidement compte que cette femme n’était autre que la joueuse du bout de l’écran. Un sourire discret se dessina alors sur le coin de ses lèvres.

« Mince alors, je ne pensais vraiment pas qu’un jour je vivrais ce moment là … Je t’imaginais plus … grande, avec des oreilles pointues et une longue chevelure argenté. » lança le barman sur un ton taquin.

Une lune éclatante brillait dans le ciel. Un ciel qui se couvrait une seconde fois de façon menaçante. Tout autour d’eux paraissait endormi, presque trop tranquille. Une ambiance glauque, mais que curieusement Joren appréciait.
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Primchika Maybelle
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Posté le Dim 6 Aoû - 0:06.


La nuit a toujours été ton terrain de jeux : que ce soient tes promenades lupines ou vos raids avec Joren, tu as toujours été un oiseau de nuit. Bien entendu, la plupart du temps, le danger n'était autre que toi, tapi derrière les fourrés ou attendant le passage d'un ennemi virtuel pour l'attaquer conjointement avec Joren. Tu l'apprécies beaucoup, mais il n'avait jamais heurté ta vie. Ce soir, ce sera chose faite. Tu réprimes un frisson ; le froid, peut-être. Ou alors tout simplement l'angoisse de voir ton monde virtuel brisé en éclats trop tranchants. Tu ne sais si une belle amitié comme la votre, soldée par vos rêves virtuels, résistera à une confrontation physique. Et les étoiles ne t'aident pas, de leur scintillement silencieux.

T'as donné par sms un bref récapitulatif de ta tenue. Histoire qu'il n'aille pas aborder une autre jeune femme. Globalement, ça se tient en un jean simple, des tennis, un petit pull beige qui tranche sur ta peau sombre. Tu n'hésites pas un instant à passer l'écharpe de ton sac en bandoulière à ton cou. Le mois d’aout est trop frais pour toi, qui a toujours aimé la chaleur. Tes cheveux, qui ont repris leur couleur noire aux racines, gardent leur blancheur de ta dernière coloration en un tie & dye involontaire sous la pluie qui dégoulinent sur ton visage. Des silhouettes sortent. Et Joren ? Tu observes les portes, angoissée à l'idée que quiconque ne te surprenne, n'appelle la police. Tu as peur. Ton regard s'assombrit, puis tes sourcils se froncent, jusqu'à ce qu'une voix bien connue te frôle les oreilles. Tes yeux cherchent la silhouette - et, tu t'en veux de tes clichés. Tu n'as pas le temps ni la réaction pour parler. Alors tu le laisses, il semble soulagé de te trouver. S'il savait combien, toi, tu es soulagée !

C'est plus fort que toi, tu éclates de rire. C'est bon. Tu pensais que cet instant serait solennel, et c'est fichu, penses-tu avec amusement. « Et toi, Jojosword, où sont ton épée et ta belle armure ? Bah on se contentera de ce qu'on a, hein ? » fais-tu avec un léger sourire. Mais tu es mauvaise langue : il n'est pas le cliché du geek que tu avais imaginé. Il est mignon - il est si humain que ça te touche. Mais, surtout, sa présence t'apaise comme un chien sous une caresse. Il a un visage avenant, qui donne envie de lui faire confiance.

