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 Just a few days

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Risa Stroke
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Posté le Mer 25 Juil - 13:55.
Dans ce monde, il existe de nombreuses choses. J'en ai vu beaucoup, des vampires, des lycans, des altérations comme moi. J'ai ressenti énormément. Je crois même que peu importe la vision que vous avez du monde, je le vois mieux que vous, parce que ce n'est pas seulement mes yeux qui regardent, mais aussi mon cœur qui ressent. Je me souviens encore de ces moments où je m'avançais au milieu de la foule de Réversa, où je testais mon don en quelque sorte, où je tentais de comprendre, d'apprendre, d'analyser et de gérer. Je me souviens de tout oui, comme si tout était hier. Je me souviens de la tranquillité des gens, le surnaturel était présent depuis longtemps, mais cela n'étonnait plus personne. Je me souviens de la beauté de la ville, transformé aujourd'hui en Ribcage destiné à nous maintenir hors de la société suivant notre dangerosité. Je me souviens de la grande maison de mes parents, de la bibliothèque gigantesque que j'ai tenté de recréer chez moi. Je me souviens du moment de panique lors du grand incendie, des cris, de la douleur, de la peur, de la résignation. Je me souviens de la trahison, des anges, de mes parents, du monde. Je me souviens avoir été parqué, étudié, d'avoir dû vendre mon âme pour pouvoir sortir et trouver une solution de l'extérieur. Tellement de chose, qui m'ont ébranlé, bouleversé, qui m'ont fait changé, mais qui jamais ne m'ont laissé à terre. Tellement de chose que j'ai surmonté. Pourtant, aujourd'hui je suis perdue. Enracinée dans quelque chose dont je n'arrive pas à me dépêtrer.

Tout se passait bien, après la rencontre avec ce journaliste fouineur qui avait réussi à faire exploser en éclat mon contrôle d'une façon que je n'ai toujours pas compris d'ailleurs. Le boulot s'était avéré écrasant. Plus ça avançait et moins les choses allaient. Ces crimes, tous plus nombreux les uns que les autres ne font que créer des dissensions au sein de la population. Le fait qu'une altération ait fini par aider une aberration et se soit fait brûler par les purificateurs n'a pas aidé non plus. Sans compter que les dits purificateurs semblent vouloir se placer au dessus de la loi. Grâce à Joshua j'avais une bonne piste, même si elle était ténue. Mon cerveau restait en éveil, constant. Mon empathie cherchait la moindre trace, mais la violence semblait se répandre plus vite que tout le reste. Tellement occupé, je n'avais pas la tête à penser à quoi que ce soit. Ma vie privée se résumait à rentrer chez moi pour manger et dormir et à me lever tôt le lendemain pour repartir au boulot. Le mois de mai a été un véritable enfer et je n'ai pas eu une minute pour me poser de quelconque questions. C'est au début du mois de juin que tout a commencé à changé, que les choses ont commencé à dérapé. Les affaires ont disparu de mon bureau, comme aspiré par un vortex. Je me suis demandé si on m'avait déchargé de quoi que ce soit, mais en réalité, nous avions résolu tous les crimes grave et désormais, c'était au procureur et aux avocats de s'occuper de tout ça. Soit, un peu de répit ne me ferait pas de mal, j'avais couru toutes les semaines, j'allais enfin pouvoir me reposer....

Bien mal m'en pris. Au départ ça ne s'est manifesté que par une légère tension dans mon corps, dans ma tête, dans mon cœur. Je me suis dis que ça s'arrangerait, le fait de n'avoir pas beaucoup dormi pendant un mois n'aidait pas. Donc j'ai pris une journée complète de repos. Journée que j'ai passé à dormir. Le lendemain s'annonçait magnifique, le soleil avait la couleur dorée de l'été qui s'approche, le ciel rassemblait son bleu pour nous en mettre plein la vue, les rues s'étaient parés de leur plus belles couleurs et les gens parlaient, riaient. La joie était présente, pourtant... je sentais un vide au fond de moi, comme si quelque chose manquait dans mon entourage. Je n'y ai pas prêté attention, après tout, mon empathie me joue souvent ce genre de tour et je ne vois pas qui aurait pu me manquer, donc ce sentiment ne pouvait pas venir de moi. Et puis le temps à avancer, les jours ont passés et même à la maison j'avais cette impression de solitude, de manque. J'ai eu le malheur de me retrouver devant la chemise de ce foutu ange que je ne lui avais toujours pas rendu et les souvenirs de notre rencontre ont commencé à envahir ma tête. Chaque jour qui passait augmentait sensiblement les questions qui tournaient dans ma tête, encore et encore et toute concernait un foutu ange sans aile. J'en suis venue à me dire que j'étais perturbée. Que cette rencontre n'avait apporté que de question et pas de réponses. Alors j'ai retrouvé les carnets de ma famille et je me suis plongée dedans.

D'ordinaire, lorsque ma curiosité se retrouve satisfaite, tout va pour le mieux. J'ai trouvé de nombreuses choses sur les anges. Des trucs que personne ne dit, mais que tout le monde sait ou pense savoir. J'ai lu encore et encore, mais il ne voulait pas sortir de ma tête, comme s'il y était ancré. Son sourire espiègle, la douceur de sa peau sous mes paumes. Ça me rendait totalement dingue, si bien que j'ai finis par demander à prendre des congés. Une semaine complète, loin de tout, loin de mon appartement où les souvenirs sont trop vifs. Loin de cette chemise qui me rappelle de trop nombreuses choses. Loin de ces dernières phrases qui martèlent ma tête. J'aimerais tellement enlevé tout ce qui s'est passé, le poser dans un coin de mon bureau et laissé tomber le reste. J'aimerais... Je ne sais pas, oublié, très probablement, mais il envahit ma tête et ce n'est plus possible. J'ai donc pris un sac rempli de vêtement divers et variés et je me suis rendue dans le seul endroit où je me suis toujours sentie chez moi, où j'ai toujours pu reposer mon cœur et ma tête. Je suis posée devant la porte depuis bientôt dix minutes à me remémorer tout ça. Je n'ai même pas envoyer de message à Cassy, j'aurais dû et je m'en veux maintenant.

Pourtant, c'est avec un soupir de soulagement que j'entre chez mon amie de toujours. « Cassy, t'es là ? » Je sais qu'elle est là, je la ressens. Je pose mon sac dans l'entrée et me dirige vers elle doucement. « Tu sais quoi, j'ai réussi à obtenir une semaine de vacances, enfin ! » Je n'ai pas envie de lui dévoilé mes problèmes, elle doit déjà avoir les siens avec ce qu'il se passe en ce moment. Le Ribcage réparé, Blérim devra forcément y retourné. Et cette chasse aux altérations n'aide pas non plus. Un antisérum... Sérieusement ? Nous sommes nés avec des capacités hors du commun qu'il faudrait bridé à cause de quelques personnes qui n'acceptent pas ce que nous sommes. J'ai été soulagé d'apprendre qu'en tant que membre de la CAA -après tout je suis un de leur limier de compétition- je n'avais pas à prendre ce sérum. Je ne pourrais pas tenir sans mon empathie. Certes, parfois elle me pèse, mais elle fait autant partie de moi que de respirer. Qui sont-ils pour osé nous obligé à arrêter de respirer ? Je secoue la tête pour chasser tout ça et regarde mon amie. « Je me suis dis que je pourrais la passer avec toi. Ça te dérange ? » Un sourire doux et calme se pose sur mon visage. J'aimerais tellement revenir aux jours anciens où tout paraissait si simple. J'aimerais tellement que cette révélation ne soit pas arrivé. Mais il faut faire avec et c'est avec les armes d'aujourd'hui qu'il va falloir construire demain.


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Posté le Jeu 26 Juil - 11:23.
Tout a volé en éclat. Au moment où je me suis enfin rendue compte que j’étais amoureuse, pour la première fois de mon existence, tout a éclaté comme un vase que l’on aurait lâché sur le sol et qui se serait cassé en mille morceaux. Mon âme est également brisée. Triste. En colère. Perdue. Je ne les ai pas vus l’embarquer de force pour l’enfermer à nouveau au Ribcage. Non au lieu de ça j’ai eu le droit à un agent qui nous a prévenus. Le Ribcage rouvert, toutes les aberrations pucées y retournent qu’elles le veuillent ou non et que leurs hôtes l’acceptent ou non. Je suis restée de marbre face à ce type mais lorsque la porte s’est refermée sur son visage les sanglots ont jaillis, incontrôlés, mêlant rage et tristesse. La vie est cruelle et injuste. A croire que quelqu’un ou quelque chose, la haut cherche à me faire payer mes origines ou même ma naissance. Mon bnheur m’est arraché à chaque fois que je le frôle de près. Je sais que mes réflexions et pensées sont profondément égoïstes mais lorsque l’on aime on pense à la personne aimée et à nous même. C’est ainsi. Il y a cet instinct en moi qui ne cherche qu’une seule et unique chose : protéger le seul être que j’aime de la sorte, comme je ferais tout pour protéger Poppy et Risa. Même si au fond de moi il y a une subtile différence entre ces trois personnes, elles sont ce qui fait que ma vie vaut la peine d’être vécue.

Assise par terre, dans le coin de ma chambre qui donne sur les arbres de la forêt et l’enclos des chevaux, je suis complètement recroquevillée, perdue dans mes pensées, me demandant également ce que je vais bien pouvoir faire pour remettre chaque chose à sa place. Dans ma main, je tiens un test de grossesse. J’ai enfin eu le courage de le faire. Parce que mon retard et tous ces symptômes devaient bien avoir une raison… Je ne voulais pas m’y résoudre, je ne voulais pas y croire et surtout j’avais peur, terriblement peur. Comment avoir un enfant alors que son père est enfermé dans un endroit pire qu’une prison ? Comment avoir un enfant ans le monde tel qu’il est ? Comment avoir un enfant quand je ne suis même pas une personne équilibrée. Ma force est là, mais elle ne me construit pas, pas en ce moment. Elle s’est terrée au fond de mon être, pour laisser place à la rage, la colère et la tristesse. Ces émotions qui reviennent sans cesse heurter mes pensées avec violence, comme pour me faire tomber, me faire sombrer et m’empêcher de sortir la tête de l’eau. J’ai la sensation, parfois, que j’étouffe et que je me noie dans un océan d’émotions négatives. Heureusement, une lueur, au loin, me permet de garder espoir et de reprendre mon souffle, parfois.

Ce test dans ma main, il confirme toutes mes craintes… Craintes qui dans d’autres circonstances seraient de l’espoir et de la joie. Une immense joie. Car depuis mon enfance j’ai toujours voulu être mère. Parce que j’aime les enfants tout d’abord mais aussi parce que pour moi c’est un accomplissement de la vie que de donner naissance à un être qui pourra peut-être changer un jour le monde. Mais là, à l’heure actuelle un tas de questions bouillonnent en moi. Ce petit être sera-t-il elfe ou lycan ? Et qu’adviendra-t-il de moi si l’on apprend que je suis enceinte d’une Aberration ? Celles-là même que l’on envoie de force au Ribcage ? …Recroquevillée je plonge ma tête dans mes mains et grogne de rage.

Puis j’entends la porte s’ouvrir. Puis la voix de Risa. Je ne peux pas lui répondre tout de suite, ma voix trahirait mes pensées et je suis sûre que mon amie vient pour un peu de calme. Le test est par terre désormais, parce que je l’ai lâché quelques secondes. Je me redresse vivement au son de la voix de mon amie et je m’assoie sur le lit quelques secondes. J’essuie les larmes sur mes yeux, je passe mes mains dans mes cheveux pour les mettre un peu en ordre. Je réalise en même temps qu’elle ne sait rien de ce qu’il se passe. Accablée par l’enchaînement des événements j’ai aps réssi à me dépétrer de certaines choses et je l’ai laissée de côté. Je sais qu’elle est empathe désormais, et je n’ai pas envie de la foudroyer avec la violence de mes émotions. Sauf qu’à présent qu’elle est dans la même pièce que moi… cela va être compliqué de lui cacher les choses. Heureusement, je suis sincèrement contente de la voie. Ma grande sœur de cœur.

« C’est chouette ça ! Avec plaisir pour que tu la passes avec moi. Mais d’abord dis-moi ce qui ne va pas ! » j’enchaîne ne lui laissant pas l’opportunité de s’attarder sur mon cas. Je vois directement sur son visage que quelque chose ne va pas. Malheureusement, je n’ai pas le même don qu’elle et je n’ai donc aucune idée sur ce qui pourrait bien se passer.

Malgré tout, je ne peux m’empêcher de l’approcher et de l’enlacer avec force.
« Viens je vais nous faire de la tisane. » Et je sors alors de la chambre pour rejoindre la cuisine.
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Risa Stroke
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Posté le Mar 31 Juil - 19:05.
Mon esprit s'éparpille, se concentre, se déconcentre. Je le sens se tourner vers une personne unique. Que fait-il maintenant ? Pourquoi est-il si éloigné ? Pourquoi rester loin de lui ? Va le voir, va le voir, va le voir... Je crie presque de désespoir tellement cette rengaine ne cesse de se répéter dans ma tête depuis des jours maintenant. Mes forces ont tendance à me laisser tomber aussi et je me sens de plus en plus déprimé, comme s'il me manquait quelque chose d'important. Je me dis que tous ces meurtres m'ont réellement porté sur le système et que les sentiments qui y étaient accolés s'accrochent à moi encore et toujours. C'est déplaisant et en même temps, il me faut toujours le temps de les évacuer, mais là... Je ne sais pas comment l'expliquer, c'est comme c'était plus qu'avant, bien plus, beaucoup plus, beaucoup trop honnêtement en fait. Un soupir passe mes lèvres alors que je suis proche de chez Cassy. Je viens ici pour du calme, parce que je sais qu'elle ne me posera jamais de question et qu'elle n'hésitera pas à m'accueillir, ce n'est pas ma meilleure amie pour rien. Je me souviens encore de la première fois que nous nous sommes rencontrés. Cette enquête de meurtre, pas joli, joli. Le cadavre à côté de chez eux ne lui avait pas plus, pas plus qu'à nous honnêtement. C'était l'une de mes premières enquêtes. Je me souviens du calme que j'ai ressentis, de la politesse avec laquelle elle nous avait reçu chez elle, de la puissance qu'elle semblait dégagée mais aussi de l'immense fragilité que je pouvais voir dans son cœur. J'ai de suite eu envie de l'aider, de la rassurer, de m'approcher d'elle.

C'était la première fois qu'une telle chose m'arrivait. Elle m'a demandé si elle pouvait suivre l'enquête, je lui ai malheureusement dit que tout était confidentiel, mais que je n'hésiterais pas à lui donner le dénouement et surtout je lui avais confié de faire attention à elle. Parce que d'un côté je ne savais pas trop quoi faire. J'avais donc pris pas mal de prétexte pour venir lui parler de nouveau, ressentir cette paix, cette tranquillité. Et finalement à l'issu de l'enquête, j'avais ma première amie, depuis bien longtemps. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que j'entre dans cet endroit où je me sens comme chez moi parce que l'occupante est quelqu'un de profondément généreuse et qu'elle n'hésite jamais. Il n'y a qu'à voir ce qu'il s'est passé avec le lycan, Blérim. Je me suis de suite méfiée de lui, elle aussi, mais elle a laissé son instinct parlé et voilà qu'elle s'est lié d'amitié avec lui. Je dois dire que je l'aime bien en fait ce lycan. Elle a eu le nez fin. Un sourire se pose sur mes lèvres, je me sens déjà mieux malgré cette étrange compulsion qui me dit qu'il faut que je le retrouve. C'est à devenir dingue franchement... En plus cette idée est totalement débile. Je chasse de la main mes pensées moroses et entre chez mon ami. Je l'appelle alors que je la sens non loin de là, mais ce que je sens ne me plaît pas du tout. Je m'approche jusqu'à la trouver dans sa chambre. Je remarque alors sa coiffure qu'elle a tenté de discipliné, les yeux rouges qui prouve qu'elle a pleuré, et ce petit truc par terre que je vois d'ici et que je n'ose identifié comme ce qu'il est. Je m'approche doucement d'elle.

Un peu trop doucement en fait, comme si j'avais peur de la faire craquer. Je la regarde un instant alors qu'elle répond à ma question. Un sourire étire mes lèvres, toujours à penser aux autres avant de penser à elle. Je secoue doucement la tête et m'apprête à parler quand elle se lève pour m'enlacer. Avant j'aurais trouvé cela choquant, maintenant, je m'y habitue en fait. Je souris doucement en lui rendant son câlin et répond positivement à la question suivante. « Va pour une tisane. » J'adore les tisanes à la menthe et aux épices, on ne va pas se mentir. Je ne suis pas café, mais le thé, c'est mon truc. Je la suis jusqu'à la cuisine et me pose tranquillement sur un coin. « Mais tu sais, ce n'est pas en m'éloignant de ta chambre que tu vas m'empêcher de voir quoi que ce soit. Je te rappelle qu'on m'a appris à déceler le moindre indice en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf. » Ce qui veut dire que j'ai déjà tout remarqué ma grande eh oui. « Et pour moi, disons que c'est un peu compliqué. Je pensais que mettre enfin de l'ordre dans les enquêtes et attendre que les procès se mettent en place pour aller témoigner serait moins éprouvant et ce n'est pas tout à fait le cas. » C'est le moins qu'on puisse dire bordel, j'ai l'impression que c'est bien plus le bordel qu'avant dans ma tête. « Mais je suis réellement venu ici pour des vacances, m'éloigner un peu de ma maison et de mes collègues qui veulent encore savoir comment j'ai fait pour trouver untel et untel. Ils me fatiguent tous ! » Et s'il n'y avait qu'eux, ce serait l'idéal.

« Par contre toi, tu me caches quelque chose et ne me mens pas s'il te plaît. » Je souris avec douceur. « Tes cheveux en désordre, tes yeux rougis et cette petite chose que j'ai récupéré par terre avant de te suivre. » Je le pose sur la table un sourire léger et doux sur mes lèvres. « Tu sais que tu peux tout me dire. » Je me lève et viens la prendre d'instinct dans mes bras avant de souffler doucement. « Parle-moi Cassy, je sens ta détresse et ça me tue. Je ne sais pas comment t'aider, j'ai l'impression de devenir dingue. » Je la tourne vers moi et pose mes mains sur ses joues avant d'embrasser tendrement son front. « Tu es la sœur que j'ai toujours voulu avoir alors dis-moi ce qui ne va pas. » Et ça me fera une excellente distraction en plus d'être sincèrement inquiète pour elle.


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Posté le Mar 31 Juil - 19:51.
Je suis enfermée dans une prison émotionnelle qui ne me quitte pas. J’ai beau me changer les idées, m’impliquer dans un groupe associatif pour aider les Nocturnes ou encore tout ranger à la maison, mettre mes papiers en ordre et trouver d’autres activités rien n’y fait. Dès que je suis ici, dans cette chambre ou que je m’attarde sur ces fichus symptômes la tristesse et les larmes me gagnent à nouveau. Il faut que j’agisse, il faut que j’aille voir Blérim. Mais comment faire ? Je sais désormais que je suis enceinte de lui, est ce que je peux le prévenir ? Je n’en ai pas l’impression car il doit être plus que surveiller.. Ca me tue chaque jour un peu plus. Ce manque de sa présence, le fait de ne pouvoir me confier à lui. Il a rempli cette maison de sa présence durant des mois et désormais elle est bien vide. Il m’a permis de me dévoiler, de me libérer, et désormais c’est comme si sa présence manquait au sein de mon étreinte. La nuit, j’en suis venue à dormir avec l’une de ses chemises, comme un enfant le ferait avec un doudou… Qu’est-ce que je deviens franchement ? Je suis pathétique, je me trouve pathétique.

