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 Half God Half Devil | Blerim

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Perséphone L. Carlton
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Posté le Ven 23 Mar - 22:36.
Les premières marches s'étaient révélées faciles. Après une cinquantaine, les gravir devenait un peu plus fastidieux. Quelqu'un ne connaissant pas Perséphone lui conseillerait sans doute de faire un peu plus de sport. Sauf qu'un agent de la CAA n'avait pas ce genre de problème. L'effort physique, elle connaissait. De plus, en tant qu'ancienne Elfe adepte de l'escalade, monter une tour grâce à un escalier semblait risible. En temps normal, elle le ferait en courant. Alors qu'actuellement, elle ralentissait. Elle avait l'impression que son genou grinçait. Heureusement, les médecins lui avaient assuré que la blessure était bénigne et que tout se remettrait en place avec un peu de temps et de l'exercice. Ce n'était peut-être pas un exercice de cette envergure qu'ils lui auraient conseillé. Seulement, cela ferait bientôt deux mois qu'on l'avait retrouvée. Presque un mois entier s'était avéré nécessaire pour la remettre sur pieds, période durant laquelle ses mouvements avaient été surveillés et limités. Blessures, plaies, ecchymoses, tout ça n'avait été que de la poudre aux yeux. Son corps en montrait encore des traces, mais rien qui ne la handicape. Non, le pire traitement qu'elle avait subi, c'était le sang qu'on lui prélevait régulièrement. Vampires fugitifs, un statut qui rendait compliqué de se nourrir... Alors pourquoi se priver d'une poche de sang à portée de main ? Prisonnière, elle n'irait pas les signaler. Ses forces diminuaient à vue d’œil et l'absence de son opposée qu'elle côtoyait jusque là quasiment tous les jours les morcelait davantage encore. La faiblesse de son organisme, ce qu'elle combattait réellement.

Arrivée à un palier, la Spectre s'arrêta le temps de reprendre son souffle. La frustration l'envahissant en l'instant animait en même temps le brasier de colère qui crépitait à l'encontre de ses geôliers. Je les buterais, ces enfoirés. Une promesse qu'elle comptait tenir. Et s'ils pouvaient mourir aussi lentement qu'elle gravissait cette foutue tour, ce serait un bonus non négligeable. Je les viderais de leur sang. Ragaillardie par cette pensée, elle reprit sa marche.

Un certain temps dont on taira l'exactitude plus tard, la vue panoramique s'offrait à elle. Le soleil se couchait, les lumières urbaines commençaient progressivement à s'allumer. Et si Perséphone savourait ce spectacle durement acquis, elle se décida à s'asseoir à terre suite aux complaintes de sa jambe. Ses épaules libérées du sac à dos qu'elle avait apporté, elle en sortit une bouteille d'eau qu'elle vida rapidement de moitié. Bien s'hydrater. Respirer à grande goulée. Elle se sentait tellement piégée de son propre corps. Encore soumise à leurs actes et tenue en laisse. Elle préférait voir les plaies qui l'ornaient ; cet hématome jaunissant sur sa mâchoire, cette coupure proche de sa pommette, ce court pansement dans son cuir chevelu, près de son oreille et sa joue, ces innombrables coupures sur ses mains... Tout cicatrisait bien, selon sa profondeur, et ne constituait qu'un rappel imagé. Il n'y avait qu'un de ses dégâts visibles dont la vue l'enrageait – mais se retrouvant à trois endroits différents. Les cicatrices que cachait un pansement dans son cou et à ses poignets. Les trous qu'on avait percés pour pouvoir boire le jus qu'elle était. Ouais, elle n'avait été qu'un berlingot de jus de cranberry. Cependant, tout ça s'effaçait, n'avait plus d'impact sur elle. Son foutu organisme, lui, ne tenait plus la cadence.