« Tu as fini ton boulot ? Désolée de t'avoir dérangé. Mais fallait bien que je te rencontre, avant le mariage ... » Comment tu avais fait pour avoir peur ? Peur de le rencontrer ? L'habitude glisse doucement, sur tes propos - l'habitude de vos jeux. « Et, à propos de ma disparition des jeux, j'ai de très bonnes excuses. » Fallait juste trouver le juste milieu pour les lui donner. Hélas, la pluie, qui menaçait de tomber, vous interrompt une nouvelle fois. Tu ne sursautes pas - t'es déjà trempée, de toute façon. Tu lèves les yeux, parce qu'il est plus grand que toi, et ça te fais bizarre de l'observer ainsi, si proche de toi. « Oké, on peut se mettre à l'abri avant que le meurtrier de notre série B ne sorte de la ruelle pour nous trucider, JojoSword ? » tu t'exclames en t'approchant encore pour être entendue, sous la trombe d'eau. Tu resserres contre toi ton manteau, et tu sens la louve qui gémit. Tu voudrais juste un abri, un endroit chaud, où tu pourrais te nourrir et te reposer. Tu aspires à une tanière, mais même ton propre appartement n'est plus cela. Tu trouves à la ville une ambiance effrayante, et les ombres se peuplent de tes ennemis. Involontairement, tu observes autour de toi ; tu cilles pour chasser la pluie. Ton odorat ne donnera rien ; tout le monde est-il parti du bar ? Personne ne vous observe ?

« Sans vouloir te paraître osée, on va chez toi ? J'veux dire, on est presque mariés » fais-tu, en souriant ; tu continues d'observer rapidement autour de toi avant de jeter un regard par en-dessous à Joren, avant de te mordiller la lèvre. « J'suis désolée de te demander ça. Ca m'ennuie de t'embêter, mais t'es sûrement le seul vers qui je peux me tourner, vu ma situation. » Tu ranges tes mains dans tes poches de manteau, pour les garder du froid ambiant de cette fin d'été. « Va pas t'imaginer que j'ai tué quelqu'un - rien d'aussi romantique. Moi j'verse plutôt dans la drogue » et tu clignes de l'oeil avant de rire sous cape. Il va pas croire tes bobards, il te connaît trop. Mais est-ce qu'il va accepter, comme ça, chez lui ? Dur à dire.

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Joren O'Donnell
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Posté le Lun 7 Aoû - 22:21.
Malgré l’ambiance pesante qui règne tout autour d’eux, Joren trouve la situation plutôt amusante. Dans un sens il est intimidé de la voir en vrai. Il ne se l’était jamais imaginé aussi belle. Ils s’étaient jurés de ne jamais s’envoyer de photo. Ils ne connaissaient que quelques brides de leurs histoires communes. Mais pourtant, au travers des jeux, ils se connaissaient par cœur. Leurs goûts, leurs talents, leur humour réciproque. Ils échangeaient comme s’ils s’étaient toujours vus. Comme si ces longs mois de silence n’avaient jamais été présents. Joren lui souriait, d’un sourire simple et sincère. Il aimait cette façon qu’elle avait de rendre la situation presque comique, alors que tout autour d’eux n’engageait en rien à ça.

La pluie retombait subitement sur les deux protagonistes. L’atmosphère était froide, inconfortable. Les lampadaires éclairaient la rue d’une lumière blafarde, rendant la ville encore plus inquiétante qu’elle ne l’était déjà. Si un cri strident s’échappait de l’une des ruelles adjacentes, ça n’étonnerait pas Joren. C’était le décor parfait pour un crime parfait. Voyant qu’elle n’était pas à son aise, que la pluie l’avait complètement trempé de la tête aux pieds, le jeune barman déploya son parapluie et l’abrita tel un gentleman. Après tout, il n’avait pas perdu son éducation de petit bourgeois.

« Ok, alors déjà faut que tu arrêtes de m’appeler Jojosword … c’est prohibé dans la vraie vie. Tu peux m’appeler Jo’ ou Joren … mais Jojosword ça reste dans nos jeux. Pas que j’en ai honte hein ! Mais c’est juste méga space là … » dit-il sur un ton léger.

En toute réalité, Joren n’assumait pas du tout ce surnom grotesque qu’il avait trouvé à l’âge de 15 ans. Il s’était fait une place dans les jeux en réseaux et tout le monde le connaissait sous ce pseudo. Alors changer, n’avait pas été une option lorsque la célébrité numérique vient frapper à la porte.