Alors que Risa pénètre la maison et s’annonce, je laisse négligemment le test de grossesse sur le sol et je tente vainement de me donner une bonne allure.  C’est sans compter sur les talents de détective de ma meilleure amie et surtout son don. J’ai même oublié ce détail un instant !  En revanche même si c’est son métier qui nous a permis de nous rencontrer et que j’ai longtemps béni, en ce jour, je n’ai pas du tout le même sentiment.  Visiblement, mon étreinte n’a rien dissimulé, ni même ma bonne humeur de surface. Je suis une piètre comédienne en sa présence visiblement. Peut être juste parce que je manque de sommeil et de volonté. J’en ai tout de même assez pour préparer la tisane. Tout simplement parce qu’elle va me donner un coup de peps et me permettre de supprimer ces fichues nausées.

Je souris de bon cœur alors que Risa m’indique à demi-mots avoir tout remarqué mais j’attends tout de même sa réponse à mes question et ne pipe pas mot concernant mon cas.  J’ai bien remarqué qu’elle n’avait pas l’air d’avoir la forme et si c’est le cas je veux pouvoir l’aider.  Le truc c’est que mon amie en plus d’être très douée pour enquêter est parfois super vile. Ainsi, elle parle, m’explique ce qui l’amène, que sa vie est présentement compliquée et qu’elle cherche un peu de repos tout en enchaînant directement sur mon cas. Ma vile amie (oui je me répète !) a récupéré le test qu’elle dépose sur la table tout en m’invitant à parler. Si seulement j’arrivais à le faire. J’ouvre la bouche et la referme avant de me retourner pour verser l’eau chaude dans les deux mugs.

C’est lorsque ma meilleure amie vient m’enlacer et me demander de lui parler que je m’effondre à nouveau. J’ai profondément honte, elle vient chercher du calme et tout ce que je lui donne c’est ma propre détresse. C’est indigne d’une amie !  D’un autre côté, je ne peux pas rester de marbre et ne rien dire, je sais qu’elle m’en voudra.  Alors, comme une tornade qui vient happer une maison entière j’avoue en mettant mes mains sur les siennes posées sur mes joues «  Je suis enceinte de Blérim qui a été à nouveau enfermé au Ribcage. »  Voilà, tout est dit.  « Je suis désolée Risa, tu viens chercher du repos et tu te prends mes émotions de plein fouet. Je suis vraiment désolée. Crois-moi. Je ne veux pas t’obliger à assumer mon fardeau. Je comprendrais que tu ne veuilles pas rester. Je suis vraiment désolée de ne pas être à la hauteur cette fois-ci. » Je me laisse alors glissée contre le meuble de la cuisine, me recroquevillant sur moi-même. Risa ne m’a jamais vu dans cet état. L’ai-je déjà été au moins ? C’est une bonne question. «  Je ne sais pas quoi faire Risa… je suis complètement perdue. » Je me rappelle alors notre discussion alors que je lui demandais conseil à propos des sentiments, ceux qui sont capables de nous rendre extrêmement heureux mais aussi profondément tristes… je crois que j’avais raison. Cela aurait-il changé quelque chose si je ne m’étais finalement pas lancée ? On ne le saura jamais. Alors je crois que je dois me battre pour mon bébé et pour son père mais comment faire ? Comment être assez forte pour ça ? « Il me manque… si tu savais. Je ne sais même pas s’il voudrait que je le garde cet enfant.  Et si je le garde, est-ce qu’il verra un jour son père ? » Mes larmes coulent alors doucement, comme si elles roulaient au ralenti.
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Risa Stroke
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Posté le Jeu 2 Aoû - 22:36.
Il y a des moments où les choses ne sont pas exactement celles qu'elle devrait être. Je comprend ce genre de phénomène, tout simplement parce que cela m'arrive constamment. Avec le boulot que je fais, ce n'est guère étonnant de finir avec des conclusions qui n'étaient pas celle qu'on avait prévu au départ. Pourtant, je n'aurais pas cru que les choses étaient si compliqué pour Cassy. Il faut avouer que ces derniers temps, j'étais tellement prise par toutes ces foutues affaires qui se sont entassé que je n'ai pas pu venir la voir et que je n'ai pas pu prendre de ses nouvelles aussi souvent que je le fais d'origine. Un malaise s'empare de moi en me rendant compte à quel point j'ai été pitoyable comme amie. Pourtant, j'ai envie de me rattraper alors que j'ai remarqué beaucoup de chose qui ne lui ressemblent pas, comme ce test de grossesse, ces yeux rouges. J'ai envie de lui apporter le réconfort dont elle a visiblement besoin. Alors je finis par laisser de côté ce qui ne tourne pas rond chez moi pour savoir ce qui ne tourne pas rond chez elle. Je sais qu'elle va parler quand ses mains se posent sur les miennes, cependant je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle me dise ce genre de chose... Enfin ouais, non, ce n'est pas tout à fait exacte. J'avais bien compris que Blérim lui plaisait, mais je n'aurais jamais pensé qu'il passerait directement à l'action. Attend, est-ce qu'il a … Est-ce que... Okay Risa, on se calme. Elle ne le dirait pas de cette façon si elle avait été une nouvelle violé. Et puis ce n'est pas le genre du lycan de ce que j'ai pu ressentir.

Je secoue la tête imperceptiblement alors qu'elle reprend. Je la laisse finir de parler, jusqu'à ce qu'elle m'avoie à quel point il lui manque. Si je savais ? Oh cocotte, je sais, je ressens même, l'absence. « Okay alors déjà on se calme Cassy. Viens t'asseoir. » Je l'oblige à prendre un siège pas parce que je la crois malade, mais parce que je vais probablement parler plus que de raison, comme d'habitude quand je suis avec elle. « D'une, tu sais très bien que je suis là pour toi et que le repos, je le ressens peu importe ce qu'il se passe. Donc laisser tomber cette culpabilité, c'est plutôt moi qui devrait me sentir mal. J'étais tellement prise entre mon boulot et mes problèmes que je t'ai négligé alors que d'origine je passe au moins une fois par semaine juste pour discuter. Tu crois qu'une véritable amie ferait ça ? J'ai honte de moi. » Et c'est la vérité. Bordel, j'ai vraiment honte de ce que j'ai fait. Pourtant, dieu sait que j'aime Cassy, comme ma propre sœur. Mais ce qui se passe dans ma tête... C'est comme si rien d'autre ne comptait et c'est à me rendre dingue. « De deux, tu es toujours à la hauteur, alors s'il te plaît ne te rabaisser pas de cette façon. Je ne connais personne d'aussi fort que toi. Sachant ce qu'il t'arrive en ce moment, je trouve ça parfaite logique que tu ne sois pas en forme. Alors ne dit pas que tu n'es pas à la hauteur. » Je souris doucement et pose le thé qu'elle avait commencé à préparer devant chacune de nous. « De trois, tu n'es pas un fardeau et tu ne le seras jamais, que ce soit bien clair. On est d'accord ? » J'attends pas réellement d'assentiment de sa part, mais je veux qu'elle comprenne que peu importe le moment, je suis là pour elle.

J'essaie en plus de faire les choses dans l'ordre, ça n'a rien de simple. Je sens tout ce qu'elle ressent et croyez-moi, ça n'a rien de faible sentiment. Cette perdition, ce manque... Tout ça me rappelle un peu trop ma situation actuelle qui ne devrait possible. « Tu sais, c'est normal d'être perdue dans ce genre de circonstance. Je sais que tu as toujours voulu avoir des enfants. Mais avec Blérim repartit au Ribcage et cette incertitude qui pèse sur nos têtes. Si seulement je pouvais faire quelque chose qui permettrait de faire tomber ce foutu gouvernement, ce ne serait pas du luxe. » En faisant attention à ce qu'IL ne soit pas touché n'est-ce pas. Je secoue la tête une nouvelle fois pour chasser ces pensées. C'est pas le moment bordel ! « Si je savais ? Cassy, bon sang, je sais exactement ce que tu ressens là. J'ai l'impression qu'il me manque tellement que je pourrais cesser de respirer. Tu crois-moi, je sais exactement à quel point il te manque. » Je souris doucement. « Et ça me fait comprendre à quel point il est important pour toi et à quel point il va être important de faire exploser ce système pour qu'on puisse tous vivre de nouveau normalement. » Parce que même moi, j'en ai marre d'être surveillé en permanence. Ces chaînes qu'on nous impose pour de mauvaise raison... J'en ai plus qu'assez ! Une fois encore me voilà à serrer les dents un instant avant de reprendre plus calme. « Tu sais, la question qu'il faut te poser c'est surtout si tu le veux ou pas cet enfant. C'est ça qui est le plus important. » Je souris doucement, je sais que ce n'est pas ce qu'elle a envie d'entendre, mais je n'ai pas d'autre réponse.

« Il y a tellement de chose à prendre en compte si tu continues comme ça, surtout en l'état actuel des choses. Pourtant, rien de tout ceci ne devrait être pris en compte. Là, maintenant, tout de suite, c'est à toi que tu dois penser. Pas à la situation, pas à Blérim, mais à toi. Cet enfant, tu en as envie ? Ou pas ? » Question qui paraît simple mais qui est ô combien difficile je le conçois. « Pour ce qui est de Blérim, honnêtement, je ne pense pas qu'il serait contre. Quoi que ça risque de lui en mettre un coup sur le carafon, mais c'est quelqu'un de profondément aimant, je ne doute pas un seul instant qu'il acceptera cet enfant. » Je lui souris, tendrement, avec douceur. « Pour ce qui est du fait qu'il puisse le voir. Je n'ai pas de réponse. Je souhaite qu'un jour tout redevienne comme avant, que plus personne ne soit sous le joug d'une autorité complètement tordue et invivable. Mais je n'ai pas encore de réponse à ça. » Je caresse doucement ses cheveux en poussant la tasse de thé vers elle et en l'obligeant à boire un peu. « Mais je sais une chose. Peu importe, ta ou tes décisions, je serais là. À chaque fois que tu en auras besoin, à chaque instant, à chaque moment, tu pourras compter sur ma présence. » Quitte à quitter le boulot en plein milieu d'une enquête, pour elle, je lâcherais tout. Je veux qu'elle se sente bien, je veux qu'elle puisse être heureuse. Il va vraiment falloir exploser ce gouvernement de merde si on veut être tranquille un jour. Ça devient impératif !


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Posté le Ven 3 Aoû - 12:01.
Le monde s’est écroulé autour de moi le jour où il a été renvoyé au Ribcage. On pourrait juger ma réaction trop violente mais comprenez. Blérim s’est incrusté dans nos vies car nous l’avons accueilli à la maison.  Il a su prendre sa place, nous aider et devenir un membre à part entière de cette maison. Il m’a aidé à devenir celle que je suis désormais, une personne plus sûre d’elle, plus confiante en son avenir et plus déterminée à exploiter ses idées.  Il est devenu l’un de mes piliers. Ajoutons à cela qu’il a gagné mon cœur et que je le lui ai avoué que quelques semaines avant son départ, s’ajoute également la frustration de n’avoir pas eu le temps de profiter du temps qui nous était offert à tous les deux.  Et aujourd’hui, mon monde s’écroule une seconde fois en apprenant que je suis enceinte de lui.  Il me manque d’autant plus. J’ai toujours voulu être maman mais pas dans ces conditions, pas comme ça. Que vais-je faire ? Honnêtement ? C’est la panique dans mes pensées. Elles se bousculent toutes les unes les autres et je suis perdue. Je ne sais pas quoi faire. J’aimerais pouvoir au moins en parler au père, mais il m’est impossible de faire ça. Impossible.  Et à l’équation s’ajoute Risa que j’ai complètement mise de côté de mes histoires. Je m’en veux parce que je sais qu’elle s’en veut désormais alors qu’elle n’en a aucune raison. Elle a toujours été là pour moi, venant même me voir parce qu’elle sait que je suis agoraphobe… Elle a toujours été conciliante, et une amie fidèle. Je n’avais pas le droit de la mettre de côté mais je ne voulais tellement pas l’embêter alors qu’elle avait énormément de travail. Et désormais qu’elle est là, je la fais culpabiliser. Je suis une mauvaise amie parfois, vraiment !

Malgré tout, elle m’aide. Encore. Je m’assoie alors comme elle me le demande. Je suis docile car de toute manière j’en suis au point où je ne sais même plus quoi faire de mon corps.  « D’accord «  dis-je après qu’elle m’ait dit mes trois vérités « mais tu es une amie formidable Risa, ne culpabilise pas. On a qu’à dire qu’on a merdé toutes les deux… » j’ajoute avec une envie de sourire qui ne se concrétise finalement pas. Ma voix est rauque en prime.  Mais Risa est une amie formidable et je n’aime pas quand elle dit avoir honte d’elle parce qu’elle n’a pas à se sentir mal ‘avoir sa propre vie et de manquer de temps je ne lui en voudrais absolument jamais pour ça. Elle le sait pourtant.

Je l’écoute alors me parler. Quand Risa et moi sommes dans la même pièce c’est comme si nous avions un défi verbal à accomplir. Je pose également une main sur la sienne, elle m’ancre ainsi dans la réalité. J’essaye aussi de camoufler mes émotions pour ne pas l’accabler avec. Mais c’est compliqué vraiment ! Surtout qu’à ce manque terrible s’ajoute un brin ‘espoir qui, si Risa le ressent devrait la faire tilter. Elle veut faire sauter le gouvernement mais sa manière de le dire en cet instant précis me fait intérieurement réagir car je me dis qu’elle pourrait être un élément important pour la « résistance » que l’on a créé avec Joren. Sauf que je ne peux pas impliquer Risa, pas un agent du CAA qui pourrait être interrogé à tout moment.  Elle a pourtant créé une petite lueur. «  Comment veux-tu renverser le gouvernement ? Si je pouvais faire tout péter crois-moi que c’est la seule idée qui me traverse l’esprit en ce moment ou trouver un moyen de faire évader Blérim… Je ne devrais surement pas dire ça à un agent du CAA mais t’es aussi comme ma sœur et je sais que tu peux comprendre. » et voilà que la rage et la colère se mêlent à mes paroles. C’est mon âme entière qui se brise avec cette situation et mon amie, que je voulais préserver, reçoit toutes mes émotions de plein fouet. D’un côté cela m’aide car je n’ai pas besoin de lui expliquer mes ressentis d’un autre j’ai conscience de la violence de mes sentiments et je m’en veux tellement de lui imposer ça.

Puis voilà que Risa me ramène à la question essentielle.  Une question qui possède une réponse évidente à mes yeux.  Je joue alors avec ma tasse quand Risa pose à nouveau la question. « Si je mets tout de côté, tu connais aussi bien ma réponse que moi… oui je le veux cet enfant. Après tout j’aime Blérim et même si c’est soudain et surtout terriblement imprévu, c’est aussi une partie de lui. » Je pense que Risa comprend tout à fait ce que je veux dire par là. Cet enfant est une partie de Blérim, une partie de moi aussi, un espoir pour l’avenir à mes yeux. Mais comment avoir cet espoir qu’il puisse vivre normalement dans le monde actuel ? Cela sous-entend que je me batte avec encore plus de rage pour un monde meilleur et je le ferai. Mais… Je bois une gorgée de tisane que Risa pousse sans cesse vers moi dans cette unique volonté. C’est alors qu’elle me jure être à mes côtés quel que soit ma décision. Sans prévenir j’éclate alors en sanglot. Des larmes de remerciement. «  Risa t’es tellement plus qu’une amie qu’est-ce que je ferais sans toi franchement ? » dis-je en souriant. « Cependant il y a tellement de données à prendre en compte. Tu me dis que ce qui est le plus important est de savoir si je veux cet enfant mais c’est la seule certitude que j’ai.  A côté de ça, je me demande comment je vais faire... si jamais les autorités apprennent que je suis enceinte d’un lycan, je peux finir au Ribcage ou dans un laboratoire… C’est ce qui me fait le plus peur avec le fait d’envisager que cet enfant ne verra peut-être jamais son père et que son père ne le verra peut-être jamais grandir… J’en ai pas envie Risa… C’est la possibilité pour Blérim d’avoir une seconde chance dans la vie et de faire mieux que ce qu’il a pu faire dans le passé. De racheter tout ce qui lui fait honte.  Je ne peux même pas aller le voir sans éveiller les soupçons sur moi. Jusqu’à présent mon tempérament et mes peurs m’ont poussée à vivre cachée et ça m’a préservée de tout ce monde du Ribcage, mais maintenant ? » Je prends alors ma tête dans mes mains. Elle tourne et ma vision se voile. Je crois qu’il faut que je ralentisse le rythme mais c’est compliqué.

« Je reviens je vais me rafraîchir » dis-je alors en me levant. Puis je me dirige vers la salle de bain et j’ouvre le robinet d’eau froide pour me mouiller le visage. Depuis quelques jours j’ai le tournis de temps en temps. J’imagine qu’il s’agit uniquement d’un symptôme de grossesse, fort peu agréable je dois bien l’admettre.  Quand je reviens, je passe par ma chambre et récupère l’objet que j’avais créé pour Risa avec les conseils de Nell une jeune femme rencontrée en haut d’un Tour. Ca fait très Raiponce dit comme ça et je souris doucement.

« Tiens c’est un petit cadeau pour toi. » dis-je à Risa en lui tendant les deux anneaux de plantes entremêlés. Un petit repos dans mes pensées me fait du bien. Même si au fond tout me ramène à ma situation e permanence. Tout simplement parce que les symptômes de grossesse se multiplient avec le temps et qu’elle-même me ramène à Blérim et au vide que son absence laisse en moi.
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Posté le Mar 7 Aoû - 20:47.
Merdé toutes les deux, c'est pire que ça au fond. J'étais tellement prise dans tout que je n'ai même pas pensé aux autres. Dans ma tête, il n'y avait que Joshua et le moyen le plus efficace de l'oublier, d'anéantir ce qui se passait dans mon esprit, de gommer cette rencontre bien trop prenante à mon goût. Il n'y a qu'à voir aujourd'hui, malgré le fait que je m'occupe de mon ami, sa présence tourne dans un coin de ma tête, toujours là, envahissante et tellement pénible. Pourquoi donc ce foutu cerveau s'évertue à m'obliger à penser à lui. Sérieusement ? J'ai bien d'autre chose à penser non ? Je secoue la tête pour que ça s'en aille pour que toutes pensées concernant l'ange finissent aux oubliettes, plus facile à dire qu'à faire. Agacée, je finis par le reléguer une nouvelle fois d'un côté de ma tête et je reprends doucement. « Ouais, probablement. On va dire ça comme ça. » Moi qui me pensais pas du tout du genre à faire passer mon boulot avant le reste... Je me sens toujours minable. Je finis par reprendre le contexte et finis par balancer ce qui me vient en tête, parce que j'en ai ma claque. Je parle de foutre le gouvernement en berne parce qu'ils n'arrêtent pas d'imposer leurs restrictions, mais personne ne se rend compte qu'aucun de nous n'a voulu vivre ainsi. Personne ne nous a demandé notre avis au fond. Franchement on est né comme ça, supprimer notre don, c'est comme arraché le bras d'un humain lambda. Et puis, ce n'est pas pour ça qu'il y a moins de crime. Soyons honnête, la moitié des gens qu'on a arrêté ces derniers temps étaient des humains classiques. Alors quand Cassy reprend la parole et me demande ce que je ferais pour renverser le gouvernement, je ne sais pas quoi répondre. Je la laisse parler tranquillement et fini par prendre la parole.