Il l'énervait tellement qu'elle n'avait pas pensé à surveiller l'heure et qu'elle n'avait même pas senti la présence de quelqu'un d'autre. Pourtant, maintenant qu'elle s'était posée, que sa respiration ne saccadait plus, elle avait pu apercevoir le mouvement au coin de la tour. Fais chier, jura-t-elle tout bas. Après avoir rangé ses affaires dans son sac, la blonde se releva préférant qu'on ne la voit pas affalée comme la loque qu'elle était devenue. Elle remit une lanière sur son épaule droite et s'avança vers la rambarde, posa ses avant-bras dessus, dans un soupir. Son regard se posa sur le paysage avant de, discrètement, dériver vers le coin occupé. Une nuée d'injures traversa la barrière de ses lèvres bien qu'à voix basse alors qu'elle regardait désormais franchement le type. Parce qu'il s'agissait d'un homme. Cheveux bouclés, châtains clairs, yeux bleus, barbe de trois jours, environ un mètre quatre-vingt pour pas autant de muscles... Enfin bon, pas comme s'il en avait besoin. Difficile de le confondre avec quelqu'un d'autre. Impossible même. Ce bel enfoiré l'avait bien eue. Les iris de l'ancienne Elfe s'étaient assombries à sa vue. Une autre colère s'emparait d'elle. Mais l'envie de le confronter lui laissait un goût amer en sachant dans quel état elle se trouvait.

« T'as le droit d'être là ? », lâcha-t-elle sans réfléchir, suspicieuse.

Bon, la discrétion, ce sera pour une autre fois. Après tout, elle restait armée si jamais il lui venait à l'idée de s'en prendre à elle. Elle ne savait plus à quoi s'attendre de sa part, depuis qu'ils étaient dans les camps opposés et, surtout, depuis qu'elle avait découvert sa véritable identité. Et le casier judiciaire long comme le bras qui l'accompagnait. Rien qu'y penser la révulsait.

I won't pretend that I resist temptation
I think it's funny when you preach damnation

I can be your heavenly or I can be your hell
I can say a prayer for you or I can cast a spell

You wanna know if I'm a friend or an enemy

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Blerim D. Troshani
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Posté le Jeu 5 Avr - 17:07.
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Perséphone & Blerim




Tout a changé. Il y a un an, Blerim était enfermé au Ribcage, plongé dans un enfer sans nom, croyant sa sœur morte. Aujourd’hui, il est libre, le cœur plus léger qu’il ne l’a jamais été depuis la mort de sa mère, et sa petite sœur, elle, est toujours en vie. Tout a changé, le lycan a désormais une vraie raison de se battre, d’aller de l’avant. Finalement, il n’a pas tout perdu, contrairement à ce que la créature a longtemps cru. Ainsi, même s’il s’en veut encore terriblement pour tout ce qu’il a pu faire de mal par le passé – surtout vis-à vis de Drita, qui subi les terribles conséquences de la petite rébellion que le jeune homme a soudainement voulu mener contre son oncle – l’Albanais a envie de vivre, d’arrêter de ressasser le passé. Devenir quelqu’un de bien, ou de pas aussi mauvais qu’avant, en tout cas. Après, l’incertitude qui entoure sa situation personnelle l’inquiète toujours, mais l’effet de sa liberté qui dure depuis quelques mois, mais aussi des retrouvailles avec Drita, lui a donné une certaine force intérieure et un optimisme relatif qui lui font quand même beaucoup de bien.

Depuis le temps que l'ancien trafiquant est en Angleterre, et notamment à Bristol, Blerim n'a jamais réellement pris le temps de découvrir la ville comme le ferait un touriste. Peut-être parce que, effectivement, il n'était pas venu en touriste et que son séjour au Ribcage n'a en rien semblé à des vacances. Non, l'étranger était venu pour trouver sa soeur d'abord, puis ensuite... Il a tenté de s'adapter, de survivre. Mais aujourd'hui, il va nettement mieux et puis, on lui a déjà suggéré de faire un petit tour, de profiter de sa liberté. Alors voilà, c'est ce qu'il fait. En plus, il sait que Drita a besoin d'espace, il ne peut pas rester avec elle H24... Autant découvrir un peu Bristol alors. Déambulant dans les rues du quartier de Redcliffe, le lupin se perd dans ses pensées, se posant des questions sur son avenir. Maintenant qu'il a enfin retrouvé sa soeur, ne devrait-il pas tenter de quitter l'Angleterre, de se cacher dans un autre pays, sous une fausse identité ? Retourner en Albanie, ce serait très risqué, mais rester ici... Il risquait d'être enfermé à nouveau au Ribcage, lui et sa soeur aussi cette fois-ci. Et ça, il veut l'éviter à tout prix.