Prim semblait être dans un pétrin incommensurable. Pour qu’elle demande à le voir à 3h du matin. Pour lui demander de surcroit d’aller chez lui … c’est qu’elle n’allait pas bien. Il voulait bien croire qu’elle avait des excuses, mais l’emmener chez lui, il ne savait pas si c’était une bonne idée. Déjà parce que c’était une fille, plutôt jolie, et ensuite parce qu’il n’avait pas pensé à ranger son appartement. Ca devait sentir le fauve …

Bon, vu la situation, ils n’allaient pas rester éternellement plantés devant son bar. Alors, au lieu de lui proposer son chez soi, il sortit de sa poche les clés de son bar.

« Chez moi ? Humm ... attends, j’ai une meilleure idée. » dit-il en lançant un clin d’œil à Prim.

Ca leur évitait de traverser toute la ville sous une pluie battante et le bar était assez confortable et sécurisant pour avoir une discussion tranquille. Joren voyait que Prim n’était pas à l’aise. Elle ne cessait de jeter des coups d’œil à droite et à gauche. Joren espérait simplement qu’elle ne soit pas tomber dans une sale histoire. Il savait bien qu’elle n’était pas une junkie … mais des sales histoires, y’en a de toutes les sortes.
Ils pénétrèrent dans le bar, silencieusement. C’était un endroit spacieux, chaleureux. Aux murs étaient accroché toutes sortes de tableaux de vieux musiciens de Jazz, la plupart des noirs des années 50 ou 60. La scène était vide, mais accordait la place à toutes sortes de groupes de musique. On pouvait voir le programme de la semaine sur toutes les tables rondes. De gros fauteuils en cuir  situés proche de la scène, donnaient l’impression d’être dans un salon. La déco type usine et moderne donnait à l’endroit un côté chaleureux et convivial. Derrière le bar, se dressait plusieurs étagères regroupant un tas de bouteilles d’alcool différents. Les cuisines étaient ouvertes sur le bar, donnant une visibilité parfaite sur les tables de cuisson.

« Hé voilà ! Home sweet home ! C’est mon deuxième chez moi … Un petit bijou que j'aime. Le patron n’est quasi jamais là, il me laisse tout gérer. On pourra parler tranquillement autour d’un verre et si tu as une petite faim, je peux te servir une part de tarte à la myrtille, fraiche de ce matin ! »

Il passa derrière le zinc, et soudain, on pouvait le voir clairement sur son visage, Joren se sentait bien. Maitre incontestable des lieux. Rien, absolument rien ne pouvait arriver ici. Impossible.

Il passa une serviette sur son épaule, juste par habitude – car il n’avait plus rien à essuyer ou nettoyer – puis pointa du doigt la cuisine.

« Je t’aurai bien proposé l’un de mes super sandwich qu’il y a sur la carte … mais comment dire … j’ai grave la flemme de cuisiner. Même pour tes beaux yeux ! » lança-t-il d’un air taquin, presque aguicheur.

Quoi ... après tout, c'est vrai que Prim avait de sacrément beaux yeux. Il avait presque l'impression qu'elle l'envoutait de son regard. Bon sang, fallait qu'il se ressaisisse le bougre ! Alors il plaqua ses mains sur le zinc, puis un large sourire nigaud entailla son visage sympathique.
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Primchika Maybelle
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Posté le Mer 9 Aoû - 12:34.


Comment pouvait-elle être à la fois effrayée pour sa vie, et amusée de cette rencontre ? Elle ne l'avait jamais vu avant, mais on ne pouvait pas dire qu'elle ne le connaissait pas. Hélas, une petite part d'elle restait un mystère pour le jeune homme. Elle était presque charmée à l'idée de tout dévoiler d'elle, mais elle avait également peur de ce qu'il en dirait. Elle cherchait de l'aide, non pas à mettre Joren dans une merde profonde. Et si il apprenait, pour les lycans et les vampires, il risquait d'être un humain à éliminer. Et ça, jamais, se promit-elle en observant son visage par en-dessous. Parce que, mine de rien, elle tenait à lui, d'une façon diffuse, sérieuse, étrange. Elle avait sa famille de loups, sa véritable famille de sang. Mais Joren, c'était autre chose. C'était plus doux. Elle se mit à rire devant les excuses du jeune homme sur son pseudonyme.