« Honnêtement, je ne sais pas ce que je pourrais faire. Je sais beaucoup de chose, sur le CAA, le CODECS, c'est l'avantage de la chaîne. Je peux aussi entrer plus facilement au Ribcage parce que je suis capable de faire quelque chose que je ne t'ai pas encore dit et que le CAA exploite sans vergogne. Je connais des tas de trucs, mais personne ne se fiera jamais à moi pour aider. J'ai vendu mon don pour sortir de ce bourbier et pouvoir travailler sur la libération des nôtres dehors au lieu de moisir au Ribcage. Si seulement mes parents ne m'avaient pas vendu, j'aurais très bien pu passer inaperçu sans souci. » Je m'arrête, me rendant compte de ce que j'ai dis. Et puis honnêtement, qu'est-ce que ça change ? J'ai fais ce que je pensais le plus juste. Je fais en sorte de toujours lancer les chasseurs sur des pistes moindres, sauf quand l'aberration est réellement l'une de celle meurtrière qu'il faut arrêter. « Tu sais le CAA, si je pouvais l'éviter, je l'éviterais comme la peste. Ce n'est pas de gaieté de cœur que j'ai pris cette décision et tous les jours, je m'en veux. Mais je n'avais pas le choix, mes parents avaient déjà décris au CAA ce que je pouvais faire et de quel façon je pouvais être utile. Comme s'ils allaient laissés quelqu'un comme moi leur filer entre les pattes. Mon don n'a peut-être rien d'offensif, mais il n'empêche que je suis bien plus utile que tout le monde le pense. » Sérieusement, comment devenir un ennemi rapidement. « Mais j'aimerais tellement faire péter ce système. J'en ai marre qu'on nous prenne pour des montres alors qu'aucun de nous n'a décidé de naître ainsi. J'en ai marre qu'on nous catalogue alors qu'une partie des meurtriers sont de simple et basique humain. Franchement qui sont-ils pour nous jugés sans nous connaître ? » Voilà que je m'emballe de nouveau.

Je secoue la tête et tente de penser à autre chose. Je finis par parler du bébé, de ce bébé. L'idée me fait rêver. J'ai toujours eu envie d'être mère, au plus profond de moi, j'ai toujours eu envie de trouver quelqu'un que j'aimerais réellement et qui m'aimerais pour ce que je suis, avec qui j'aurais des enfants... Un rêve bien vide de sens quand on est empathe. Dur de faire abstraction de toute ces petites choses qui vont et viennent dans le cœur de notre compagnon. Au final, il n'y a qu'avec ce foutu ange que... Oula t'emballe pas ma grande, l'ange il est hors contexte là... Tu m'étonnes qu'il est hors contexte. Ma digression personnelle ne m'empêche pas d'écouter ce que je me dis Cassy et je comprends parfaitement, même trop bien en fait. C'est l'avantage d'être empathe, on peut facilement s'identifier à l'autre. « Tu ferais peut-être plus de truc sans moi. On ne sait jamais, si ça se trouve, rien de tout ça ne se serait passé et tu aurais changé de coin quand ce meurtre est arrivé au lieu de t'accrocher à la pauvre empathe que je suis. » Un peu d'autodérision et un sourire pour lui montrer que je rigole bien évidemment, même si parfois je le pense. Je me dis que si je me m'étais pas accroché à elle, peut-être que tout cela ne lui serait pas arrivé. Je n'en sais rien au fond, mais je peux au moins l'espérer non ? « Honnêtement Cassy, je comprends. Je sais qu'avec ce qu'il se passe en ce moment, le fait que tu puisses te retrouver au Ribcage si quelqu'un de malintentionné apprenait ça. Mais crois-moi, je sacrifierais n'importe qui, n'importe quoi si quelqu'un devait cafté. Je n'hésiterais certainement pas une seconde à utiliser mon don, et mes relations partout pour t'éviter tout ça. »

Je souris doucement. « Je te protégerais de tout, envers et contre tout. De plus, on peut toujours trouver des moyens de te protéger sans éliminer qui que ce soit. Il est de notoriété publique que tu détestes le contact, quoi de plus normal. On peut trouver des tas de solutions pour te couvrir et pour le reste, crois-moi je ferais mon possible pour tout. » Parce que je sais quelque chose, qu'elle sait aussi. « De plus, je sais parfaitement que ce bébé, ce n'est pas qu'une lueur d'espoir. Si jamais tu devais décidé de t'en séparer, tu t'en voudrais et je refuse que tu sois triste. C'est hors de question. On peut trouver un moyen pour que rien ne soit caché et en même temps que le bébé et toi vous soyez protéger. Je te rappelle que je suis en partie la loi et que je la connais parfaitement et donc le moyen de détourner tout ça. » Je souris. J'essaie tant que je peux de l'aider, mais je ne suis pas certaine d'être très douée. J'ai tellement l'habitude de me fermer au monde que je dois manquer cruellement de tact et de savoir vivre concret. Un léger soupir passe sur mes lèvres alors qu'elle se lève pour aller se rafraîchir. Qui aurait cru que tout ça serait problématique. Moi qui pensais que nos vies ne pouvaient pas être plus compliqué. Voilà que je fais une fixette sur un putain d'ange et que ma meilleure amie, ma sœur, tombe enceinte d'une aberration. Mais la vie n'en a pas marre d'être chienne de la sorte. J'aimerais tellement que tout soit plus simple, moins compliqué. Que plus rien ne nous arrive et que tout revienne à la normale, comme à Réversa. Que le temps s'inverse.... Bah bien sur et pourquoi pas des licornes et des arc en ciel et des bisounours aussi tant qu'on y est.

Rahhh tout ça m'agace et ces foutues pensées aussi d'ailleurs. Je finis par grogner contre moi-même avant de finalement ressentir que Cassy revient. Je me tourne vers elle quand elle me tend quelque chose et je regarde les deux anneaux de plantes entremêlés. Je souris, parce que j'ai l'impression que c'est nous. Main dans la main, envers et contre tout et tous. « C'est superbe. » Je regarde le travail qui a dû demander un temps impressionnant et je souris doucement. « On dirait un symbolique de nous. De notre relation. J'ai l'impression de nous voir à travers ces plantes, à travers ce cadeau. » Je souris doucement en touchant avec douceur les plantes. Je fais le tour de chaque anneau, m’émerveillant un peu plus à chaque fois. « Mais pourquoi un tel cadeau ? » Parce que je ne comprends pas réellement. Des cadeaux, je n'en ai pas reçu énormément en fait, pour être honnête j'ai cessé de recevoir quoi que ce soit une fois que mon don s'est manifesté. Un sourire teinté de tristesse passe sur mon visage avant de finalement plonger le regard dans celui de mon amie, cherchant une raison, qui n'est peut-être pas là. Faire des cadeaux pour le plaisir ça existe, mais il faut toujours que je cherche une raison dans tout alors...


Dernière édition par Risa Stroke le Dim 14 Oct - 21:56, édité 2 fois
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Posté le Mer 8 Aoû - 18:07.
Risa est touchante à s’en vouloir de la sorte parce qu’elle n’a pas eu le temps de passer me voir. Elle croit qu’elle est fautive dans tout ça qu’elle a failli à son devoir mais l’amitié c’est bien plus que ça. Avec Risa on pense l’une à l’autre quoi qu’il arrive et on sait qu’en un coup de téléphone l’une sera là pour l’autre. Et c’est ça l’amitié – pouvoir compter sur sa moitié à tout moment. Je n’ai aucun doute sur ce point concernant Risa. Elle est la meilleure amie que je n’ai jamais eu, la sœur que j’ai toujours rêvé d’avoir. Et rien que pour cela je remercie à ce corps d’avoir été enterré près de chez nous. Sans cela je ne l’aurais jamais rencontrée et je crois que je stagnerai encore dans mes peurs aujourd’hui.  Avec elle je suis allée bien plus loin en quelques semaines que je n’ai pu le faire toute seule en quelques années. Poppy m’a sauvé mais il n’a jamais osé me pousser. Il avait surement peur d’aller trop loin, je ne sais pas.  Il a surement ses raisons et je ne lui en veux pas parce qu’il m’a de toute manière sauvé à bien des égards. Je le suis reconnaissante à vie pour cela.

Enfin, quoi qu’il en soit je vois que mon amie est perturbée. Même si ma douleur altère mon jugement, je peux sentir son agitation, et son regard qui part plus souvent dans le vague qu’à l’accoutumée. Mais elle tient coûte que coûte à se focaliser sur mon cas. Sans doute cela la divertit-elle. Je lui donne alors l’explication pour mon état présent. Cette sensation de vide au creux de mon estomac me fait plonger dans une eau si froide que j’ai peur de rester figer pendant trop longtemps. Figée dans un monde que je ne connais pas et qui m’effraie. Mais heureusement, j’ai aussi cette âme de battante et de militante qui va m’aider à tenir le coup, j’en suis convaincue.  D’ailleurs, la ferveur de Risa fait écho à la mienne.

« Peut être que tu pourrais faire bien plus que tu n’imagines Risa ? Pourquoi ne pas entrer dans un groupe pro-aberrations ? » Oui, je devrais avoir honte mais je la teste également me donnant également le temps de rassembler mes esprits avant d’éventuellement lui parler du groupe que je dirige avec Joren. Par contre ses révélations ne m’aident pas à garder le focus. Tout d’abord elle sait faire des choses dont elle ne m’a pas parlé, puis elle peut entrer dans le Ribcage plus facilement et j’ai soudain l’idée de lui demander d’aller voir Blérim pour moi, de s’assurer qu’il va bien et de lui transmettre le message pour nous … et puis elle m’avoue aussi que ses parents l’ont vendu. Ca fait définitivement trop d’informations et je ne sais plus par quel bout commencer. Risa à ce don de toujours beaucoup me parler mais surtout de balancer des vérités comme si je savais tout.  Mais mon regard a du parler par moi-même et mon amie fini par m’expliquer en partie les choses. «  Mais c’est horrible Risa, pourquoi tu ne m’as jamais dit tout ça ? C’est un lourd fardeau… mais je ne comprends qu’est-ce que tu peux faire de plus avec ton empathie ? » Je suis étonnée et blessée pour elle parce que se faire ainsi trahir et dénoncé par sa propre famille il ne doit rien y avoir de pire. Comment faire confiance après ça, après tout ce qu’elle a vécu ? Je suis même étonnée qu’elle m’ait ouvert la porte.

Je soupire finalement alors qu’elle pose cette dernière question sur le jugement des autres. « Pour moi nous répétons les erreurs du passé. J’ai l’impression de vivre ce que j’ai lu dans les livres d’histoire sur la seconde guerre mondiale et le règne d’Hitler, les camps de concentrations etc… A mes yeux le Ribcage est un nouveau camp de concentration et nous sommes dans une tyrannie pleine d’inégalités.  Et Risa, tu ne me connais pas comme ça mais sache que je ferai tout pour me battre et pour faire tomber ce règne de terreur pour les Aberrations et les Altérations… quels termes péjoratifs… » je crache finalement, toute la colère en moi cumulée ressurgissant soudain entre les larmes, l’angoisse de cette décision que je dois prendre et le manque profond que je ressens en l’absence de Blérim.

C’est ainsi d’ailleurs qu’on parle de mon bébé, notre bébé. Je ne sais vraiment pas quoi faire, entre mon cœur et la raison tout se bouscule.  J’ai cette vile impression d’être purement égoiste de vouloir garder un enfant qui ne sera probablement jamais libre de vivre normalement… oui c’est ça, c’est de l’égoïsme, pour avoir un enfant comme j’en ai toujours rêvé et un bout de Blérim qui subsiste avec moi et cet enfant… Comme s’il était… mais non Cassy tu n’as pas le droit de penser ça ! Tu es stupide !! Blérim n’est pas condamné tu vas le revoir alors la ferme ! Cet enfant tu le veux parce que tu aimes l’homme avec qui tu l’as conçu et que ton désir d’être mère date de ta plus tendre enfance ! Quand est-ce que tu vas voir la vérité en face ! Flûte ! Oulaaa mon esprit me joue des tours. Je m’auto dispute c’en serait presque mignon. Ce qui l’est moins, c’est Risa qui me fait une mauvaise blague. Au début je ne comprends pas vraiment mais je finis par me rendre compte au ton de sa voix et à son regard qu’elle s’amuse.  « Ouais t’as raison t’es qu’une pauvre empathe qui a sauvé une minable elfe de ses propres peurs et l’a portée plus loin qu’elle ne l’aurait imaginée. T’es vraiment stupide ! » j’ajoute en souriant. Cela me manque ces derniers temps. Je veux dire sourire.

Puis mes larmes redoublent d’abondance quand Risa me fait cette promesse si profonde, si pure. Celle de me protéger quoi qu’il arrive. Elle sacrifierait tout pour moi. J’en ferais de même si je devais. Mais pourquoi ? Parfois je ne comprends pas ce qui nourrit notre amitié. C’est à la fois si intense et si pur, si solide aussi. « Tu viens de me donner une idée Risa. Du moins de consolider celle que j’avais déjà. Tu crois que si je trouve un médecin que je peux mettre dans la confidence, faire croire que j’ai suivi un parcours de procréation médicalement assistée suite à un don de sperme pourrait fonctionner ? » Je ne vois que ça pour nous protéger… Du moins au début car si le bébé hérite du gêne de Blérim, nous aurons un autre souci par la suite. Mais on m’a toujours appris à résoudre un problème après l’autre. «  Et ainsi tu n’auras personne à tuer… Non parce que mine de rien ça m’angoisse quand tu parles de tuer pour moi… » j’ajoute avec un sourire doux.

Toute cette discussion met mes émotions à rude épreuve. La présence de Risa m’a calmé cependant et me permet de me recentrer sur l’essentiel. J’ai cependant besoin d’aller me rafraîchir car les nausées me prennent de plein fouet. En ce moment, elles se manifestent de manière aléatoire et n’ont rien du tout d’agréable. J’en profite pourtant pour ramener le cadeau que j’avais pour Risa. Je suis assez fière du rendu. Dans les couronnes elle peut trouver différentes fleurs, couleurs et textures. J’y ai même mis deux roses épinées.  « Oui si tu poses les anneaux tu peux voir qu’ils forment le sigle infini. Il y a des fleurs qui représentent l’amitié et d’autre la force… » Je lui explique. « Il n’y a aucune raison pour ce cadeau, j’avais juste envie de t’offrir quelque chose parce qu’avant que tout ne parte en vrille, en faisant le point je me suis rendue compte de l’importance que tu as pour moi et de l’énorme avancée que tu m’as permis de faire dans la vie. » J’ai aussi le fameux bracelet pour Blérim mais je ne pourrai probablement pas le lui donner avant un moment.  « Tu n’as pas vraiment l’habitude des cadeaux, je me trompe ? »
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Posté le Ven 10 Aoû - 13:10.
Je n'aurais jamais imaginé en venir à parler de tout ça. Enfin qui aurait cru honnêtement que les choses finiraient de cette façon. Elle enceinte d'une aberration au Ribcage et moi éprise d'un foutu ange que je connais à peine. Franchement la vie est réellement injuste, pourtant, ça ne m'empêche pas d'être celle que je suis et de montrer qui je suis. Devant Cassy, je n'ai jamais été cette altération catastrophique qui n'est désiré de personne, qui fait peur à tout le monde et que tout le monde redoute parce qu'elle n'a aucun doute sur ce que vous ressentez. Même le peu de temps que j'ai passé au Ribcage m'a fait comprendre que je n'étais pas normale. Tout le monde chuchotait sur mon passage, je pouvais sentir la peur dans leur cœur, et elle se reflétait carrément dans leur regard. Oh bien sur, être enfermé devait jouer, mais c'était sur mon passage que ça babillait. Mes parents avaient tout fait pour que mon don soit connu. Je ne comprends toujours pas pourquoi. Les empathes ne sont pas des gens mauvais, alors oui, le cœur des Hommes n'a aucun secret pour nous et personne ne peut nous mentir sur ce qu'il ressent, mais en dehors de ça, qu'avons-nous fait pour mériter une telle animosité ? C'était les questions que je me posais avant et puis j'ai compris. Certains empathe se sont servis de leur don pour manipuler les émotions d'autres... Voilà à quoi j'ai été relégué : une manipulatrice d'émotion. Parce que si lire les émotions est une chose désagréable mais sur laquelle on peut passer, manipuler quelqu'un et l'obliger à ressentir des choses qu'il n'a aucune envie de ressentir n'est pas quelque chose de normal.

Je relève la tête à l'instant où Cassy me répond et je souris tristement. « Pourquoi ? Parce que ça serait autant dangereux pour eux que pour moi. » Comment lui expliquer ce que j'ai déjà passé dix mille fois dans ma tête. « Le souci vois-tu c'est qu'être du CAA rend les choses tout compliqué. Alors oui, j'ai accéder à des tas de choses, plus que la plupart de ceux qui veulent changer le monde. Mais je suis tout autant une menace que je pourrais être une bénédiction. » Je passe une main dans mon cou et la regarde doucement. « Imagine si j'étais arrêté à un moment, interrogé et que je connaissais des noms, qu'on me forçait à les dires ? Cela mettrait le bordel dans la résistance. Sans compte que ça marche dans l'autre sens. Si l'un des résistants connaissait mon nom et était capturé et qu'il parlait ? Je ne pourrais plus être du CAA et je ne pourrais plus aider. » Je souris de nouveau tristement. « La seule solution que j'ai trouvé c'est de le faire dans l'ombre, qu'une seule personne connaisse mon identité et que les autres n'en sache rien. Mais honnêtement, je ne suis pas certains que beaucoup accepterait. Alors pour l'instant, je me contente de compiler tout ce que je peux sur le gouvernement actuel pour voir où ça me mènera. » Et j'évite d'impliquer une certaine personne pour une raison encore plus obscur. Hors de question de lui faire du mal, quitte à ce que ça me coûte... Merde, cette façon de penser me ressemble certes, mais pas envers un ange. Quelque chose s'est passé durant notre rencontre, quelque chose qui n'aurait pas dû se passer et me voilà maintenant déchiré entre trop de chose.