Un soupir franchit les lèvres du jeune homme, tandis qu'il s'avance dans ce parc assez sympa situé sur une colline. Voulant chasser un peu ses idées noires, le lycan décide d'aller visiter l'imposante tour qui a attiré son attention quelques secondes auparavant. Enfin, si c'est pas trop cher, hein. Ce n'est pas comme s'il avait beaucoup d'argent... Tout ce qu'il avait lui a été confisqué, donc ce n'est pas évident. Ce qui lui fait penser, d'ailleurs, qu'il a intérêt à se trouver un boulot un de ces jours, ne serait-ce que temporaire. Cela jouerait peut-être en sa faveur, pas vrai ? Et puis, Cassandra et Poppy, même si ce sont des gens bien, qui l’ont bien accueilli et accepté malgré tout ce qu’ils ont découvert sur lui, ils ne sont pas sa famille... Ils ne devraient pas avoir à supporter tout seuls le poids de sa présence chez eux, y compris financièrement. Il faudra donc que le Balkanique y pense sérieusement, histoire de pouvoir les aider à son tour.

Quelques minutes plus tard, l'Albanais entre dans la tour, avant de commencer à monter le long escalier en spirale. Le soleil se couchera bientôt, la vue d'en-haut doit être particulièrement belle. Il aurait aimé que Drita soit là, avec lui. Peut-être qu'ils reviendront un de ces jours, ensemble, surtout que l'entrée est gratuite. Soudain, une odeur qui ne lui est pas étrangère parvient à ses narines. Etant un endroit public, Blerim ne s'attendait pas forcément à être seul, mais... Il ne s'attendait certainement pas à ce qu'elle soit là. Intrigué, légèrement en colère, le jeune homme accélère le pas. Et plus il monte, plus il est sûr que c'est bel et bien elle. Cependant, plutôt que de faire demi-tour, il décide de continuer sa montée. Il n'a pas à se cacher, lui ; cette traîtresse ne lui fait pas peur. Par contre, elle l'a reconnu assez rapidement elle aussi, lui demandant s'il a le droit d'être là. Blerim pousse un reniflement de dédain.

« Je vais où je veux, c'est pas le Ribcage ici. »

Répond-t-il, sèchement, avant d'arriver à sa hauteur. Les sourcils froncés, son regard cristallin plus glacial que jamais, Blerim pose brièvement ses yeux sur Perséphone, avant de détourner son regard. Le paysage est superbe, effectivement, alors que les lampadaires de la ville commencent petit à petit à se réveiller au fur et à mesure que le soleil se couche à l'horizon. Néanmoins, la présence de la traîtresse l'empêche de savourer pleinement ce moment, c'est impossible pour lui de l'ignorer, de faire comme si elle n'était même pas là. Le Balkanique se retourne vers l'humaine.

« Relax, je vais pas te bouffer. »

Sa voix est froide, voire hostile. Apprendre que cette femme qu'il avait commencé à apprécier quelques semaines avant la Révélation travaillait en réalité pour l'ennemi a été une trahison cuisante pour le loup. S'il l'avait su, il ne l'aurait pas aidée à se débarrasser de ces vampires auxquels elle avait affaire ce soir-là, voilà tout. Et il ne l'aurait pas contactée par la suite, n'aurait pas été dîner avec elle, ne se serait pas ouvert du tout. Encore une fois, on l'a poignardé dans le dos, il ne devrait même pas s'en étonner. Les prunelles bleues de la créature s'attardent sur la trentenaire cette fois-ci. En la regardant... pas étonnant qu'il se soit laissé charmer par la Britannique.

« Alors, t'es en... vacances ? Pendant qu'ils refont le Ribcage pour nous mettre dedans à nouveau ? »

L'Albanais la défie du regard, la provoque. C'est plus fort que lui, à vrai dire. Dommage, par contre, qu'il n'ait pas un vocabulaire plus élargi pour mieux pouvoir la provoquer. Soudainement, l'ancien trafiquant s'approche de la jolie blonde. Il les voit, ces marques sur son visage, qui n'ont pas encore tout à fait disparu. Un sourire narquois se dessine sur les lèvres de Blerim.