« Entendu, et puis, c'est pas comme si tu avais une grande épée sur toi, hm ? » fit-elle d'un air coquin, avant de lever les yeux au ciel ; on avait remplacé son plafond de nuit par un tissu de parapluie. Elle en profita pour se blottir contre lui - il avait l'avantage d'être chaud, et pas spécialement mouillé lui.

Une meilleure idée ? Elle le laissa ouvrir le bar, et le suivit, non sans lancer un rapide coup d'oeil derrière elle.  Tous les sens en alerte, elle pénétra dans l'endroit qu'elle avait observé pendant quelques instants. Une douce chaleur s'en dégageait, qui la revigora, et cela sentait l'humain, au point qu'elle se sentit bien. Mais ce n'était rien comparé au changement sur Joren - il semblait baigner dans son élément. Elle ne l'aurait jamais cru barman. Comme elle ne l'aurait jamais cru aussi mignon, cela dit. Faisant comme chez elle, Prim s'installa au bar, pour faire face à Joren qui semblait comme un poisson dans l'eau.

L'idée de manger lui donna l'eau à la bouche. Elle baissa les yeux, consciente de ce que faisait son ami pour elle. Elle se sentait presque gênée de sa gentillesse. Mais elle ne pouvait refuser la main qu'elle avait demandé.

« Je m'en voudrais de t'y obliger, alors on va partir sur une part de tarte et une boisson chaude, un café si tu veux bien, je suis frigorifiée. » Elle en profita pour retirer son imper beige et le poser dans un coin pour le faire sécher. Tu remontes les manches sur tes bras, la chair de poule courant sur ta peau. Tu seras véritablement mieux, dans quelques minutes. Le ventre plein. Les veines pleines de caféines. « Alors comme ça, tu bosses ici ? Sympa comme endroit. Je t'imaginais absolument pas barman, mais ça te donne un peu côté ... pas  mystérieux mais ... tombeur des dames, voilà » se moque t-elle un instant, en étant à moitié sérieuse pourtant - tout le monde sait que les barmans sont ceux qui ont le plus de succès. Son petit Joren, un Casanova ? Si elle avait su.

« Et encore désolée pour le dérangement, je n'ai pas pour habitude de m'inviter comme ça. » Elle est polie, elle s'excuse, mais elle tient absolument à lui faire comprendre qu'elle ne sera pas une gêne longtemps. « Disons que j'ai quelques ennuis, ces derniers temps. De gros ennuis. » Prim secoue la tête, et repousse ses cheveux en arrière. « Mais je vais peut-être éviter de te mêler à tout ça. Il y a des choses qu'il vaut mieux ignorer je suppose. » Elle est sûrement bête, ou abrutie par la pluie ; elle a oublié que le meilleur moyen pour attiser la curiosité, c'est de cacher des choses.

« Désolée, tu devais finir à une certaine heure, tu habites avec quelqu'un ? Qui pourrait s'inquiéter de ton retard ? » Elle y a pas pensé, à ça ; il a une vie de famille ? Des parents ? Sûrement. Prim secoue encore la tête et se lève, se met à bouger, les mains crispées dans ses poches de jean. Qu'est-ce qu'elle fout, à mêler Joren à tout ça, bordel ? Le pauvre, il n'a rien fait. La louve gémit encore, prudente, méfiante. Les odeurs l'affolent, autour d'elle. « Au pire, tu diras que tu étais avec ton épouse du net » fait-elle avec humour, un léger sourire sur les lèvres. Elle peut pas s'empêcher de se moquer, quand il est là - sa façon de montrer qu'elle l'aime bien, peut-être.