Je serre les dents et continue de parler. Peut-être n'aurais-je pas dû, mais j'estime que c'est mon devoir de la mettre au courant de tout ce qu'il s'est passé. Je n'en ai jamais réellement parlé et sa réponse fait sortir un rire amer de mes lèvres. « Et comment j'aurais pu aborder ça ? Oh au fait mes parents m'ont vendu quand les anges ont balancé la bombe. Ils ont décrit tout ce que je pouvais faire avec mon don et je me suis retrouvé au Ribcage où j'ai dû tout faire pour survivre d'une façon non approprié. Tu images ce que ça fait d'être vendu comme une ennemi par tes propres parents ? » Je secoue la tête. « Pardon je n'aurais pas dû te dire ça. Ta famille, c'était une vraie famille. La mienne... Elle n'avait de famille que le nom, rien d'autre. Je n'ai toujours été qu'un outil pour mes parents. Je ne sais pas ce qu'il en était pour mon frère, mais il s'avère que je n'étais pas l'outil que mes parents voulaient, alors ils s'en sont débarrassés. C'est aussi simple que ça. » Simple et cruel à la fois. Mais il s'agit de la dure réalité de ma famille... Je secoue de nouveau la tête et décide d'être totalement honnête. « Mon don se découpe en deux en quelque sorte. J'ai l'empathie classique, la possibilité de ressentir les sentiments de tout le monde. Il s'agit en quelque sorte d'un don passif, quelque chose que je ne contrôle pas, qui se fait naturellement. » Je déglutit un instant et reprends. « Et il y a l'esprit empathique, la partie active de mon don, qui me permet de voir le monde d'une façon différente. »

Je secoue la tête, c'est tellement compliqué à expliquer. Alors je lui fais plutôt une petite démonstration, même si elle ne pourra pas voir ce que je fais, elle peut voir mes yeux devenir totalement blanc, presque argenté, comme un miroir. Son aura est troublé par son chagrin, je peux voir la ligne bleue de la tristesse vibrer à chacune de ses respirations et instinctivement ma main se pose sur mon cœur. Je relâche l'esprit empathique et reprends doucement. « Je suis capable grâce à l'esprit empathique de voir l'aura émotionnelle des gens. C'est comme des lignes de couleurs qui entoure la personne et vibre d'une façon différente pour chaque personne et une teinte de couleur par personne aussi. L'aura émotionnelle est unique pour chacun et … je suis capable de traquer n'importe qui, n'importe quand, n'importe où. » Je serre les dents. « Les traces émotionnelles sont plus persistante que l'odeur, ou autre et je peux les suivre facilement. La pluie ne les efface pas, ce qui fait que je ne perds quasiment jamais ma cible. Si je la perds, c'est qu'elle est trop loin de ma perception, ou que les traces sont vraiment trop lointaine. Mais du moment où elle ne date pas plus de trois semaines, je peux les suivre. Je pourrais même décrire tout le chemin que tu as fais depuis plusieurs jours. » Je pousse un soupir et me prends la tête dans les mains. « C'est ça que j'ai vendu au CAA. C'est ça qu'ils utilisent. Comme ils ne connaissent pas mon don aussi bien que moi, je fais parfois exprès de perdre la trace quand je me rend compte que la personne que je traque n'a rien fait de mal. J'ai perdu de nombreuses traces comme ça. Ils pensent que je ne peux remontrer les traces que de quelques jours, voir une semaine. C'était vrai avant, plus maintenant. »

On a tous à faire quelque chose. « Honnêtement, je n'en suis pas fière, mais j'ai toujours fais très attention. La justice, c'est ce qui me fait avancer, et tout le monde y a droit. C'est ma façon de voir les choses, alors j'agis dans ce sens-là, même si le CAA s'imagine que je suis leur petit chien docile. » Je n'ai jamais été docile, pas depuis que je suis née en tout cas. Il n'empêche que je n'aime pas me dire que le CAA est au courant de ce don pour traquer les gens, ça me dérange. Si jamais mon don devait changer, évoluer, je ne le dirais à personne, ça vaudrait mieux pour tout le monde. Je finis par une petite pointe d'humour sur moi à laquelle elle me répond. Mon rire résonne comme autant de carillon dans la maison. « Tu vois, on se comprend. » Un clin d’œil plus tard et je lui parle de toutes les possibilités pour cacher sa grossesse et que personne ne soit au courant. Elle me surprend une fois de plus avec une très bonne idée. « Oui, ça peut marcher. Mais il nous faudrait aussi un hackeur qui puisse te sortir les documents comme s'ils étaient vrai. Ça je peux le faire, je sais où en trouver un. » Merci le darkweb qui me permettait parfois d'avoir accès à des informations que je ne devrais pas avoir. « Rohh t'es pas drôle. J'ai même pas le droit de me défouler un petit peu. » Je secoue la tête de dérision, mais au fond ça m'arrange. Être empathe n'est pas de tout repos et tuer quelqu'un... Ce n'est pas bon pour un empathe disons.

Je la laisse aller se rafraîchir, me demandant si je peux faire quelque chose de plus, jusqu'à ce qu'elle revienne avec un cadeau. Je la regarde tranquillement et ne sais quoi répondre. D'habitude, il y a toujours une raison pour que tout arrive. On ne fait pas de cadeau juste pour faire des cadeaux. À chaque fois que quelqu'un m'a offert quelque chose, il avait toujours une idée derrière la tête. Ça ne m'a jamais plu, alors je n'ai jamais rien accepté, jusqu'à... Je secoue de nouveau la tête, n'y pense pas, jamais ! Je relève la tête du signe de l'infini en plongeant mon regard dans le sien. « Non, jamais en fait. Enfin si une seule fois. » Je souris en repensant au cadeau. « Mon frère qui m'a légué sa maison en quelque sorte avant qu'il ne disparaisse je ne sais où. En dehors de ça, personne ne m'a jamais fais de cadeaux. Mes parents, ils se sont contentés de m'élever, de me faire apprendre, de m'obliger à m'exercer, mais c'est tout. C'est tout nouveau. Je ne sais pas comment réagir en fait. Désolé. » Je me sens perdue, pour ça, pour le reste, pour cet ange qui tambourine à ma tête et se rappelle à mon bon souvenir. C'est ainsi qu'une légère larme s'écoule de mon œil pour dévaler le long de ma joue.


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Posté le Dim 12 Aoû - 22:34.
Dans mon esprit tout s’embrouille, tout se mélange. J’ai l’impression qu’il en est de même avec mes émotions que je ne contrôle plus et qui passent du coq à l’âne en quelques secondes, en fonction de nos paroles. La seule constante reste le vide créé par la perte de Blérim. Seule et unique constante depuis des semaines maintenant. Et puis il y a les coups de massues qui s’ajoutent au fil des jours, des heures parfois comme actuellement avec Risa qui m’avoue coup sur coup que ses parents l’ont vendu au gouvernement et qu’elle a fait un passage au Ribcage. Cette révélation me renvoie indubitablement à Joshua qui compte faire un reportage sur les lieux. Il serait peut-être opportun que Risa témoigne pour cet article… peut-être, mais ce n’est absolument pas le moment de parler de tout ça car nous en sommes à nous confier, à être sincères et à nous aider l’une l’autre. Mon amie est un rocher solide auquel je peux m’accrocher et Dieu sait que j’en ai besoin en ce moment. J’ai besoin qu’elle me dise quoi faire et surtout qu’elle me dise que je prends les bonnes décisions. Si vous saviez à quel point il est compliqué d’avoir le pouvoir de vie ou de mort sur un enfant qui n’est pas encore né et à quel point imaginer un avortement est cruel et contre nature pour moi. Mais je dois également penser à son avenir. Quel avenir dans un monde où mon bébé ne pourrait pas voir son père et bénéficier de son expérience pour apprendre à vivre chaque jour qui lui ai donné ? Ce sont d’ailleurs de telles réflexions qui nous amènent à parler de faire tomber le gouvernement en place et de résistance.

En évoquant ce sujet d’ailleurs, je ne peux m’empêcher de demander son avis à Risa. Participerait-elle à ce type d’organisation ? Car si c’est là sa volonté je pourrais faire quelque chose pour elle. Cependant, elle m’explique à juste titre qu’elle pourrait être aussi bien une bénédiction qu’une malédiction. Je ne peux la contredire mais son savoir pourrait tellement être précieux. « Oui je sais que tu as raison mais tu pourrais tellement nous aider de par ton appartenance au CAA. Honnêtement Risa, vu la situation je serais prête à prendre le risque, à être celle qui pourrait être ton unique interlocutrice » Mais qu’est-ce que tu fais Cassy ? Tu avoues à demi-mots à ta sœur de cœur que tu fais partie d’une résistance ! Bravo ! Mais je lui fais une confiance aveugle et vu le discours qu’elle vient de tenir, je ne pouvais pas faire autrement. Vraiment. Et je pense également qu’elle comprendra ce choix. Je suis tellement au bord du désespoir. La race humaine a perdu une partie du bénéfice du doute que je lui accordais. Tous ces moutons qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, franchement, il faut leur ouvrir les yeux, nous n’avons pas le choix !

Puis lorsque je m’étonne que le sujet de ses parents et qu’un sentiment d’horreur m’envahie, elle m’explique alors pourquoi elle ne m’en a jamais parlé. Je dois bien lui accorder que ce n’est pas le sujet que tu lances lors d’une rencontre autour d’une tasse de thé. Cela n’aurait ni queue ni tête. Mais tout de même, c’est une histoire de dingue que j’ai du mal à comprendre car comme elle le souligne, ma famille était une vraie famille, protectrice et aimante. Je me lève et m’approche d’elle un moment pour la prendre dans mes bras et lui déposer un baiser dans les cheveux. « Tu m’as moi Risa maintenant, je serai toujours ta famille, je te le promets. » Puis je me rassoie, prise de nausées juste avant qu’elle ne m’explique l’étendue de ses dons. C’est impressionnant d’ailleurs, je n’aurais jamais imaginé qu’une seconde qu’elle pouvait faire autre chose de son don.

Ma bouche s’ouvre alors que je vois le blanc de ses yeux, puis comme Risa sait le faire avant même que je pose la moindre question, elle m’explique tout. Son don, son étendue, ce qu’elle a venu au CAA et le regret qui l’habitude. Je la comprends, cela ne doit pas être facile mais il faut qu’elle voie le bon côté des choses. Elle permet à des innocents de partir, un autre ne l’aurait peut-être pas fait. C’est d’ailleurs l’une des plus grandes qualités de mon amie. Je l’ai remarquée à notre première discussion. Quelle que soit l’affaire, elle est toujours guidée par la justice c’est ce qui rend son jugement important à mes yeux. « Et si tu essayais de voir le bon côté des choses ! Tu peux protéger les innocents ! Moi je dis qu’il vaut mieux que ce soit toi qu’un de ces pourris sans cœur ! » Oui je suis intransigeante mais le CAA…Enfin passons il ne vaut mieux pas que je commence sur cette pente glissante. « il ne faut pas être si dure avec toi Risa. Tu fais pour le mieux, comme moi. Et si pour cela il faut parfois aller contre nos principes je reste persuadée que du moment que l’on fait du mieux qu’on peut c’est le principal. » et je pose ma main sur la sienne en signe de soutien. « De quelle couleur est ma signature émotionnelle ? » je lui demande alors curieuse. La curiosité est un vilain défaut je le sais…

Heureusement Risa sait ajouter un trait d’humour à la discussion pour alléger l’ambiance. Je la suis volontiers mais mieux encore, ses mots concernant ma grossesse me donnent finalement une idée. Enfin, je l’avais déjà en amont, mais elle se consolide. J’en fais alors part à mon amie qui confirme que ça peut fonctionner. Et là je sens le soulagement m’envahir. Je me relâche complètement. C’est LA solution. Avec ça pour couvrir mes arrières, je me sentirai plus sereine. Mais j’aimerais aussi beaucoup que Blérim puisse être au moins au courant. Même s’il ne peut pas réellement faire de choix pour le moment. De toute manière je ne le forcerai pas à assumer la paternité. Les circonstances ne le permettent pas. Alors je finis par sourire. « Risa tu es vraiment pleine de ressources, mais t’imagines même pas comme je me sens mieux d’un coup. Enfin si tu imagines très bien vu que tu reçois l’écho de mes émotions, mais bon tu m’as comprise c’est une façon de parler ! » je lui avoue finalement même si au fond je n’ai pas besoin de le verbaliser…

Mais relâcher tout n’est pas forcément salvateur pour mes symptômes qui vont et vient et me font la vie dure. Je pars donc me rafraîchir dans la salle de bain et reviens avec le signe infini que je lui ai fabriqué. Je suis étonnée qu’elle soit elle-même étonnée par mon présent, mais vu ce qu’elle m’a raconté plus tôt au fond, c’est plutôt logique. Je souris, puis me met même à rire lorsqu’elle s’excuse car elle ne sait pas comment réagir. « Voyons Risa ! Tu n’as pas à réagir d’une manière ou d’une autre suis ton cœur et puis c’est tout ! Si ça t’inspire un sourire, souris moi, si tu préfères un câlin, câline moi… ou tu peux juste dire merci. Enfin quoi qu’il en soit ta réaction t’appartient et doit venir du fond de ton cœur. Pour une fois, essayes de ne pas contrôler ton ressenti… » Tiens en parlant de ça, je n’ai pas oublié ma question quand elle est arrivée et surtout ce que j’ai pu analyser de son visage. « ET d’ailleurs, en parlant de contrôle, si tu me disais ce qui ne va pas de ton côté !? »
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Posté le Ven 17 Aoû - 22:00.
Le temps n'a pas réellement d'emprise dans notre petite bulle de secret. C'est comme si rien n'arrivait à percer autour de nous, comme si rien d'important ne pouvait nous arrêter et c'est bien le cas. Honnêtement, je n'ai envie de rien d'autre que de continuer à discuter, que de continuer à penser à autre chose. Je suis douée pour m'occuper des problèmes des autres, pour les décortiquer, les analyser et pour donner des conseils, souvent judicieux, parfois compliqué. Ce n'est pas toujours évident d'être empathe. On sait, mais ce n'est pas parce que nous, on sait, que c'est le cas pour les autres, bien au contraire. Personne ne sait aussi bien que nous mis à part ceux qui ressentent et encore, même là, nous sommes à même d'être bien meilleur que ceux qui ressentent. C'est tout un complexe, un cercle vicieux dont il faut se sortir. Être empathe, c'est voir le monde d'une façon que peu de gens peuvent voir. C'est voir le monde avec son cœur, avec son âme et mettre en vie ce que l'on est pour tenter d'aider les autres. Être empathe, c'est avoir constamment un angelot sur une épaule qui vous pousse inexorablement pour aider tous ceux qui croiseront votre route et qui auront besoin d'une aide, qu'ils le sachent ou non. C'est compliqué à gérer, pas seulement parce qu'à force de ressentir les autres, on fini par perdre un peu de ce qu'on est. Mais surtout parce qu'avoir des sentiments est déjà tellement complexe, que quand ceux des autres s'infiltrent vers vous, les vôtres passent toujours en second plan pour que vous puissiez vous concentrer sur ceux des gens vous entourant. C'est pour cela qu'on nous trouve généralement gentil, calme, doux, avenant et qu'on se confie facilement à vous.

Oui, hein, vous comprenez maintenant ! Dans ma famille, on ne pouvait pas se permettre d'être faible. On ne pouvait pas se permettre de paraître doux, pas plus qu'avenant ou gentil. Ce n'était pas possible. Alors mes parents ont fait du mieux qu'ils le pouvaient et ont décidés de me changer. Mais changer un empathe.... Enfin bref, tout ça pour dire que quand Cassy m'affirme que je l'ai, j'ai l'impression qu'une partie de mon monde se solidifie. Comme si toute ma vie, je n'avais attendue que ça et c'est en partie de la vérité. J'ai toujours voulu que mes parents m'aiment pour ce que j'étais, que mon frère me voit comme sa petite sœur. J'aurais aimé être ce qu'ils voulaient, mais au fond... Je secoue la tête et la remercie, parce que c'est comme ça que je suis. Dire merci, sourire, être calme et tranquille. Analyser les choses, tout en douceur et en finesse. Totalement en contradiction avec le masque glacial que j'impose sur mon visage quand je sors. Je peux au moins reconnaître ça à ma famille : ça m'a bien aidé pour mon métier. La discussion se poursuit, sur quelque chose dont je ne suis pas fière. Je lui souris tristement alors qu'elle me dit que je peux protéger des innocents. « Mais ce ne sera jamais assez. Combien sont enfermé désormais. Combien comme Blérim qui n'ont rien fait pour mériter ce genre de chose ? Il y en a trop Cassy, crois-moi, j'en ai vu bien trop. » J'aimerais tellement faire plus que je ne fais actuellement. J'aimerais leur éviter ces souffrances. Nous sommes nés pour vivre ainsi, alors pourquoi faut-il qu'on nous prenne pour des détraqués. Le danger ne vient pas forcément de nous, non. Nous sommes juste le joujou qu'on agite dans la lumière pour ne pas voir ce que l'ombre cache. Et c'est bien là le problème.

Je relève finalement la tête quand elle me demande de quelle couleur est sa signature émotionnelle. Mes yeux blanchisse instantanément alors que j'appelle l'esprit empathique. Je regarde les couleurs qui s'imbrique. La beauté d'un cœur qui ne bat pas pour faire saigner, mais qui bat pour soigner. Un léger sourire se pose sur mes lèvres, alors que le brun de mes yeux reprend sa place. « Ce n'est pas facile à expliquer, mais chaque émotion possède une couleur propre. C'est un peu cliché, mais la colère est rouge, la tristesse bleu, la joie jaune, etc... Mais chaque personne possède une teinte particulière pour chaque couleur suivant comment elle compose son être. Ta signature émotionnelle, est lumineuse. Pas comme un flash horrible de lumière non, elle est composé de lumière douce, de couleur pastel. Pas terne, loin de là, elle donne le sourire, l'envie de se glisser dedans pour se sentir chouchouter, cocooner, comme lorsqu'on était bébé. Elle donne envie de s'en draper pour nous laver de toutes les influences extérieurs. Elle est signe de douceur, de calme, mais pas de faiblesse non. Une force tranquille et pleine de vie. Même si elle tressaute au vu de ton chagrin et de tout ce qui t'arrive ces derniers temps. » Je souris doucement. « Mais ne t'en fais pas, ça passera. C'est promis. » Ce n'est pas une phrase classique, non. C'est une phrase que je pense réellement. Et c'est comme ça que je passe au moyen le plus sur de pouvoir mettre en place ce qu'elle me dit. Ce n'est pas pour rien que je suis la loi n'est-ce pas ! Je sais autant l'utiliser que la contourner.