« T'as frappé quelqu'un ? Lycan ou vampire ? Ah non... tu frappes vampires, les lycans tu joues amie. »

Le regard du lycan reflète bien la rancune qu'il lui porte et qu'il ne cherche même pas à cacher. Tellement qu'il aurait pu passer encore cinq minutes à la toiser de la sorte. Hélas, un bruit venant d'en-bas lui fait tourner la tête. Sans qu'il n'ait encore réalisé ce qui vient de se passer.


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Dernière édition par Blerim D. Troshani le Mar 17 Avr - 13:10, édité 1 fois
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Posté le Sam 7 Avr - 19:37.
Pas le Ribcage ici. Ses sourcils s'arquèrent à l'écoute de cette réponse. Le quartier prenait feu et voilà qu'il pensait être en liberté. Comme si on le laisserait soudainement libre de ses mouvements, comme si on ne le surveillerait pas. Peut-être croyait-il qu'en compensation de la peur de se faire brûler vif le Conseil avait décidé de se montrer compatissant envers lui et ses congénères ? Dommage qu'eux ne pensaient pas aux angoisses qu'ils provoquaient chez les autres. Cependant, Blerim n'était certainement pas le meilleur exemple pour parler d'empathie. Lycan ou non, ça ne changeait pas grand-chose pour lui. Ses actes, du moins ceux recensés dans son casier judiciaire, ne dépendaient pas de sa lycanthropie. Pas de justification possible, l'homme était aussi pourri que son parasite. Elle se força d'ailleurs à ne pas s'écarter quand il s'approcha d'elle, alors qu'elle n'avait qu'une envie : se tenir à distance. Savoir qu'ils avaient été intimes, quand elle y pensait, lui donnait des haut-le-cœur. Dorénavant, elle voulait un maximum d'espace entre eux. Perséphone ne savait pas si elle pourrait se retenir de le cogner. Mais elle ne pouvait, ne voulait pas se permettre de reculer. Il le prendrait pour une marque de faiblesse, pour de la peur. Il pourrait croire qu'elle se sentait incapable de l'affronter en face-à-face. Pire qu'elle avait honte de son engagement pour la CAA, que la culpabilité la faisait fuir. Or la honte avait été bannie de son cœur, le sentiment de fragilité chassée à coups de poignard. Elle ne baissait plus la tête, elle ne se recroquevillait plus, elle ne fuyait plus le regard, elle ne se taisait plus. Peu importait les intentions de l'Albanais, elle ne craignait plus les poings et aucun mot qu'il puisse prononcer ne l'atteindrait.

Ainsi, elle maintint sa position accoudée à la balustrade, se contentant de le suivre des yeux. Ce regard pesait sur les épaules de l'homme, lourd d'accusation, lourd de dégoût, lourd de haine. Il ne le lâchait pas alors même que lui se détournait vers le paysage qui les entourait. Une vue aux antipodes de cette rencontre, si douce et habituelle. Elle pourrait avoir un côté rassurant. L'agent aurait pu la savourer et sentir poindre l'espoir qu'un jour la vie deviendrait aussi banalement douce si elle avait été seule. Mais sa présence ne faisait qu'ajouter de l'huile sur le feu de son âme en miettes, qui se reconstruisait seulement. Allait-elle réussir à se retenir de lui mettre une balle entre les deux yeux ?

Elle se posa réellement la question alors qu'il lui demandait de déstresser, la rassurant sur le fait qu'il n'allait pas la bouffer. Il était aussi belliqueux qu'elle. Elle en avait conscience, Blerim avait mal digéré son enrôlement auprès du gouvernement – à défaut de la dévorer. Qu'il regrette de ne pas l'avoir laissée aux mains des Vampires ne l'étonnerait pas. Si ça pouvait le rassurer, ils étaient toujours sur le coup... Ou plutôt sur son cou. Elle préféra un silence glacial, accompagné d'un rictus défiant, plutôt qu'à une réplique qui, quelle qu'elle fût, ne ferait que lui donner raison. Un sourire arrogant qui signifiait « Essaye toujours ». Après l'avoir provoqué impulsivement, Perséphone choisissait de le laisser mordre. Naturel pour un Lycan. Elle l'observait se débattre dans sa colère rancunière, s'amusant sombrement de ses reproches, le laissant plonger tête la première dans sa brutalité. Elle contemplait ses traits se déformer par l'aversion, écoutait ses mots tentant de prendre plus de poids que son accent prononcé. Cependant, ses mots n'étaient rien à ses oreilles, seul son accent lui rappelait les crimes commis dans un autre pays.