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Posté le Mer 9 Aoû - 22:42.
Quoi elle le voyait comment ? Fleuriste ? Danseur ? Informaticien ? Bah non … il n’était que barman. Et il n’y avait absolument rien de glamour là dedans. S’occuper d’un bar n’était pas une mince affaire. Les horaires n’étaient pas toujours drôles, les clients pas toujours faciles et parfois même certains s’en allaient sans payer. En plus de ça, il devait préparer les sandwichs quand le cuistot n’était pas là et qu’il jugeait inutile de venir. Alors non, ce n’était pas un métier facile, ni de tout repos. Il avait à peine le temps de discuter avec ses clients. Bien sûr, parfois le bar était plus tranquille et il pouvait s’accorder le droit d’échanger quelques mots, mais la plupart du temps, il courait, enchainait les commandes, sans voir le temps passer. De temps en temps, il se demandait s’il avait fait le bon choix. Son bar lui plaisait, le boulot aussi, mais était-ce une vie, vraiment ? N’avait-il pas une carrière plus favorable dans le droit ? En suivant les traces de son père ?

Hé bien non. Joren n’avait pas choisi la vie du grand luxe, des problèmes de millionnaires, et tout simplement de satisfaire les désirs de ses parents. Il ne regrettait rien, mais il arrivait, de temps en temps, qu’il se remette en question. Ok, elle voulait une part de tarte et boisson chaude. Il hocha énergiquement la tête et s’attela à la tâche avec grand plaisir. La tarte fut posée sur le zinc rapidement, puis il se tourna vers la machine à café, tandis que Prim continuait à parler. Sérieux dans son travail, il l’écoutait d’une oreille et se concentrait sur chacun de ses gestes. Il n’était pas très doué pour faire deux choses en même temps, alors il essayait de donner son maximum.

Des ennuis ? Elle ? Ce n’était pas possible. Joren se rendait compte qu’au final, il ne la connaissait pas tant que ça. C’est vrai qu’ils connaissaient leurs goûts mutuels, leur passion pour les jeux en ligne, leurs blagues parfois vaseuses, mais finalement … que savaient-ils vraiment l’un de l’autre ? Il avait peut-être juste mentionné qui avait fini ses études de droit, que ses parents vivaient dans une riche demeure et que son père collectionnait des voitures hors de prix. Mais à part ça, pas grand chose. Il était peut-être temps pour eux de se découvrir un peu plus. Elle s’excusait de lui prendre son temps, de peut-être l’interrompre à une heure aussi tardive et de priver quelqu’un de sa compagnie. Si elle savait … il n’y avait que son chat, Chips, qui l’attendait dans son petit appartement à l’autre bout de la ville.

Joren déposa les deux cafés sur le bar, puis s’installa face à Prim. Il découpa deux tranches de tarte aux myrtilles, puis l’invita à la gouter du geste de la fourchette.

« Des ennuis ? Quels genres d’ennuis ? Tu sais si tu n’avais pas voulu m’en parler, tu n’aurais pas commencé ta phrase « disons que j’ai quelques ennuis ». Là c’est trop cruel de dévier sur un autre sujet. Et puis si tu veux tout savoir, je suis célibataire et bien content de l’être. Y’a juste mon chat qui m’attend à l’appart. Mais il doit surement pioncer à l’heure qu’il est. »

Il mastiquait un bout de tarte, puis du regard, analysait chaque trait du visage de Prim. Elle était belle c’était indéniable. Elle avait un petit côté félin, ou animal … il ne savait pas trop pourquoi. Surement ses yeux, son regard perçant et troublant.

« Prim. J’suis ton pote, je peux t’aider. Si t’as besoin d’un hébergement, j’ai une pièce de dispo juste au dessus du bar. Ou je peux m’arranger avec mon père pour te trouver un logement. Mais si tu as des soucis, faut me le dire, sinon je sers à quoi ? »

Il lui accordait un sourire particulièrement rassurant. Il n’allait pas la jeter comme une vieille chaussette parce quelle avait déserté pendant de longs mois, sans donner la moindre raison et le moindre signe de vie. Mais si elle voulait qu’il l’aide, il fallait qu’elle crache le morceau.