« Oh tu sais, quand on sait utiliser la loi, on sait parfaitement la contourner. Pour une fois ça servira a un vivant au lieu de ne servir qu'au mort. Je trouve que c'est un moyen judicieux de l'utiliser, que de le mettre au service d'une naissance non ? » Un sourire et je me sens plus légère. Par contre au moment du cadeau, je me sens un peu sur le cul, sans trop savoir ce que je dois faire. Des cadeaux, je n'en ai jamais réellement eu en fait. Comment réagir, est-ce qu'il y a une manière particulière ? Ou alors une façon ? Visiblement pas. « Alors merci. C'est très gentil et je crois que je lui ai déjà trouvé une place de choix. Je voulais changer un des tableaux tout pourris dans cette baraque. Tiens d'ailleurs j'ai besoin d'un coup de main pour de la peinture, si jamais ça te dit de sortir de ta forêt. » Et elle pourra voir où j'habite pour une fois et comment je fais pour éviter que le CAA ne me surveille de trop. N'empêche que depuis Joshua, j'ai changé ma façon de faire. La maison que je suis censée habiter est bien plus lumineuse, comme s'il y avait de nombreuses traces de vie. Je me suis arrangée et tout ça grâce à un ange... ça crains. C'est en pensant à lui que je me rends compte que Cassy me parle. Je lève la tête et grimace doucement à sa question. « Okay, je t'explique, mais surtout, tu ne t'emballes pas d'accord ? » Je me racle la gorge parce que je sais déjà que ça va partir en vrille. « Voilà y'a un mois et demi, voir deux mois, j'étais sur une enquête et j'ai rencontré quelqu'un. » Rencontré n'est pas le terme approprié, cet enfoiré s'était invité sur ma scène de crime... « Enfin bref. Il s'est passé pas mal de chose, je l'ai quasi insulté, il m'a rendu la pareil et il m'a suivi pour en savoir plus bien évidemment et là... je ne sais pas comment expliquer. Pour la première fois depuis longtemps j'ai été attiré par quelqu'un. Et ce n'était pas dû à mon empathie. » Enfin pas seulement. J'avais bien senti la vague de désir, je me l'étais même pris en pleine tête, alors que mon empathie ne semblait pas fonctionner correctement sur lui. Incompréhensible ! « Et j'ai détesté ça. Je ne peux pas me le permettre. Je suis partie, je n'ai pas donné de nouvelle. Sauf que... » Je serre les dents. « Je pensais que ça passerait, honnêtement, mais cet enfoiré reste dans un coin de ma tête constamment. Dés que je ne suis pas occupé, il surgit dans mes pensées comme un diable de sa boite et je suis épuisée. » Voilà, j'ai passé sous silence le fait qu'il était un ange et pas mal de chose, mais j'imagine que rien n'est fini encore.


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Posté le Lun 20 Aoû - 22:49.
Nous sommes deux cœurs brisés désormais j’en ai la confirmation. Risa est une personne très douée pour se cacher derrière un masque de perfection. Non pas qu’elle se fait passer pour la femme parfaite, mais son masque lui l’ai. Il ne laisse filtrer que de très petits détails qui ne sont sommes toutes perçus par personne ou presque. En ce qui me concerne, j’ai toujours senti un écho de mes propres sentiments chez cette fille et c’est une des raisons qui m’ont poussé à lui faire confiance a développer un profond lien d’amitié avec elle. Je savais également qu’un jour viendrai ou nous ferions toutes les deux tomber le masque, mais je ne pensais pas qu’il cacherait quelque chose d’aussi important et grave. Car oui, le rejet d’une famille brise une vie entière. Nous nous construisons par rapport à nos parents et notre entourage normalement alors je ne préfère même pas imaginer les stigmates laissés par la trahison des siens. C’est ce qui me pousse, ce profond sentiment d’injustice, à révéler à Risa ce que je ressens et lui assurer qu’elle peut compter sur moi que désormais je suis sa famille. Tout comme je suis convaincue, malgré sa culpabilité, qu’elle peut faire de grandes choses même au sein du camp « ennemi ». Le CAA peut être une mine d’information et grâce à son masque parfait elle peut leur mettre des bâtons dans les roues. Mais bien évidemment, ce n’est jamais assez pour mon amie. « Je sais Risa…mais si ce n’était pas toi la traqueuse… combien y en aurait-il de plus ? Tous ceux que tu as laissé partir… Quant à Blérim… tu n’y peux rien alors ne te blâme pas. En revanche, si tu pouvais lui passer un message ce serait vraiment génial. J’y ai pensé et repensé jour après jour et j’aimerais lui faire parvenir une lettre pour lui apprendre la nouvelle. Tu crois que tu pourrais aller le voir dans le cadre d’une enquête officiellement ? » J’espère vraiment que mon amie pourra m’aider sur ce point-là. Je dois bien avouer que cela m’aiderait un peu à me sentir « mieux ». Parce que d’une part il pourrait avoir ma lettre et apprendre la nouvelle, savoir que je pense fort à lui mais je pourrais également savoir qu’il va bien. Parce que c’est vraiment ce que j’espère.

L’espoir, je me demande si Risa peut le voir ma signature émotionnelle comme elle l’appelle. Quoi qu’il en soit, qu’elle lui apparaisse ou non, la description qu’elle m’en fait me donne le sourire. Tout simplement. Je n’ai pas l’impression d’être lumineuse pourtant en ce moment. Au contraire mon teint doit être bien terne et des cernes doivent faire un large contraste avec l’azur de mes yeux. Malgré tout, je me retrouve dans cette description, surtout grâce à l’espoir qui trace mon chemin à chaque seconde. Si je suis toujours ici aujourd’hui c’est grâce à lui et si j’avance c’est également grâce à lui. « Tu sais je ne m’en fais pas Risa. J’ai toujours vécu pleinement mon chagrin, sans retenu, j’ai certes laissé mes peurs m’envahir de longues années, mais l’espoir a toujours été mon moteur et je tiens à le conserver aussi longtemps que faire se peut. » je souris « et puis c’est tout ce qu’il me reste actuellement pour l’enfant qui grandit en moi. » j’ajoute finalement avec un air triste.

Cela dit, cela au fil de notre discussion j’ai eu une idée. Une idée qui pourrait nous sauver et nous camoufler tous les deux. Une idée dont je fais part à Risa. Je sais que je peux lui faire confiance dans tous les domaines et vu ses confidences je lui fais d’autant plus confiance. Je suis donc ravie lorsqu’elle appuie cette idée folle et qu’elle ajoute même pouvoir m’aider avec un hacker. C’est la voie royale ! Il ne me restera plus qu’à travailler mon discours aux yeux du monde. « Oui tu as raison et tu es vraiment une fille pleine de ressources ! Il va falloir que tu me donnes ton secret … » j’ajoute avec le sourire décidemment bien plus légère. J’en profite alors pour essuyer les dernières larmes abandonnées sur mes joues avant d’aller me rafraîchir et de lui ramener son cadeau. Un cadeau inspiré par Nell, une fille rencontrée au sommet d’une Tour. Cela fait très Raiponce dit comme ça !

Enfin, je ne peux m’empêcher de sourire lorsqu’elle me remercie puis de rire franchement lorsqu’elle me parle de peinture. « Mais je l’aime ma forêt ! Cela dit ce sera avec plaisir que je viendrai fureter dans ton antre pour t’aider à refaire la déco ! » Ca peut être un moyen de penser à autre chose parce que tous mes proches savent à quel point j’en ai besoin ces derniers temps. Terriblement besoin. « Il paraît que je suis assez manuelle. Je peux même te faire tes propres meubles si tu veux ! » j’ajoute. Mais surtout je pense à ce que je pourrai trouver chez elle qui pourrait m’en apprendre plus sur son jardin secret et sur ce qui la tracasse en ce moment même si jamais elle ne veut pas m’en parler…

Eureka ! J’ai le droit à l’explication. Et je n’en crois pas mes oreilles. Elle me demande de ne pas m’emballer mais c’est le meilleur moyen pour que je le fasse, là tout de suite, maintenant. « il » ? Elle est tombée amoureuse ! Ma Risa est tombée amoureuse ! Youhouuuu…..Non Cassy ne t’emballe pas… elle a dit de ne pas t’emballer alors tu l’écoutes ! Je secoue la tête pour revenir à la réalité. C’est la première fois, en plus, que je sens l’effet ravageur de mes hormones de grossesse. « Mais Risa t’es déprimanteeee… Tu as déjà oublié ce que je t’ai dit la dernière fois ? Laisse toi aller bon sang. Essaye au moins ! S’il est encore dans ta tête c’est bien pour une raison…. » au-delà du fait qu’il est probablement ton opposé et vice versa mais je vais évier de mentionner cette possibilité sinon je te vois paniquer d’ici… « Essayes de le revoir, essayes, pour une fois, d’écouter tes propres sentiments. Etre empathe ne t’interdit pas d’être heureuse. Tu as peut être la chance de trouver quelqu’un qui t’accepte telle que tu es alors pourquoi faire ta têtue comme ça ? » je lui lance faussement indignée.
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Posté le Sam 25 Aoû - 10:16.
Si ce n'est pas moi la traqueuse ? J'imagine qu'il y en a des autres comme moi. L'une des chasseuse possède un don de pistage, ça doit fonctionner comme mon empathie. Enfin, je n'en sais rien. Mais il est vrai qu'elle doit en attraper bien plus que moi et que certains que j'aurais laissé partir sont désormais enfermés au Ribcage. Cette constatation n'aide pas forcément. Je me sens déjà assez mal comme ça de traquer les miens, je ne veux pas qu'ils s'imaginent que je le fais de gaieté de cœur, parce que ce n'est vraiment pas le cas. Mon but n'est pas de nuire aux nôtres, mais surtout d'amener la justice. Si là ils sont coupable, alors je n'hésiterais jamais à les traquer ou les éliminer. Mais s'ils sont innocents, ils ont autant de droit que l'humain lambda. Je  me refuse à faire une quelconque différence. Quant à Blérim... disons qu'au fond je m'en veux, même si je ne suis pas responsable. Je ne peux pas m'empêcher. Je relève cependant la tête et lui souris quand elle me demande si je pourrais aller le voir dans le cadre d'une enquête. « Je pourrais. Ce n'est pas un problème. Je dois aller voir un vampire dans peu de temps, donc un loup, pourquoi pas. » Et je le ferais même si je n'ai rien à demandé, parce qu'elle a le droit au bonheur, peu importe ce que les gens peuvent dire des aberrations, moi je sais qu'elles ne sont pas toutes des problèmes. Je secoue la tête alors que l'idée de faire évader Blérim me trotte dans la tête. Depuis que j'ai remarqué à quel point il l'a rendait heureuse, j'ai envie de tout faire pour qu'ils se retrouvent. Surtout avec le bébé en route.

Mais bon, quel espoir je leur donnerais à faire ça franchement ? Qu'est-ce que je donnerais à cet enfant qui doit naître ? Il ne suffit pas de penser à une personne, non, il y en a plusieurs et elles ont toutes leur mot à dire. Voilà que je m'embrouille moi-même. Je soupire avant finalement de parler de son aura et de la tristesse qui la fait vibrer. Un sourire étire une nouvelle fois mes lèvres à sa réponse. « Je sais bien, mais il n'empêche que je vois beaucoup de chose et ça me démange parfois d'essayer d'arranger les choses quand même. Si seulement je pouvais manipuler les émotions, les atténuer un peu, histoire que ce soit moins dur. Je sais bien que les gens ont besoin de ressentir pour surmonter les épreuves. Il n'empêche que parfois, c'est bien trop et ça me perturbe plus qu'on ne pourrait le penser. » Je déteste voir des gens tristes. Ça me rend morose et je n'ai envie de rien faire d'autre que de rester dans mon coin en espérant très fort que les fragments de tristesse s'échappent et se transforment en espoir. Oui, l'espoir. C'est une couleur magnifique, une touche de rubis, vibrante de lumière et de bien être. Je crois que c'est le sentiment le plus beau qu'il m'ait été donné de voir. Je me souviens encore de l'espoir de cet femme pour l'homme qu'elle aimait. Oui, c'est le plus sentiment qu'il puisse y avoir, avec l'amour et l'amitié profonde. Je me sens un peu plus légère et les sujets de discussion s'enchaînent comme toujours avec Cassy.

Je rigole quand elle me demande mon secret. « Te faire enfermer au Ribcage pour ce que tu es, c'est pas mal comme façon de commencer à vouloir détourner la loi pour le meilleur et pas pour le pire. » Je ris toujours parce que c'est vrai que ma vendetta a commencé ici, dans ce Ribcage, parce que je refusais qu'on me vende pour ce que j'étais, alors que je n'avais jamais demander à naître avec ce don. « Hey la ville c'est pas si mal, surtout quand on cache sa vraie maison. » Je hausse un sourcil, je ne lui ai encore jamais dis que je cachais au CAA où je vivais réellement. L'ancienne maison que mon frère m'a légué est mon point d'attache, pourtant j'entre toujours dans une autre maison avant de descendre dans la cave et de rejoindre grâce au tunnel ma véritable maison. Ouais je sais c'est étrange, mais le CAA contrôle déjà tout un aspect de ma vie. Il est hors de question qu'il contrôle le reste. Je veux encore être certaine qu'il ne me retrouvera pas si je devais disparaître. C'est mieux comme ça. Je secoue la tête et reprends la conversation quand elle parle de meuble. « C'est gentil, mais les meubles de chez moi appartenait à mon frère et... C'est peut-être con, mais j'ai l'impression que ça me rapproche de lui de les garder. Et puis c'est du bois magnifique que j'ai poncé et vernis donc je pense qu'il tiendront le coup. Mais je garde en mémoire ta proposition. » Je souris doucement parce que je suis assez pénible sur ma maison. Je n'aime pas trop que qui que ce soit essaye de changer ce qu'il y a chez moi, tout simplement parce qu'il y a mon frère et moi dans cette maison d'une certaine façon.

Peut-être devrais je le détester autant que je hais mes parents. Mais je n'y arrive pas. Je l'ai vu quand j'ai été enfermé au Ribcage, il est venu une fois. Sa tristesse, sa colère, sa haine, tout ça faisait de lui quelqu'un à qui je ne pouvais que m'attacher. Il m'a toujours soutenu et même s'il est parti pour une raison que j'ignore, je l'aime toujours autant et je ne veux pas ne plus l'aimer. Il est mon frère et le restera. De plus grâce à lui, j'ai une maison et un compte en banque bien rempli. Je pourrais ne plus travailler si je le décidais. Je secoue la tête alors que la discussion dérive vers Joshua. J'en suis presque à grincer des dents alors que je la sens s'emballer. Ouais, je me doutais bien que ça allait arriver. Je grimace quand elle reprend la parole. Oui, voilà ce que je voulais éviter. Je ne dis rien, mais tire une tronche de six pieds de long. Elle n'y est pour rien, mais son enthousiasme n'est pas communicatif là ! « Je fais la tête parce que ce foutue mec est un ange ! » Ouais je sais bien, c'est débile de se borner pour ça, mais là, de suite, je n'arrive pas à relativiser. « Je suis censée les détester, pour tout ce qu'ils m'ont fait, pour ce qu'ils t'ont fait. Ils ont foutue notre vie en l'air Cassy. Comment est-ce que je pourrais passer au dessus de ça ? » Mais ce n'est pas la seule raison. « Je me souviens encore de la dernière fois où j'ai fais confiance à quelqu'un. Je me souviens encore de ce qu'il s'est passé. Mes poignets ressentent toujours les liens, l'humiliation est toujours présente dans ma tête, ce n'est pas comme si je pouvais effacer ce genre de chose. » Ce n'est pas comme si j'y arrivais. Mais le pire c'est surtout ce qui m'est venu en lisant les notes de mes vieux. « Mais le pire tu sais quoi. Avec tout ce qu'il se passe dans ma tête. J'ai peur qu'il soit.... » Même le dire c'est vraiment trop complexe. J'expire, prends une grande respiration et reprends. « Qu'il soit mon opposé. » Et voilà ça c'est dit. C'est le pire scénario qui pouvait m'arriver.


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Posté le Lun 27 Aoû - 22:49.
Je ne sais vraiment pas où tout cela va nous mener, me mener. J’ai peur pour l’avenir et je crois que je n’ai jamais été aussi terrifiée qu’en cet instant. Pourquoi ? Tout simplement car malgré la situation ‘aime déjà cet enfant qui pousse en moi et ça m’effraie. Mais par-dessus tout parce que tout est incertain désormais. Je dois faire mon possible pour protéger mon bébé et je risque de perdre totalement Blérim du jour au lendemain et moi d’être enfermée pour acte contre la Couronne avec notre association pro-aberrations. Je sais faire attention, ce n’est pas un problème, mais on est à l’abri de rien de nos jours. Rien.  Je soupire et me lance alors. Je lui demande si elle peut aller voir Blérim pour moi. Lui passer une lettre discrètement, savoir comment il va, s’il est bien traité ou non. J’ai besoin d’être rassurée. Histoire de ne pas dormir encore une fois avec sa chemise dans les bras et mon esprit pleins de questions.  Aussi, je suis soulagée quand elle me répond par la positive. Tout ce que je fais c’est de la serrer dans mes bras en lui soufflant un merci du fond du cœur au creux de l’oreille. Je l’aime ma Risa ! Si elle savait à quel point elle est importante pour moi. Je ne sais juste pas l’exprimer. J’espère qu’elle le ressent au travers de mes émotions.

Les émotions. Celles que Risa voit aussi bien qu’elle ressent. Je trouve son don franchement fascinant même si je suis consciente que cela relève plus du fardeau que du don. Quoi que Risa serait perdue sans son empathie, j’en suis certaine. En revanche, je n’aime pas la frustration qu’elle ressent face à son inaction. Elle sait qu’elle ne peut pas agit sur les émotions des autres. Je comprends sa frustration mais …  « Tu devrais utiliser tout l’espoir que tu as en toi pour surpasser la tristesse que tu perçois chez les autres. Parce qu’à la tristesse suit souvent, très souvent la joie. Une fois qu’on est en bas on ne peut que remonter. » j’ajoute avec un sourire doux. Et je sais que ce sera également mon cas, quoi qu’il arrive. Je suis aujourd’hui au plus bas alors je ne peux que remonter. La seule question est quand ?

Avec Risa à mes côtés, je suis convaincue que cela arrivera plus vite que prévu. Il s’avère qu’elle est pleine de ressources. Je me demande d’ailleurs sincèrement comment elle fait pour avoir toujours une carte à jouer. Sa réponse me refroidie néanmoins quelque peu. Je trouve sa situation vraiment horrible et j’ai de la colère envers sa famille que je ne connais pas. Nous avons une famille tellement différente l’une et l’autre, comment est-ce possible ? Honnêtement ? Enfin tout ça pour dire que je me contente de hocher la tête avec une mine désolée accrochée au visage.

Puis finalement, ma meilleure amie me propose de l’aider à repeindre son antre. Je me rends compte, alors, que je ne suis jamais allée chez elle. C’est étrange et en même temps vu qu’elle est agent du CAA, cela ne m’étonne guère. Surtout connaissant son caractère en partie du moins. Car même pour moi qui suis proche d’elle, il est difficile de savoir quand Risa laisse tomber entièrement le masque ou non.  « Tu caches ta maison ? Comment tu fais ? Genre Harry Potter avec une baguette magique ? » La Révélation a peut-être omis certaines choses après tout… J’en sais rien moi.   « Mais sinon non la ville c’est définitivement pas pour moi. Au-delà de mon agoraphobie, c’est la Nature, elle me manquerait trop, j’ai réellement besoin d’elle pour me sentir bien. C’est mon côté Elfe… » j’ajoute en souriant. Je lui propose même de lui fabriquer ses propres meubles mais je comprends son refus. Le côté sentimental des choses, je ne peux que le comprendre. C’est quelque chose qui ne se contrôle pas et souvent parce que l’objet est la seule chose qui nous rattache à la personne perdue. A nouveau, je hoche la tête en signe de compréhension.