« Si tu veux que je t’aide, dis moi ce qui se passe. Ca se voit qu’il y a un truc qui te tracasse. Tu n’as pas arrêté de jeter des coups d’œil furtif dans la rue depuis que je t’ai vu. A croire qu’on te poursuit ? »

Bon il posait peut-être trop de questions. Il voyait qu’il la mettait mal à l’aise … alors il jugea bon d’arrêter son interrogatoire et de lui laisser le champ libre à la parole.
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Posté le Jeu 10 Aoû - 21:57.


La tarte était délicieuse ; Prim se demanda si c'était Joren qui l'avait fait. Elle apprécia également la chaleur qui se diffusa dans son corps quand elle avala son café. Elle coula un regard vers son ami, hésitante ; elle profita d'avaler sa tarte pour réfléchir. Il n'avait pas tord, mais avait-elle le droit de l'amener comme ça dans son monde ? Il était humain, terriblement humain et mortel. Elle évitait son regard, les yeux baissés, ses longs cils formant des arabesques d'ombre sur son visage. Ses propositions étaient adorables, mais elle se sentirait une dette envers lui. Et puis, n'allaient-il pas la trouver, même ici ? Ces ennemis qui ne se cachaient même plus, sous l'autorité. Elle essuya délicatement sa bouche et se tourna finalement vers Joren, un peu penchée vers lui, l'air gêné. Elle détestait demander de l'aide, mais elle n'avait pas eu d'autre solution ; elle espérait juste que Joren ne fuirait pas. Il était si gentil, avec son sourire adorable. C'était un bel homme, qui ne méritait ni d'être collé aux ennuis qu'elle amenait, ni qu’elle lui mente.

« Je déteste l'idée de te mentir. Jusqu'ici, on avait évité cet écueil, on va encore l'éviter un bout de temps, j'espère. T'es vraiment gentil, tu sais ? Merci, pour ce que tu fais pour moi, déjà, et- » Prim s’interrompit brusquement - un bruit, dans l'allée, réveilla la bête le temps d'une minute. Le temps d'un clignement d'oeil, ses prunelles normalement dorées furent celles d'une louve, son sourire se crispa sur des crocs, et ses ongles furent des griffes, alors que son corps bandé était prêt à agir. Elle s'était tournée vers la porte, le nez froncé, prête à gronder, à mordre, prête à devenir fauve, prédateur, carnassière. Mais, le temps de cette seconde, Prim réalisa que si elle laissait la louve sortir, Joren serait en danger, même si elle réussissait à se contenir. Le temps d'un clignement d'oeil. Puis elle redevint normale. Inspirant  largement, elle posa sa main redevenue normale sur celle de son amie, et planta son regard aux longs cils dans les yeux de Joren.

« Dis-moi, Joren, qu'est-ce que tu penses du surnaturel ? » C'était trop abrupt, aussi ajouta t-elle : « Depuis la nuit des temps, l'homme craint les ténèbres, car il les peuple de monstres. Certains ont même mené des recherches : vampires, lycans, goules, sirènes, banshees ... Toutes ces créatures peuplent les cauchemars, mais sont devenues aujourd'hui la source de romans, de jeux vidéos ... » Elle avait la cage thoracique trop étroite pour contenir ses battements de coeur affolés. « Et si les hommes n'avaient rien inventé ? Peut-être que l'homme a simplement continué, au fil du temps, à parler de choses qu'il avait vécues ? »

Elle lançait ces mots en l'air, et elle continuait à tâtonner. Elle retira sa main de celle de Joren et crispa ses doigts sur ses cuisses, le regard obstinément baissé à présent. Elle ne souhaitait pas lui montrer, mais lui révéler - depuis combien de temps n'avait-elle pas parlé de ce qu'elle était vraiment ? Depuis qu'elle était petite. Même ses petits amis, ou petites amies, n'avaient pas souvent été au courant. Prim inspira encore, pour trouver du courage.