Avec Risa, les sujets s’enchaînent si bien qu’on pourrait en avoir la tête qui tourne si l’on cherchait le sujet de conversation initial. Elle me demande alors de ne pas m’emballer ou comment provoquer la réaction totalement opposée ! Mais je vois mon amie faire vraiment une tête … j’hésite entre colérique ou désemparée… alors je me ressaisie un petit peu. Et en fait je me ressaisie même totalement lorsqu’elle dit le mot « ange ». Bordel fallait-il vraiment que ce soit un ange ? Il y a tant de monde sur cette fichue planète il faut que ce soit un ange. Je hais les anges. Je sais que je laisse une chance à tout le monde et je le fais bien avec Joshua avec qu’il est un ange, mais dehors il y a les coupables de l’incendie et je me dis qu’à ce rythme un jour on tombera dessus. Mais je comprends mieux la détresse de Risa du coup.  Et elle continue les coups en m’avouant penser qu’il est son opposé. Ah bah moi qui n’osais pas évoquer cette éventualité, voilà qui est fait. Je me sens… nauséeuse. Non pas par l’annonce hein, mais vraiment nauséeuse. Alors je cours aux toilettes. Bordel un Ange ! Un Ange opposé ! Voilà ce qui tourne dans ma tête alors que je renvoie mon petit déjeuner aux oubliettes. Et lorsque j’en ai fini avec mon estomac et que je me suis rafraîchie à nouveau le vissage je rejoins à nouveau Risa et j’enchaîne. « Désolée. Nausée. Non mais Risa, au pire tous les anges ne sont pas pourris… j’ai laissé le bénéfice du doute à mon patron, tu sais celui pour qui je fais du baby-sitting, et il semble être un ange différent de ceux que nous avons croisés… Essayes de mettre de côté ta rancune pour apprendre à le connaître, doucement, puis lorsque tu auras assez d’informations envisage les autres. Quant au lien d’opposé, je ne sais pas trop quoi te dire je dois bien l’avouer. J’espère juste qu’il est meilleur que ce que tu peux penser pour vivre pleinement ce lien par la suite. On m’a toujours dit qu’il était fantastique, presqu’irréel et incroyablement salvateur. … Tu l’as rencontré comment ? » je finis alors par demander curieuse.
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Posté le Lun 3 Sep - 17:40.
Je savais que cette discussion n'allait pas être simple et surtout qu'elle amènerait des choses sur le tapis que je n'avais pas envie d'amener. Ce n'est pas tant que je n'ai pas envie d'en parler. Honnêtement, ça ne me dérange pas du tout de dire ce que je dois dire. Le souci dans toute cette histoire, c'est qu'il y a la théorie et la pratique. Il y a les choses que je peux dire et celle que je ne peux pas. Expliquer mon don, c'est comme nager en eaux troubles. On a l'impression de savoir où on va, jusqu'au moment où on se rencontre qu'on s'est trompé de route et qu'on est perdu. Ou alors jusqu'au moment où on se rend compte que ce qu'on croyait connaître, n'est rien face à l'immensité de quelque chose de plus énorme. C'est tellement différent de ressentir et d'en parler. Ce que je vois, ce que je ressens, c'est dix fois ce que je peux dire avec des mots. Comment décririez-vous la tristesse ? Vous pourriez dire que le cœur se sert, que l'on a plus envie de rien, que les larmes s'écoulent lentement sans qu'on ne puisse rien y faire. Est-ce que cela rend réellement justice à ce que vous ressentez quand vous êtes triste ? Même pas à moitié. La tristesse prend tellement de forme qu'on ne peut même pas décrire le sentiment, sans se dire qu'il en manque. Je sais à quoi correspond chaque sentiment et pourtant... C'est comme si ce monde m'était connu et en même temps étranger. Je m'en rend compte ces derniers temps, alors que la foule semble toujours plus agité, alors que le monde change et que Bristol se transforme en un énorme croque-mitaine. Comment faire pour que tout change ? La question est bonne, elle est même très bonne et pourtant, je n'en ai pas la réponse. Je me contente de suivre le mouve comme dise les jeunes.

Pourtant, j'aimerais tellement faire plus. Ce don est quelque chose de profondément intense. Contrairement à ceux qui ne voient qu'avec leur yeux, mon cœur est bien plus utile. Je peux savoir si on me ment, si on me cache quelque chose, où si le mal s'est insinué sans que la personne ne s'en rende compte, ou alors qu'elle s'en est rendu compte. Je me sens frustrée et tellement pas dans le ton. J'aimerais tellement pouvoir faire plus que ce que les gens s'attendent de moi. Pourtant, je me retrouve bloquée. Obligée de regarder le monde se délité au fur et à mesure que le temps passe, chercher des solutions à des problèmes qui ne peuvent pas être réellement résolu. Je me sens perdue, tellement que ça en devient un sacerdoce. Je relève cependant la tête à la mention de Cassy. Elle veut aider, je comprends parfaitement ce qu'elle dit, mais le monde ne fonctionne pas toujours dans ce sens. « Tout ceux qui sont en bas ne remonte pas. Crois-moi, certains ne font que creuser plus bas, encore et encore. Ce n'est pas parce que vous ne voyez pas qu'il n'y a rien. Pas plus tard qu'aujourd'hui, j'ai rencontré quelqu'un dans la rue. Belle, douce et calme. Un sourire sur les lèvres et un mot gentil pour tout le monde. Elle a aider une vieille dame à traversé. Tout le monde s'est dit qu'elle devait avoir une belle vie pour sourire ainsi. Il n'en est rien, elle est au fond du gouffre et ne s'en sort pas. » Je soupire un instant, porte mon regard et me remémore ces moments où je me perds dans la foule. « Le monde change et pas en bien. Bristol s'agite à la vue de tout le monde et le cœur des hommes faiblit. Il n'arrive plus à pomper l'énergie qu'il faudrait pour subsister par lui même. Avant, il pouvait compter sur son entourage, il se régénérait aux sentiments des autres. Mais aujourd'hui, les sentiments sont corrompus, vide, faux, et terriblement seul. »

C'est l'impression que cela donne dans mon monde. L'espoir est mince, bien trop mince pour submerger l'angoisse, la douleur, la peur, la déraison, le besoin, l'envie et tant d'autres encore. C'est comme si la boite de pandore était ouverte et qu'elle déversait sans discontinuer les maux dont le monde n'a pas besoin. Une empathe ne peut pas faire grand chose contre ça, mais je pense que le fait que l'incertitude du lendemain y est pour beaucoup. De quoi seront fait nos lendemains ? Qui sera encore en vie ? On ne cesse d'agiter le surnaturel devant le nez des gens, mais ce n'est pas les capacités qui font de ce monde ce qu'il est. Non, c'est l'ambition et le besoin de pouvoir de certaine personnes qui nous ont menés à ce que nous sommes aujourd'hui. Je me rends compte que je file dans mes réflexions loin d'être agréable et qu'il serait temps que j'arrête de broyer tout ce noir. Un sourire s'affiche finalement sur mes lèvres et nous parlons d'autre chose, comme de ma maison. « Non, ce n'est pas comme Harry Potter. Disons que mon frère en partant m'a laissé une maison. Une maison qui n'était pas à son nom et pas au mien, mais qui lui appartenait. Il avait fait en sorte d'être anonyme parce qu'il avait visiblement prévu de me faire sortir du Ribcage quoi qu'il arrive. Quand je suis enfin sortie, je me suis rendue compte qu'il allait me falloir un endroit. Mais je ne voulais pas utiliser cette maison officiellement. Le CAA m'avait déjà pris ma liberté, il était hors de question qu'il prenne autre chose. Alors avec l'argent que j'avais de côté, j'ai acheté une petite maison, non loin de celle de mon frère. Et j'ai aménager un tunnel vers celle que j'habite actuellement. » Disons que c'est compliqué à expliqué et ça m'a demandé du temps.

Je souris doucement. « J'avais envie de vivre dans un endroit que je saurais non surveillé. J'ai envie d'avoir une vie à moi et pas seulement un semblant de vie, tu comprends ? » Je ne doute pas qu'elle comprenne au fond. « De toute façon honnêtement, je ne te vois pas vivre en ville. » Pas qu'elle soit trop fragile, mais comme elle le dit, j'aurais l'impression de la voir se faner si elle devait un jour vivre en ville. Je soupire de nouveau et bien évidemment, nous arrivons finalement au sujet que j'ai botter en touche dés mon arrivée. Ce foutue ange qui a trouvé sa place dans mon esprit et qui ne cesse d'y rester, se faisant limite un petit lit dans un coin de ma tête avec oreiller et couette carrément. Je ne sais pas si j'y arriverais. Je sais que ne pourrais plus l'occulter bien longtemps. Je me sens triste et seule sans l'avoir vu depuis longtemps. J'ai l'impression qu'il manque quelque chose, comme un morceau partie trop loin. Perdue dans mes pensées, je vois à peine Cassy courir vers les toilettes. L'entendre me donne soudain moins envie d'avoir un enfant... Je secoue la tête alors qu'elle revient pleine d'entrain, s'excusant et avec une explication on ne peut plus étrange. « Rahhh pouvoir fallait que ça m'arrive à moi sérieusement ? J'ai pas eu une vie assez pourris ? Fallait en plus que le destin se fou de ma gueule en me collant un ange dans les pattes ? Et puis quoi encore. » J'ai pas envie d'avoir un opposé, je suis tout le temps emmerder par des pénibles, et maintenant un opposé ? Sérieusement. DESTIN DE MERDE ! Bon même si c'est que dans ma tête, ça fait du bien. « Sur une affaire. Je cherchais un coupable et il avait des informations. Un véritable fouineur de première ! Honnêtement, je l'ai limite insulté la première fois qu'il a ouvert la bouche. Et j'ai regretté la première fois que j'ai regardé dans ses yeux. » Si bleu que je m'y suis perdue dedans... « Purée Cassy. Ça crains. Je veux pas tomber amoureuse d'un type qui ne m'aimera très probablement pas en retour. Et puis je sais pas si je pourrais passer au dessus de tout ce qui s'est passé avec les anges. » Parce qu'au fond, tout ce bordel aujourd'hui, c'est à cause d'eux et c'est aussi à cause d'eux que j'ai faillit ne jamais la connaître. Comment passer au dessus de ça ?


Dernière édition par Risa Stroke le Dim 14 Oct - 22:02, édité 1 fois
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Posté le Jeu 6 Sep - 9:22.
La vie est un entrelacs d’événements provoquant toutes sortes des émotions auxquelles nous sommes bien souvent soumis. Car même si nous avons la conviction de maîtriser certaines de nos émotions le fait même de les maîtriser c’est y être soumis. Et puis il y a bien trop de subtilités dans notre vie pour que nous puissions être le maître de nos émotions. Elles sont parfois plus fortes que toute notre raison au point même de nous faire sombrer si profond qu’on ne possède plus aucun moyen de refaire surface. J’en suis bien consciente et Risa, de par ses mots, me rappelle cet état de fait que je préfère oublier pour ne pas me sentir trop démoralisée, trop perdue dans cette vie qui m’a déjà faite traverser bien des épreuves.  Et je suis une Elfe, je suis amenée à vivre bien plus longtemps que la moyenne humaine. Alors imaginez à quel point je m’évertue à essayer de voir le positif pour ne pas déjà être moralement six pieds sous terre.

En revanche, voir l’état de Risa qui me compte ce qu’elle a pu voir, ou du moins ressentir me brise le cœur. J’aimerais pouvoir l’aider et récupérer son fardeau pour lui laisser un peu de répit mais j’en suis incapable. Tout comme elle ne peut prendre pour elle les émotions des autres, car c’est au travers de ces dernières que nous nous construisons tous. « Je ne peux même pas imaginer, je crois, l’intensité des émotions négatives que tu ressens. Mais tu n’y peux rien, tu ne devrais pas te focaliser sur une cause perdue tu risquerais de t’y perdre toi aussi. » car oui j’ai peur que mon amie parte si loin dans l’exploration des émotions des autres qu’elle finisse par ne plus savoir distinguer ce qui vient d’elle ou d’autrui. Qu’elle se perde au point de ne plus vivre ses propres émotions. Je me demande si ce n’est pas déjà parfois le cas. En tout cas, si je lui dis ces mots c’est pour la protéger avant tout car j’imagine bien à quel point il est difficile de ne pas écouter son instinct, en revanche ça je l’imagine même très bien.  « en même temps regarde ce que le monde extérieur fait de nous. Nous sommes en temps de guerre qu’on le veuille ou non et l’Etat pervertit nos cœurs en polluant nos esprits de fausses pensées. Il règne par la terreur au lieu de prôner l’égalitarisme et la tolérance. Les discours négatifs engendrent les sentiments négatifs qu’on le veuille ou non. » Et cela va bien au-delà de cette simple constatation.

Quand je vois notre quotidien, notre passé également, je me dis que nous  sommes réellement des personnes fortes car malgré tout nous sommes là, l’une en face de l’autre en train de discuter tranquillement, submergées par nos émotions aussi différentes soient-elles quand d’autres s’enferment, se murent dans le silence et s’oublient.

Nous luttons à ce point contre l’ombre de notre vie qu’il nous ait même possible de changer de sujet comme de chemise et d’en aborder des plus légers comme la décoration de sa maison. Une maison visiblement gardée secrète.  J’écoute alors son explication vu qu’elle a piqué ma curiosité. Je suis déçue que l’idée n’ait pas plus de magie ! Malgré tout je comprends tout à fait qu’elle veuille un semblant de liberté, qui ne le voudrait pas ? J’ai changé falsifié mes papiers pour ça… et je ne demande que la même chose pour Blérim désormais… « Ton frère devait beaucoup t’aimer pour penser à ça ? » dis-je dans mes pensées sans réellement réaliser que je le dis à voix haute.  « Tu fais des aménagements dignes d’une résistance dis donc ! » J’ai hâte de voir ledit tunnel. Mais elle n’a pas du chômer ça c’est certain. En revanche, je me demande vraiment ce qu’est son quotidien et ce qu’il pourrait lui arriver si le CAA découvrait cette maison. Je ne pense pas que qui que ce soit, soit en danger, toutefois, l’idée me stress quelque peu.  « T’imagines même pas ! Ca me donnerait de l’urticaire d’être trop proche de la civilisation ! » j’ajoute en souriant. Sans rire, les rares fois o je m’aventure en ville, je me sens pas bien. Alors peut être que ces derniers temps c’est dû à la grossesse, mais déjà toute petite, je n’étais pas à l’aise près des hommes et de leur technologie, pollution et j’en passe… Alors aujourd’hui… Et puis franchement, la Nature nous apporte tellement plus que tout ce béton… Enfin, je sais que Risa me comprend, tout comme je la comprends concernant sa maison. Car finalement, notre chez nous est la seule chose que l’on peut un tant soit peu contrôler. C’est notre cocon, là où on est censé se sentir en sécurité. Bien que dans le monde actuel nous ne le sommes nulle part.

La preuve même les gens que nous côtoyons ou que nous sommes amenés à côtoyer peuvent être nos pires ennemis. Et ceux que nous jugeons comme tel peuvent se révéler être nos meilleurs atouts. C’est pourquoi, après un énième passage aux toilettes, mais beaucoup plus légère cette fois-ci, je suggère à Risa de prendre le temps de lui laisser le bénéfice du doute. Apprendre à le connaître, écouter ses intentions, ses espoirs, ses ambitions pour le juger ensuite. Et après seulement aviser. Car on ne peut pas se débarrasser d’un opposé et je n’ai franchement pas envie que ma meilleure amie soit mal toute sa vie à cause d’un opposé indigne.

« Attends, attends, viens par-là » je lui tends la main, prends la sienne et la tire vers le canapé pour que nous nous installions plus confortablement. J’ai besoin d’un petit cocon à cet instant précis. « J’imagine à quel point cela peut te faire peur et l’agacement que tu peux sentir, mais essayes de voir les choses autrement. Tu sais que tu ne peux pas te défaire d’un opposé ? Il est tellement lié à ton âme que celle-ci pleure à son éloignement, saigne en même temps que celle de l’autre… et j’en passe. Alors ne crois-tu pas que le mieux est d’accepter ce lien et de faire en sorte qu’il fasse le moins de dégâts possibles ? Au moins dans un premier temps. Je sais que c’est injuste, il y a déjà tant de choses dans ce monde que nous ne pouvons pas choisir sans risquer la mort, l’enfermement, la torture et j’en passe, alors avoir cette chose en plus… j’imagine très bien l’injuste Mais je ne veux pas que tu souffres ma sœur de cœur. » bon par contre la description qu’elle fait de ce type ressemble étrangement à celle de Joshua : fouineur et donne l’envie de le taper à peine il ouvre la bouche.  Oui c’est à peu près ce que j’ai noté de plus flagrant chez mon patron bien que j’ai le don incroyable de toujours laisser le bénéfice du doute, alors pour le moment il est à l’épreuve et surtout je ne peux pas laisser son fils sans nounou à la merci de n’importe qui.  « Tu voudras bien me le présenter ? Et moi faudrait que je te présente mon patron, il m’a aidé à revoir mon opinion sur les anges » Et après plusieurs mentions de mon patron PANIQUE ! « MON DIEU ! Va falloir que je le prévienne pour ma grossesse !!  Et je sais même pas à combien de mois je suis… comment… je… » et voilà le bug complet de Cassandra Cicéron qui panique à nouveau.  « Et je dois garder le petit demain, tu crois que je dois lui dire demain ? Ah non il ne faut pas… si jamais je fais une fausse couche ce serait con ! C’est à comien de mois qu’on est tenus de prévenir l’employeur, tu le sais toi Risa ? » je demande finalement en la regardant et en me rendant compte que je me suis emballée oubliant complètement ce que j’étais en train de lui dire. « Ohh je suis désolée Risa ! Je ne voulais pas… » partir dans tous les sens ? Monopoliser la conversation ? Changer d’humeur en cinq secondes top chrono ?  Un peu tout en même temps ?
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Posté le Mer 12 Sep - 20:47.
Venir ici signifie s'ouvrir. J'en ai parfaitement conscience et c'est souvent pour ça que je viens ici. Non seulement parce que je ne garde jamais mon masque en présence de Cassy, mais aussi parce que je sais qu'elle met le doigt sur mes conneries le plus souvent avec gentillesse, même si parfois une bonne baffe ne me ferait pas de mal ! J'ai tendance à m'embourber moi-même et au fond par moment, ce n'est pas plus mal. Je sais bien ce que les gens vont s'imaginer : cette fille est pas nette, personne n'aimerait qu'on la laisse s'enfoncer. Et pourtant, il m'arrive parfois de le souhaiter. Pas juste pour le plaisir, mais que pour une fois, je me rende compte de ce que je vis, de ce qu'il m'arrive à moi et pas aux autres. Le problème de cet empathie et de ma vie vouée aux autres, c'est que je ne fais plus attention à moi, d'un autre côté, je crains fort de n'avoir jamais réellement fait attention à qui j'étais. Depuis que j'ai découvert mon don, je me retrouvée ensevelis sous la masse de sentiment de la foule. Dans mon cœur et dans ma tête, il n'y avait plus seulement moi, il y avait les autres et moi. Comment faire pour sortir de la masse ? Tout le monde se pose la question. Parfois, il suffit d'un peu plus d'intelligence, d'un peu d'ingéniosité, d'une touche de caractère. J'ai en partie cela. J'ai un caractère trempé au fer blanc, je suis plutôt logique et même si je manque d'imagination par moment, je suis douée dans ce que je fais. Pourtant, je ne sors pas de la masse, pas parce que je ne suis pas exceptionnelle, mais parce que je n'arrive plus à me dissocier des autres. À trop vouloir aider et ressentir le monde pour être en phase avec lui, j'ai perdu ma propre identité, je ne sais plus qui je suis.

La preuve en est. Alors que Cassy parle d'espoir en moi, je ne parle que des autres, de ce qui les mets plus bas que terre. Quand suis-je devenue eux ? Quand ai-je cessé d'être Risa pour être la foule ? Je n'en sais rien, mais je me rends compte aujourd'hui qu'elle a raison de pointer tout cela du doigt, et parce que ce n'est pas brutale ou pas confrontation direct, je me rends compte bien plus facilement, que tous mes raisonnement se base sur la foule, sur le monde. « Tu as raison, parce que je crois bien d'être à moitié perdu. » Du moment où je me suis rendue compte que dans ma tête toute mon empathie était dirigé vers la foule, plus rien ne pouvait entrer dans mon cœur. Pourtant je suis là, j'éprouve des émotions. Peut-être serait-il temps que j'arrête de ne vouloir que sauver le monde et de penser un peu à me préserver moi. « C'est certains, pourtant l'état ne fait pas tout. La peur de l'humanité envers nous est bien réelle. L'Humanité a ce défaut de ne pas savoir partager et de vouloir régner en maître sur ce qu'elle estime être à elle. Du moment où Réversa a été révélé, où le havre de paix que nous avions réussit à garder tant bien que mal a disparu, il n'est plus resté que la peur de l'inconnu et les jugements intempestif. » Je souris vaguement, triste de ce que tout cela me montre. « Je peux comprendre la peur, je peux comprendre l'angoisse de ne pas savoir, mais personne n'a voulu nous écouter. On nous a parqué comme des animaux de foire. Catalogué comme dangerosité, alors que certains d'entre nous vivaient déjà avec les humains sans de souci. Je crois que je ne comprendrais jamais les simple Homme qui se contente de nous haïr et se laisse embobiner par le gouvernement. »

Nous ne demandons qu'à vivre tranquillement. La plupart d'entre nous ne sont même pas violent. Je suis dans les forces de l'ordre et je ne suis pas la seule. Qui peut juger alors que les trois quarts des meurtriers qu'on attrape ces derniers temps sont des humains, sans pouvoir, sans connaître Réversa. L'Homme a toujours été un danger pour lui-même et bien évidemment il reporte ses frustrations sur ce qu'il ne connaît pas. Je secoue la tête, penser à ça me rend maussade et je n'ai pas envie. Alors je parle de ma maison, enfin de celle cachée. Comme un trompe l'œil au fond. Je parle aussi de mon frère parce que c'est grâce à lui que tout ça a vu le jour et quand Cassy me dit qu'il devait beaucoup m'aimer, je reste perplexe malgré moi. « Honnêtement, je n'en sais rien. Mon frère... Il a disparut quand mon don est apparu. Comme s'il cherchait à me fuir et il est revenu deux semaines plus tard, un sourire sur le visage, comme si rien ne s'était passé. » Je souris tristement, il me manque tellement. « Je n'ai jamais pu percer la couche de ses sentiments, sans comprendre pourquoi. Pourtant, avec les années, j'ai eu de l'expérience, mais c'est comme si son cœur m'était fermé, pour une raison que j'ignore. Je lui en ai longtemps voulu d'être partie quand j'ai été enfermé au Ribcage, je pensais qu'il en était aussi responsable. Pourtant, quand j'ai reçu la lettre et ce qu'elle impliquait, j'ai su de suite qu'il ne m'avait pas vendu et qu'il avait au contraire tout fait pour me mettre à l'abri avant le déluge. J'ai peur qu'il n'ait travaillé avec le conseil. Tant qu'il ne reviendra pas, je n'en serais pas plus. » Un léger sourire.

J'aimerais tellement le revoir, pouvoir le serrer dans mes bras. Lui dire que la vie n'a pas été de tout repos quand il n'était plus là. J'aimerais tellement lui montrer ce que je suis devenue, lui prouver que j'ai changé et que je peux être digne de sa confiance, que je peux redevenir la sœur qu'il a toujours connu. Mais je ne connais aucune de ses raisons, alors tant que je ne saurais rien, je vais me contenter de penser à lui, d'espérer qu'il va bien et surtout d'espérer qu'il reviendra un jour. « Et oui, je veux rester maître de ma propre vie, malgré la laisse du CAA » Je ne veux pas devenir esclave à cause de ce que je suis et de ce que je peux faire. Je refuse de n'être qu'un outil au service d'un gouvernement qui compte nous contrôler sans même nous laisser l'occasion d'être ce que nous sommes. Je ricane quand elle parle d'urticaire et bien évidemment, la suite de la conversation se corse. Je suis venue pour du repos, mais au fond, je savais parfaitement que ça ne fonctionnerait pas. Cette connexion entre lui et moi, parce que c'est de cela qu'il s'agit. Le fait qu'il soit dans ma tête constamment, ça ne peut qu'être ça et ça me rend malade d'imaginer être lié à un ange. Pourtant, sans l'avouer, je désire être proche de lui. Ça craint, mon dieu ça craint, parce que cette sensation n'est pas dû au lien d'opposé, j'en suis certaine. Je suis ma meilleure amie sans me poser de question, m'assois sur le canapé et repli me genoux pour les entourer de mes bras. En ce moment, j'ai l'impression d'être une enfant qui a besoin qu'on la rassure. « De toute façon ce n'est pas comme si j'avais le choix hein. C'est ça qui me bouffe, le fait de ne pas avoir le choix, de me sentir obligé d'accepter. Tout comme ce don, le Ribcage, j'ai l'impression qu'on m'impose quelque chose. Mais tu sais le pire dans tout ça ... »

Parce qu'il y a pire que ce lien d'opposé. « Dés la première minute où il a ouvert la bouche, où il m'a gonflé, où il a fait son charmeur et a essayé de retourner la situation à son avantage. Dés l'instant où j'ai croisé son regard, j'ai eu envie d'en savoir plus. Au delà du lien d'opposé il a réussi à réveillé cette partie cachée, que je pensais enfouie à jamais de ce cœur trop plein de sentiments extérieurs. Alors que je me perdais toujours dans la foule, dans ce regard qu'il a posé sur moi, il n'y avait plus que cela : moi. Et c'est ça qui me fiche le plus la trouille. » Me dire que je peux aimer de nouveau, me dire que c'est un ange qui me l'a fait remarqué, et me dire que cet ange, est peut-être bien mon opposé et que le destin a une drôle de façon de gérer ses ouailles ! Je secoue la tête. Dire que cet enfoiré s'est infiltré dans les failles de mon cœur de glace n'est pas rien, il a carrément fait exploser cette putain de carapace et ça crains, vraiment ça crains. Je finis par me taire, ne plus rien dire, jusqu'à ce qu'elle me demande de lui présenter. Eh bien... J'en sais rien... Au fond je vais devoir le revoir, mais tout de suite j'en sais rien. J'aimerais plutôt en savoir plus sur lui avant de mettre Cassy et son bébé peut-être lycan devant son nez ! Je n'ai cependant pas le temps de lui dire ça qu'elle reprend en parlant de son patron. Et la mode panique, elle commence à parler toute seule. Je me peux m'empêcher de sourire.

C'est tellement amusant de la voir quand elle fait ça que je me tais et peine à garder le ricanement qui commence à monter alors qu'elle continue son monologue comme si je n'étais plus là. C'est tellement elle tout ça qu'au moment où elle s'excuse j'explose littéralement de rire. Mon dieu que ça fait du bien de se sentir légère comme ça ne serait qu'un instant. Je suis toujours en mode fou rire alors que je me rends compte que ce n'est pas très poli. Je finis par me calmer un peu et arriver à parler au bout de cinq bonne minutes. « Pardon, mais c'est tellement drôle quand tu pars en live et ça fait du bien de rire franchement. » Je souris doucement. « Honnêtement, ce n'est pas grave, je t'assure, si je suis venue c'est aussi parce que j'ai besoin de ta légèreté et que ça me fait un bien fou. » Surtout avec tout ce qui nous tombe sur le nez. « Pour ce qui est de combien de moi, il me semble que c'est trois-quatre mois. Histoire qu'il puisse faire des recherches pour te remplacer le temps de ta grossesses et après trois mois généralement les risques de fausses couches sont moindres. Enfin à ce qu'il paraît, personnellement j'y connais rien. » Je n'ai jamais eux de bébé moi. « Et pour te présenter mon opposé, je crois que je vais attendre, je ne sais pas encore s'il est fiable et justement avec ce bébé qui pourrait être un petit loup, je veux pas t'exposer inutilement aux regards d'un ange qui pourrait être du conseil et te vouloir du mal. » Parce que ce serait compliqué pour moi. Choisir entre un opposé et une meilleure amie, le choix cornélien ! « Mais je serais ravie de rencontrer ton patron. » J'ajoute avec un sourire et ça me permettra de voir si ce type est un homme bien !


Dernière édition par Risa Stroke le Dim 14 Oct - 22:04, édité 1 fois
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Posté le Mer 26 Sep - 23:25.
J’ai toujours dit à Risa qu’elle était la bienvenue à la maison. Il y règne une certaine sérénité depuis un moment qu’elle semble apprécier puis surtout au fil du temps nous avons pris l’habitude d’échanger sur  toutes sortes de sujets mais rarement elle parle de ses propres sentiments. Il est vrai, du coup, que j’ai de plus en plus peur qu’elle ne se perde à toujours ressentir pour les autres. Elle s’oublie et ne finit par vivre qu’à travers autrui. Autant dire qu’il ne s’agit pas d’un mode de vie très sain.  Je la vois qui s’enfonce sans parvenir à la prévenir, à lui montrer qu’elle dérive. C’est compliqué de parler de sentiments lorsque l’on gère très mal les siens.  Pourtant, quand je la vois réfuter toute idée d’espoir, l’inquiétude se fait plus importante et je lâche finalement ce que je pense de manière brute, sans filtre. Je reste pourtant douce avec ma meilleure amie car elle mérite cette douceur. Mais elle mérite aussi qu’on prenne soin d’elle comme elle prend soin des autres. Il n’y a qu’à voir, alors qu’elle est arrivée ici, me voyant mal, elle a mis son propre mal être de côté pour me faire passer avant elle. Mais j’aurais préféré qu’il en soit autrement personnellement. Parce que comme elle, j’aime prendre soin des autres, surtout de mes amis, mais particulièrement parce que j’ai aussi l’occasion de m’occuper de moi.

« On va te trouver une carte pour que tu puisses retrouver ton chemin. » dis-je alors en souriant. « Plus sérieusement, prend l’occasion de venir à la maison pour te reposer sur moi… Tu veux bien ? Et laisse-moi aussi m’occuper de toi comme tu t’occupes de moi, d’accord ? »

Et même si elle hésite je le ferai tout de même. Notre amitié ne doit pas aller que dans un sens. Je refuse. Je ne suis pas ce genre de personne qui prend tout et ne donne rien. Je n’ai jamais été comme ça. Je n’aurais pas exercé un métier altruiste sinon. Je n’aiderais pas les inconnus dans la rue quand je les croise en détresse. Alors ma meilleure amie a intérêt de me laisser faire sinon je vais l’y forcer ! Stop désormais !

« Les hommes ont toujours agis de la même manière. Ils n’apprennent rien des erreurs du passé et se contentent de les réitérer en se laissant mener par leurs peurs et leurs faiblesses. Je ne les comprendrai jamais et je crois que je ne cherche plus d’explication désormais. Il faut juste que l’on apprenne à vivre avec et essayer de faire changer les opinions. Tu sais, je vais peut-être me rabâcher mais c’est comme mon combat pour les animaux. Au début on me riait au nez lorsque je disais être végétalienne pour le bien-être animal et maintenant, il y a des associations qui luttent pour faire voter des lois en leur faveur. Quand je te dis que l’espoir et le maître mot. Il faut de la patience et se lancer sur la grande route, certes, mais il faut aussi espérer. Sans l’espoir il ne sert à rien d’avancer. »

J’en aurais des tonnes de choses à dire sur la race humaine et pourtant, je sens qu’il faut cesser là le discours que nous avons lancé. Non seulement il est déprimant mais discuter des choix des hommes ne nous aidera pas à avancer et à changer l’avenir.  De plus, cette journée est bien trop maussade pour en rajouter une couche. Je suis donc bien contente que Risa dirige la discussion vers sa maison et son frère. Sauf qu’encore une fois je mets les pieds dans le plat. Je n’imaginais pas du tout que son frère ait pu la fuir pile au mauvais moment. Mais comme elle le souligne elle ne sait rien et il ‘est pas là pour confirmer ou infirmer les hypothèses qu’elle fait.  « Tu as raison d’attendre qu’il te dise les choses. Supputer dans le vide ne ferait qu’embourber ton esprit dans un tas d’hypothèses non vérifiées et ça te hanterait bien trop… Malgré tout, de mon point de vue s’il t’a laissé une maison c’est tout de même qu’il pensait à ta sécurité et à ta liberté.  Vois le bon côté des choses, tu as ton antre à toi toute seule maintenant. » Oui je sais que j’ai cette innocente façon de toujours positiver même dans le pire des moments, mais surtout lorsqu’il s’agit des autres. Me concernant, bah vous voyez dans quel état j’étais avant que Risa n’arrive et même alors que je lui parlais de mes problèmes du moment. Je récupère d’ailleurs automatiquement la chemise de Blérim que j’ai laissé sur le rebord de la chaise avant de partir aux toilettes la première fois.  « Ton frère t’a permis d’être hors de contrôle du CAA , c’est tout de même un beau cadeau. Pouvoir te couper des liens qu’ils t’imposent. En tout cas, j’espère que vous pourrez bientôt vous retrouver. » et je l’espère sincèrement.

Mais je vois qu’il y a autre chose qui tracasse mon amie et lorsqu’elle me lance le boulet de canon je pourrais presqu’avoir la mâchoire qui se décroche de surprise. N‘empêche que je ne peux pas retenir ma joie même si elle m’a prévenu en amont de me retenir ! Ce qui est le plus amusant c’est que les sensations ressenties qu’elle me raconte ressemblent énormément aux sentiments que j’ai éprouvé au contact de Blérim, sans qu’il ne soit mon opposé.  Peut-être que l’amour, le vrai le pure ressemble, quelque part à ce lien d’opposé ? Enfin, au moins pour l’un des deux…

« Pourquoi tu vois ce lien comme une laisse encore ? Certes tu ne l’as pas choisi, mais vos âmes sont connectées, c’est qu’au fond dans un sens ou dans un autre, vous aller, chacun d’entre vous apporter quelque chose à l’autre. Il faut juste passer la découverte de l’autre et après ce sera plus acceptable » Je n’ai pas vécu ce lien encore, mais dans mon clan je l’ai souvent vu entre deux personnes. Parfois ça tombe sur les pires ennemis et parfois sur des gens qui s’aiment déjà mais souvent il y a une connexion déjà présente, d’une manière ou d’une autre. Enfin c’est ce que j’ai pu constater par le passé.  « Et puis dis-toi qu’il est dans la même situation que toi. Tu ne le connais pas mais tu as eput être eu le même effet sur lui qu’il a eu sur toi… Vous êtes toutes les deux dans la découverte et vous n’êtes pas obligés de vous aimer pour être opposés. »  j’ajoute en souriant.  Et ce sourire s’agrandit lorsque je pense à mon propre patron, Joshua. Et s’ils se rencontraient  pour montrer à Risa que les anges ne sont pas tous une cause perdue ?

Sauf que le fait d’évoquer Josh et de mettre ma main sur mon ventre la panique explose. Je ne vois même pas Risa au bord de l’implosion tellement elle se retient de rire alors que les mots sortent de ma bouche à mille à l’heure.  Et lorsque je me rends compte que j’ai lâché Risa quelque secondes je m’excuse sincèrement. Même si au fond, elle a l’habitude de me voir ainsi. Elle sait, depuis le temps que je suis très impulsive dans mes réactions. Je passe facilement du coq à l’âne. Une goutte qui tombe peut me faire penser à un sujet complètement opposé à la discussion du moment. J’ai un esprit très volatile au fond. C’est d’ailleurs ce qui me permet de rire en harmonie avec  Risa. C’est vrai que ça soulage. Avec le rire les démons et les fardeaux prennent le large. Poppy m’a toujours dit que la ririgologie était le meilleur remède aux maux du monde. Parfois, je pense qu’il n’a pas tort. « Oh oui trois mois ! Tu as raison ! J’avais oublié… Souvenirs lointains d’une amie de ma mère qui allait devenir mère. J’ai la trouille de le lui annoncer. Et pourquoi je pense à ça alors que je ne savais même pas il y a une demi-heure que j’allais garder cet enfant !?   C’est peut être stupide mais je crois que je l’aime déjà aussi soudaine cette grossesse soit. «  je souris, émue. «  Merci d’avoir rigolé Risa, ça m’a fait un bien fou de t’accompagner. Et ne t’inquiète pas pour ton opposé, s’il l’est vraiment, j’aurais tout le temps de le rencontrer. » j’ajoute le sourire aux lèvres toujours. « Quant à mon patron je pense que c’est simple, il suffit que tu viennes me récupérer après une garde et que je t’incruste » je lance avec toujours la même expression  maline.

Quand je regarde Risa, je vois en elle une sœur. Vraiment. La sœur que je n’ai pas eu et que j’aurais aimé avoir, un peu comme Zach représente ce qui se rapproche le plus d’un petit frère. J’aime me construire ma propre famille et c’est avec cette pensée qu’une autre se greffe, aussi soudaine que réjouissante. « Tu voudrais être la marraine de mon enfant ? » je demande alors à Risa les yeux pleins d’espoirs. Et je sais qu’au moins, s’il m’arrivait quelque chose, il serait bien protégé avec Risa.  « Et puis qui sait ton opposé sera peut être le parrain ? » j’ajoute en rigolant pour la titiller également.
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Posté le Dim 30 Sep - 11:25.
Je crois qu'entre mon appartement et cette maison, je me sens totalement chez moi. Je sais bien qu'ici, ça ne m'appartient pas, mais c'est comme si j'étais la bienvenue, n'importe quand et que je pouvais venir pour m’apitoyer sur mon sort quand je voulais. Un soutien bienvenue dans cette vie de dingue qu'on a ces derniers temps, dans cette ville de merde ! Ouais de temps en temps, ça fait du bien de se défouler, même si ce n'est que dans ma tête. Je m'en sors pas trop mal je trouve ! Je secoue la tête doucement alors que je me remets dans la conversation. Parfois les pensées, c'est réellement le mal. Mais le pire, ce sont ces pensées négatives, cette impression de perdre pied dans ce monde, de perdre carrément le monde. J'ai l'impression que rien ne sera jamais plus comme avant. Comme si nous venions de passer un cap qui ne peut être franchi que dans un seul sens. C'est un peu comme prendre une route à sens unique. On sait parfaitement que le chemin ne va que dans un seul sens et qu'il nous sera impossible de revenir en arrière. Pourtant, on a pas réellement le choix, il s'agit de la seule route. Et je m'y perds. Je me perds dans cette route qui mène au tréfonds des sentiments de l'humanité. Je me perds dans leur sentiments négatifs, sans réellement pouvoir m'en sortir et ça m'effraie, réellement. J'ai appris bien vite qu'en tant qu'empathe ce que je ressentais devenait secondaire par rapport à ce que le monde ressentait. Pourtant ces derniers temps, c'est comme si je m'effaçais et c'est foutrement effrayant. Je souris donc quand Cassy reprend la parole, un peu de légèreté ne fait vraiment pas de mal. « Une carte, ce serait une bonne idée. » Si seulement il en existait une pour dompter le monde, ce ne serait pas du luxe un petit coup de main !