« Ne te moque pas de moi, je suis sérieuse. Et si je te disais qe je ne suis pas totalement humaine ? Et que c'est à cause de cela qu'on me poursuit, car on me considère comme une abberration, un monstre, quand j'ai toujours fait attention à ne blesser personne ? » Elle secoua doucement la tête, éperdue. Joren la croirait-il ? Elle l'espérait, en doutant quand même de cela. Quelle personne raisonnable croirait ce genre de choses ? « Je m'en veux de te le dire, mais au moins tu es au courant ; j'espère juste que cela n'attirera pas mes ennuis à toi. Simplement en m'aidant, peut-être risques-tu des représailles. So tu désires que je parte, je comprendrais. »

Mais cela ne l'empêcherait pas d'être blessée, tout en comprenant qu'il veuille se sauvegarder, lui ou sa famille, lui, ses proches, son chat. Prim ferma les yeux, totalement fébrile. C'était un moment difficile à passer - Joren avait la balle dans son camp, à lui de choisir ce qu'il désirait.

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Joren O'Donnell
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Posté le Ven 11 Aoû - 22:23.
Son cœur s’arrêta de battre l’espace d’un instant. Il laissa parler Prim sans l’interrompre. Mais plus elle s’exprimait, plus il avait l’impression que ses paroles résonnaient tel un écho infini. Tout semblait s’écrouler autour de lui. Son bar, dans lequel il se sentait en sécurité, abritait l’une de ces créatures. Prim lui aurait avoué sa nature un an plus tôt, il l’aurait prise pour une folle. Mais depuis l’annonce des médias sur l’apparition des Aberrations au cœur de Bristol, cette révélation n’était pas à prendre à la légère. Dans un sens, il penchait dans l’idée de la coolitude de cette situation. L’une de ses meilleures amies était un lycan. C’était top non ? Mieux que les jeux vidéo. Elle devait avoir de supers pouvoirs, voir et ressentir tout comme un loup, courir plus vite que n’importe qui et avoir une force surhumaine. Ca devait être génial … mais d’un autre côté, Joren repensait à toutes ces victimes depuis leur apparition. Il repensait à ce que les médias disaient sur le compte des Aberrations, aux messages lancés par les agents du CAA. Il repensait également à l’agression, il y a peu, de ce lycan. Ces yeux jaunes, injectés de sang, qui n’auraient fait de lui qu’une bouchée. Il se sentait faible, inutile, victime … Son regard s’assombrit et ses poings sur le zinc se contractèrent fermement.

Il ne disait rien. Seuls ses sourcils froncés exprimaient clairement l’arrière de ses pensées. Il tergiversait entre l’idée de lui dire de partir le plus loin possible et entre l’envie d’en savoir d’avantage. De comprendre pourquoi elle lui avait caché sa véritable nature depuis tout ce temps. Mais en réfléchissant un peu, même si elle lui avait tout avoué bien avant ce jour, il ne l’aurait pas cru. Non, il aurait simplement cru qu’elle était une geek allumée comme tant de joueurs que l’on trouvait sur le net.

Joren était quelqu’un de simple, qui ne désirait pas d’ennuis. Mais il avait voulu savoir, il avait cherché à creuser les problèmes de Prim. Sauf qu’il s’attendait à tout, sauf à ça. Lui qui voulait absolument rencontrer un Nocturne de près, voilà qu’il était servi. L’attaque du lycan, Chris et maintenant Prim. En une semaine, ça faisait beaucoup à digérer. Mais peut-être que son quotidien bien tranquille allait changer. Peut-être qu’il allait rencontrer plus d’Aberrations qu’il ne l’aurait pensé ou souhaité. Ainsi, ils vaquaient tranquillement dans les rues de Bristol. La ville n’était pas en sécurité. Les mailles du filet n’étaient pas assez solides ou efficaces contre les Nocturnes. Car même si elle ne présentait aucun danger en ce moment même, Prim pouvait très bien se transformer subitement et lui sauter à la gorge.