« Tu sais bien que je ne suis pas douée pour laisser les autres s'occuper de moi. Ça a toujours eu des conséquences désastreuses. Des parents qui me vendent pour s'en sortir, un fiancé qui se sert de moi pour ses jeux pervers. » Disons que la liste des gens qui ont voulu que je me repose sur eux est plutôt épatante par le manque d'empathie... Ironie quand tu nous tiens ! « Mais puisque c'est toi qui le demande, je vais faire un effort. Je ne dis pas que ça marchera super bien les premiers temps, mais je ferais de mon mieux. » Parce que pour elle, je peux au moins faire ça non ? « Et pour ce qui est de squatter, je le fais déjà assez souvent. » Je lui fais un sourire plein de dent, il n'empêche que la peur est toujours là et je ne peux m'empêcher de verbaliser ce que je ressens. La réponse de ma meilleure amie ne se fait pas prier et je souris tristement. Oui, l'homme n'apprend jamais de ses erreurs. Il se contente de les réitérer encore et encore, comme s'il s'agissait d'une méthode reconnu du 'pour le plus grand bien de l'humanité, soyons comme d'habitude !' Un genre de slogan totalement débile et une diatribe inutile. « J'ai plus l'impression d'être la boite de pandore vide ces derniers temps. L'espoir... Un bien joli mot, pour de si grand maux. » L'espoir, peut-être. Mais il n'empêche qu'espéré parfois nous fait retomber dans des cercles vicieux dont on arrive pas à se dépêtrer. Je ne sais pas si j'ai envie de croire en l'espoir. Je n'en sais rien et pourtant, peut-être un peu, je me dis que ce ne serait pas si mal de se reposer sur un sentiment qui pourrait balayer en partie les autres.

On finit par passer à autre chose, parce que franchement y'a de quoi avoir le cafard, voir se coller le bourdon. J'ai toujours adoré ces petites expressions et elles m'amusent tellement que je sens mon cœur s'alléger. Surtout qu'on parle désormais de mon frère. Ce frère dont je ne sais plus rien et qui est partit avant que je ne finisse enfermé. Avait-il un don lui aussi ? Possédait-il quelque chose de particulier ? Est-il devenu un ange ? Est-il réellement mon frère ? Au fond, je finis par ne plus rien savoir de qui que ce soit. Que mes parents se soient barrés ne m'étonne guère. Ils ont toujours été des opportunistes et rien d'autre. Quand vous pouviez leur être utile, ils vous utilisaient. Et lorsque vous cessiez d'être utile, ils vous jetaient. Un classique du genre chez les nobles me direz-vous. Mais mon frère... Il a toujours été différent et quand je vois ce qu'il a fait pour moi, comme lui en vouloir sérieusement ? « Je vois le bon côté des choses. Il n'empêche que j'ai besoin de savoir, j'ai besoin de le revoir. C'est mon frère bon sang. Je... » Il me manque plus que je n'aurais pu l'imaginer. Plus que je ne veux bien l'avouer en fait. « Ouais, sans lui, je serais dans de beaux draps encore... J'espère juste qu'il va bien et qu'il ne lui est rien arrivé. Il me manque... vraiment... bien plus que ce que je ne pensais. » Ma seule et unique famille, tout ce qu'il reste d'un passé explosé et enfoui sous le Ribcage comme Réversa.

Encore une note déprimante, merci bien. Et puis bien évidemment on fini par parler de ce foutu lien. Ce lien plus que galère. « Cassy... » J'aimerais lui faire comprendre à quel point c'est compliqué, mais les mots restent coincé dans ma gorge. « Ce lien, c'est plus compliqué que juste partager une âme. C'est tout partagé, ses sentiments, sa douleur. Et si... » Et si nous étions réellement opposé et que je venais à le perdre. Que ce passerait-il ? « C'est une faiblesse plus qu'autre chose. Il rend vulnérable les gens qui sont attachés. Je ne devrais pas être vulnérable. Je fais un métier à risque et je me retrouve souvent blessé. Et si jamais il lui arrivait quoi que ce soit par ma faute ? Et si... Et si l'un de nous mourrait, que se passerait-il pour l'autre ? » Un vide, constant, violent, atroce. Un de ces vides dont on a pas envie, mais qui est tout de même là. « Et franchement se détester c'est pas mieux hein. J'ai déjà assez de souci avec ceux qui me poursuivent tout le temps sans avoir besoin d'une personne de plus qui me haïs. » Pas que ça me dérange de me faire des ennemis, mais franchement j'ai autre chose à faire là ! Et puis, je suis à un âge où j'aimerais autre chose que de la haine. Ce lien, c'est autant une chance qu'une laisse, je le sais. Mais je ne pourrais rien y faire si cela est réel non ? Ce genre de lien ne peut pas être défait de toute façon.... Phase trois acceptation... J'ai l'impression d'être dans les stades du deuil de mon ancienne vie.

On fini par changer de sujet, pour se concentrer sur son patron. Et là bien évidemment, la voilà qui s'emballe comme pas possible et quand elle a fini, je ne peux m'empêcher d'exploser de rire. D'une c'est trop drôle quand elle fait ça, et de deux, sérieusement elle est tellement passé du coq à l'âne que ça ne pouvait en être que risible. « Je t'en prie, moi aussi ça m'a fait un bien fou. Comme si j'enlevais la soupape de la cocotte minute que je suis et que je relâchais toute la pression. » Et oui, elle a raison. S'il est réellement mon opposé, viendra un moment où elle le rencontrera et ce ne sera pas si mal de cette façon. « Euh ouais... On dirait presque que tu veux jouer les entremetteuse, c'est flippant sérieusement ! » Pas dans le mauvais sens, mais je ne suis pas persuadé d'avoir envie de le rencontrer. J'ai déjà assez à faire avec un seul et unique ange. C'est bien suffisant. Et puis la conversation débouche sur le bout de chou qui viendra au monde dans quelques mois. Un sourire doux apparaît sur mes lèvres en pensant que je pourrais au moins gâté son enfant à défaut d'en avoir un. Pourtant je reste comme deux ronds de flan quand elle me demande si je veux être la marraine. Je reprends cependant contenance quand elle parle de l'opposé en parrain. « Tu t'emballes encore. » Un grand sourire sur le visage. « Mais je serais très heureuse d'être sa marraine. » Très très heureuse même. Finalement cette journée n'est pas si catastrophique que ça. Et parler de Joshua m'a un peu soulagé. Il n'empêche qu'il va falloir que j'aille le voir, ça ne pourra pas durer éternellement, cette sensation d'envahissement de mon cortex est bien trop pénible pour me faire tenir longtemps.
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Posté le Mer 14 Nov - 23:05.
Quand tout va mal j’ai besoin de deux choses : de solitude et de me sentir chez moi. Ce qui est paradoxal c’est que je me sens chez moi à la maison mais aussi auprès de Risa. Elle est ma meilleure amie, elle est la personne pour qui je donnerais tout ce que j’ai, pour qui je me battrais bec et ongles. Comme une sœur, elle est ma famille. Elle m’aide à me battre, à avancer et à croire en la vie. Elle me donne espoir et son regard doux m’entoure toujours d’une chaleur bienfaisante. Cette fille je suis ravie que Monsieur Destin l’ait mise sur mon chemin, tel un ange gardien toujours présent lorsque j’en ai besoin. Aujourd’hui, elle a débarqué à la maison dans le but de s’apaiser et au final c’est moi qu’elle apaise… Encore. Parfois, je me dis que cela ne doit pas être très amusant pour elle de me supporte comme amie, surtout avec mes émotions qui s’envolent à cent kilomètres heure toutes les secondes. Elles fusent tel un volcan en lave pour brûler tout sur leur passage. Et surtout Risa et son empathie. C’est pourquoi je lui demande de me laisser m’occuper d’elle. Après tout, mes problèmes peuvent attendre et en discuter n’arrangera rien. Il me faut juste un peu d’espoir, mais je sais qu’au cours de notre entrevue, malgré elle, Risa m’en donnera.

« Merci de faire cet effort. Et justement, je ne suis pas eux et laisser d’autres personnes prendre soin de toi t’aidera à te recentrer aussi. Et puis j’ai la sensation que c’est toujours toi qui t’occupes de moi… C’est frustrant. Ma vie est désastreuse, certes mais il n’y a pas que moi et j’estime que notre amitié est à double sens Risa. D’autant que j’adore m’occuper de mes proches ! » j’ajoute alors en souriant.

Mais l’espoir dont j’ai besoin de vient pas. Nous évoquons des sujets tous plus tristes les uns que les autres à croire que Monsieur Destin nous puni de quelque chose, mais quoi ? Pour ma part je dirai qu’il me puni d’avoir fait don de mon corps à un lycan, ces créatures que beaucoup jugent comme des aberrations de la nature, des choses qui ne doivent pas survivre à notre monde, à l’homme. Mais personnellement, pour moi chaque évolution doit être considérée et protégée. Les lycans sont notre évolution, il faut savoir embrasser ce que nous sommes et ce que nous devenons. Un jour, peut-être, la race humaine se rendra compte de ses erreurs, je l’espère.

Quant à Risa je n’ai vraiment aucune idée de la raison pour laquelle elle serait punie. Peut-être pour être du côté des aberrations ? Peut-être parce qu’elle voudrait réellement m’aider du mieux qu’elle peut ? Je n’en sais rien, mais ce dont je suis persuadée c’est de l’injustice de nos vies. Risa semble complètement perdue avec sa famille et son passé, moi je n’ai plus de famille et celle que j’aurais pu construire est déjà caduque… Comment doit-on survivre aux épreuves et devenir plus forts ? J’ai l’impression de faire un pas en avant et deux en arrière à chaque fois !

Je prends la main de Risa dans la mienne en signe de compassion et de tendresse. « Je comprends tu sais… Et vu ce que tu ressens lances toi dans les recherches approfondies. Au moins tu auras le cœur net. Et quoi qu’il arrive, tu sais que tu trouveras toujours ta place ici. Je ne suis pas de ton sang, mais Risa, tu es comme une sœur pour moi et je serai toujours là pour t’aider, te soutenir et prendre soin de toi. » lui avouai-je finalement en souriant. Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Tout ce que j’espère c’est qu’elle trouvera des réponses, de bonnes réponses si cela est possible et qu’enfin elle pourra avancer l’esprit tranquille et en paix.

Même si le destin semble s’acharner une nouvelle fois en lui attitrant un opposé dont elle n’avait pas spécialement envie. Sauf que je connais Risa désormais et au fond, lorsque les choses ce seront calmées et qu’enfin elle pourra s’abandonner au lien, elle en verra les bons côtés, j’en suis certaine, et surtout elle vivra le lien pleinement. Je suis consciente qu’il y a également de mauvais côtés, des aspects du lien qui peuvent nous tuer, littéralement. Sauf que le monde est tellement pourri que je n’arrive pas à envisager ce point de manière concrète. Je ne veux pas le croire. « Tu réfléchies trop Risa. Tout le temps. Tu ne sais pas prendre les choses comme elles viennent. Ce lien est immuable. Personne ne le choisit, il nous tombe dessus sans crier gare et sans nous demander notre avis. Alors ne crois-tu pas que le mieux serait de prendre les choses petit à petit et de voir comment le tout évolue. Sois prudente, fais ton maximum, comme d’habitude, pour que ton travaille se passe bien et vois ce qu’il advient de vous deux. Pour une fois, essaye de ne pas contrôler ce qui arrive. Laisse la magie opérée. A l’origine deux âmes sœurs se réunissent pour vivre de belles choses. Focalise-toi sur le positif et pas le négatif. Sois consciente qu’il existe mais n’en fait pas ton crédo. Risa, la vie est ce que tu en fais. Alors essaye de l’apaiser un peu. S’il te plaît. »

Je songe à me mettre dans les discours de motivation. J’aime bien faire ça : redonner de l’espoir aux gens. Enfin, ça ne fonctionne pas toujours et parfois, Risa réfléchie tellement trop que c’est loin de fonctionner. Nous verrons bien. Pour ma part, mon cerveau fonctionne également à cent à l’heure et alors que Risa parle d’ange je ne peux m’empêcher de faire le lien avec Joshua puis avec ma grossesse et le travail pour enfin demander à ma meilleure amie d’être la futur marraine du bébé. De la petite Luana.

Quand Risa accepte je lui saute au cou et la sert très fort. « Merci Risa ! » je lance alors telle une gamine venant de recevoir son plus beau cadeau de Noël. « Et sinon non je ne joue pas les entremetteuse… je suis juste curieuse. » je finis par ajouter.
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Posté le Lun 19 Nov - 21:11.
J'ai bien fait, comme d'habitude, de venir la voir. Malgré le fait qu'elle s'emballe, que ses émotions ne sont pas toujours positive pour mon petit cœur décharné, être avec elle est revigorant et je me sens toujours mieux. Peut-être est-ce parce que je lui fais confiance, totalement, aveuglément. Peut-être est-ce parce que là où ma famille à échoué à être une famille, elle l'est devenue elle. Peut-être est-ce parce que je la protégerais du monde si je pouvais le faire. Peut-être tout ça à la fois, ou alors totalement autre chose. Je ne sais pas, mais je sais qu'en sa présence, je me sens mieux que lorsque je suis seule. Par contre me demander de la laisser prendre soin de moi... Disons que j'essaierais, mais je ne suis pas douée pour laisser les autres s'occuper de moi. Je sais parfaitement que cela vient de mon passé, que je n'ai pas dépassé ce stade de la confiance et qu'il me sera toujours difficile de laisser qui que ce soit accéder à cette sphère, peu importe le degré d'intimité. Le temps à beau passer, je ne suis pas prête, et je me demande si je finirais par l'être un jour, très honnêtement. « Je sais que tu n'es pas eux, mais cela demande quelque chose que je ne suis pas certaine d'être prête à donner. C'est ainsi, on ne peut pas changer du jour au lendemain. Alors je ne promets rien, mais j'essaierais quand même. » Je souris doucement. « Et puis je suis empathe, m'occuper des gens, c'est la raison principale de mon existence dans ce monde. Qu'est-ce que je ferais si je ne faisais pas ça hein ? » Je souris de nouveau. Je l'aime, je l'adore, elle est ce qui m'est arrivé de mieux dans ce monde, malgré tout, je n'arrive pas à me lâcher totalement. « Je ne doute pas que tu aimes t'occuper de tes proches, mais c'est toujours compliqué. »

Après tout, rien n'est jamais simple et surtout pas quand on est moi. Qu'est-ce que j'aimerais parfois faire fi de tout ce qui se passe dans ma tête, ou dans mon cœur. J'aimerais pouvoir dire que les sentiments du monde ne me concerne pas, que ceux des personnes m'entourant non plus, mais la vérité est tout autre. Je n'ai jamais vécu pour moi dés le moment où mon empathie s'est déclaré, je n'ai vécu que pour les autres, encore et toujours, laissant leurs sentiments me soutenir comme s'ils étaient miens. Comment pourrais-je alors ignorer leurs souffrances ? Comment pourrais-je les laisser s'occuper de moi, quand je sais que quelque chose ne va pas ? On dit toujours que les empathes ont la vie facile. Alors oui, personne ne peut nous mentir, personne ne peut nous surprendre, mais au fond il n'y a rien d’exceptionnelle dans notre vie. Les surprises n'en sont plus, l'amour n'est qu'un fardeau et le reste... Ne parlons pas du reste. Je sais déjà que les choses sont compliqués, j'aurais aimé que ça ne le soit pas et pourtant... Rien n'est jamais simple dans cette vie, mais les empathes n'ont certainement pas la vie facile. Un sourire se dessine sur mes lèvres à cette pensée. Dure est la route qui nous mène à le raison n'est-ce pas ? J'arriverais à changer, je n'en doute pas, mais il faudra du temps. On fini par discuter de cette famille, de ce besoin de savoir où est mon frère, ce qui lui est arrivé. « Je vais me lancer, j'ai besoin de savoir de toute façon. Et puis j'ai besoin de le revoir. » C'est mon frère, qui serais-je pour ne pas vouloir de ses nouvelles ? « Ne t'en fais, toi aussi tu es comme une sœur et peu importe que tu sois de mon sang ou pas, ça ne change rien, tu es ma famille. »

C'est amusant, on dirait qu'elle a peur que je finisse par m'en aller. Comme si j'allais pouvoir la laisser toute seule franchement. Mais mon frère, c'est mon frère. Il a fait beaucoup de chose pour moi, je serais ingrate de ne pas vouloir en savoir plus sur lui, sur ce qu'il devient. Je dois bien admettre que j'ai envie de savoir. Je pousse un soupir avant de finalement parler de mon opposé... l'opposé... Pourquoi ce lien m'est tombé dessus ? Allez savoir ! Sérieusement. J'ai pas assez de merde dans ma vie je crois. Et puis je contrôle rien. J'ai envie de voir cet ange, d'être proche de lui, de... oula ça dérape c'est parti ! Je secoue la tête et laisse Cassi prendre la parole. Sa tirade me fait sourire. « Dit donc, t'es motivée par ce lien d'opposé ma parole. » Je peux pas m'en empêcher, elle était tellement sérieuse. « Je réfléchis peut-être de trop, mais c'est pour ça que j'évite toutes les conneries aussi hein ! » Comme de tomber enceinte d'un lycan dés le premier rapport ? Non ce serait vache, je suis quand même heureuse qu'elle ait pu se laisser aller avec quelqu'un. Mais un ange quoi. Même s'il est hyper sexy et à croquer (on ne va pas dire le contraire) je peux pas m'empêcher de repenser à Réversa. « Ouais je verrais de toute façon c'est pas comme si j'allais avoir le choix. » Voilà ma réponse au fond. Je n'ai pas le choix et si je veux éviter de devenir dingue, il faudra faire des concessions. Mais merde, je vais certainement craquer pour lui à ce rythme là... Trop charmeur cet homme malheureusement pour moi. Je grince des dents alors que finalement elle me demande si je veux être la marraine de sa fille.

Sérieusement ? Elle s'imagine que je vais refuser ? Mais trop pas. J'attends trop ce ptit loup. Je m'imagine déjà la bercer, prendre soin d'elle, lui apprendre comment se débarrasser des méchants. Oui, je m'avance un peu, mais je peux pas m'en empêcher. Des enfants, j'en ai toujours voulu, mais dans ce monde, je ne suis plus certaine que ce soit une bonne idée. Enfin bref. Je secoue la tête doucement et répond à son étreinte. « Ouais, ouais curieuse... On verra ça. Je te raconterais tout ce qui se passera, si jamais il se passe quoi que ce soit d'intéressant. Après tout tu es celle qui doit être prévenue en premier. En tant que meilleure amie, c'est ton rôle. » Je souris doucement, mon regard se pose sur ma montre et je soupire. « Oh bon sang, c'est déjà si tard. On a discuté pendant des heures et j'ai l'impression que ce n'était que quelques minutes. Va falloir que j'y retourne. » Eh oui, la vie est réellement injuste. « Je te donnerais des nouvelles dans peu de temps. » Qui aurait cru que les révélations seraient trop dures à encaisser. Qui aurait cru que cela se passerait ainsi ? Certainement pas moi, mais après ce départ, je n'ai plus donner de nouvelle.
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