Le barman était pris au piège. Il tenait à leur amitié et ne pouvait tout simplement pas lui dire de foutre le camp d’ici. Mais d’un autre côté, la vision qu’il avait d’elle quelques minutes plus tôt, s’était tout simplement volatilisée. Il ne la voyait plus comme une humaine, mais comme une créature diabolique. Les images des familles déchiquetées par des lycans lui revenaient en tête sous forme de flashs. Il se retira de quelques mètres en arrière, d’un mouvement rageant de la tête. La fureur bouillonnait dans ses veines et il n’arrivait pas à se décider sur quelle attitude opter. Il fallait rompre ce silence. Elle le regardait avec des yeux de chien battu … elle attendait une réponse, une manifestation. N’importe quoi. Ca devait être une torture pour elle … Elle qui venait de dévoiler un lourd fardeau, un secret puissant qui, il le pensait, ne devait pas être évident à digérer.

Finalement, il inspira profondément, bombant son torse un maximum, puis attrapa un verre propre, pour l’essuyer … C’était une forme étrange de se rassurer, d’évacuer son stresse.

« Ok … ok, ok, ok. Ok, tu viens de me dire que tu es une Aberration. Ok. »

Non, c’était vraiment très difficile à avaler. Il posa son verre, puis commença à faire les cents pas. Punaise, pourquoi ça devait tomber sur lui ? Pourquoi devait-il être ami avec des créatures de l’ombre ? Il se massa les tempes pour mieux réfléchir. Il ne souhaitait en aucun cas froisser Prim et ne voulait surtout pas la voir affronter ses ennuis toutes seules. Car de toute évidence, elle était dans la merde. On ne balance pas une telle bombe sans être vraiment dans la mouise non ? Il s’arrêta net, puis pivota sur ses talons pour se tourner vers elle. Il se trouvait à l’autre bout du bar, près de la porte d’entrée. Elle, assise au comptoir, près des cuisines.

« Bon … je dois t’avouer un truc … au départ je ne croyais pas trop à tout ces trucs. Je pensais vraiment que les médias abusaient. Puis je suis tombé nez à nez avec l’un de ces créatures. Un lycan … comme toi. »

Il reprit sa marche nerveuse, puis se dirigea cette fois-ci vers la grande cheminée en pierres.

« Il paraissait normal, inoffensif. Un mec lambda. Mais vois-tu, ce mec m’a poursuivit et il a faillit me buter. Sans aucune raison. Je n’avais rien contre lui, je ne le connaissais pas. Mais il avait faim, tout simplement … J’ai vu sa transformation, sa violence. Mais … »

Il s’arrêta, puis regarda les braises dans l’antre de la cheminée. Des images lui revenaient doucement. Les bruits, la peur, les sensations, tout lui revenait …

« Un autre lycan est venu. Il m’a sauvé. Alors je ne peux pas tous les mettre dans le même panier. J’espère que tu es une sauveuse et non pas une qui attaque et qui tue. Mais honnêtement, je ne peux pas faire totalement confiance aux lycans. Lorsque vous vous transformez en loup, est-ce que votre partie humaine garde le contrôle ? »

Son regard était braqué sur Prim. La peur se lisait en lui. Il n’arrivait plus à la voir simplement. Comme il l’avait observé quelques minutes plus tôt. Non. Dès qu’il croisait son regard, il revoyait les crocs, cette gueule animale qui avait essayé de lui broyer le visage. Il entendait ces aboiements féroces. Il n’était qu’un bout de steak sans considération … un simple bout de viande qui lui parlait.

« Prim … est-ce que tu as déjà tué ? » demanda-t-il d’un air sombre.

Il voulait être certain de ne pas avoir une criminelle sous son toit. Il voulait l’aider, oui, mais d’abord il voulait être certain qu’elle n’était pas dangereuse.

« Est-ce que tu peux m’assurer que tu ne m’attaqueras pas si je te viens en aide ? »
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scream panic and call Joren

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