Elle plissa les yeux, attentive à ses gestes et sur la défensive, ôtant un bras de la barrière, quand il s'approcha soudain. Un « Ne t'approche pas de moi. », posé et menaçant franchit ses lèvres. Un avertissement, pas deux. Un rire cynique suivit finalement. Elle avait joué avec lui, pauvre garçon.

« Fais pas semblant de découvrir mes blessures... »

La Spectre s'interrompit face à l'attention détournée de l'étranger. Un instant, ses prunelles s'illuminèrent d'un éclat meurtrier. Seule l'ouïe d'un Lycan avait pu entendre le bruit venant du bas de la tour. Sur le moment, il lui sembla  qu'il ne faisait que passer le message « cause toujours », ce ne fut que plusieurs secondes plus tard qu'elle vit à sa manière de regarder et d'écouter qu'il y avait vraiment quelque chose. Elle n'avait même pas le droit de cracher son venin sans qu'on vienne les déranger. Irritée, elle se résigna à demander :

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »


Elle croisa les bras contre elle. L'interruption de leur affrontement à peine amorcé, elle irradiait de colère de plus belle – si seulement c'était possible. La seule urgence qui en valait la peine serait que des collègues soient à la recherche de Blerim. Elle ne comprenait pas qu'on le laissait circuler librement. Même Humain, il serait enfermé à vie. Bientôt, elle entendit des pas et des rires abrutis émanant de l'escalier. Ils n'essayaient en rien d'être discrets, couraient même.

« Preum's ! A vous de faire la poule ! »


Un adolescent venait de sortir du couloir et gueuler à travers la porte. Ensuite, en même temps qu'il tentait d'allier son hilarité à son besoin de reprendre son souffle, il se dirigea directement vers le bord et lança un objet par-dessus. De son côté, Perséphone leva les yeux au ciel, exaspérée. Pas de CAA, juste une bande d'ados bruyants. Ce ne fut qu'après ce lancer qu'il aperçut les adultes au coin de la tour. Étonnement, son visage perdit aussitôt son air enjoué. Ses acolytes arrivèrent à cet instant.

« C'est bon, tu l'as jetée ? », clamèrent-ils.

L'autre répondit en hochant de la tête et désignant les adversaires plus loin.

« Oh merde ! »

Pas suspect du tout. La blonde les rejoignit d'un pas furieux et les questionna avec une autorité intimidante. Ce n'était pas trop le moment de faire les malins. Si la Carlton se révélait souvent avenante et rayonnante, elle devenait facilement l'exact contraire soutenue par une aura orageuse écrasante. Et cette aura s'électrisait depuis qu'une certaine personne dont il était inutile de citer le faux prénom l'avait déclenchée.

« Qu'est-ce que vous avez fait ? » Elle darda son regard sur le premier arrivé. « Qu'est-ce que tu as jeté ? »

Savait-il à quel point ce regard pouvait devenir son pire cauchemar ? Il n'aurait sans doute pas bafouillé la vérité le cas échéant.

« La clé... »
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Blerim D. Troshani
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Posté le Lun 16 Avr - 13:38.
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Perséphone & Blerim



Fallait-il vraiment qu’il la retrouve ici ? Pour une fois qu’il avait pris le temps de sortir, le cœur léger, désireux de découvrir un peu Bristol… Il fallait vraiment que la blonde soit là pour tout gâcher. Blerim n’a toujours pas oublié sa trahison. Oui, trahison, c’est ainsi que le lycan voit les choses. Elle savait ce qu’il était, et pourtant, cela ne l’avait pas empêchée de lui mentir pendant des semaines, comme si elle n’était qu’une simple humaine normale. Sauf que Perséphone n’était pas une simple humaine banale, non : elle travaillait pour ceux qui voulaient enfermer les créatures, les annihiler. S’il avait su… S’il avait su, l’étranger n’aurait jamais perdu son temps à l’aider à combattre ces Vampires ce soir-là. Il ne se serait pas rapprochée d’elle, baissé ses gardes. Décidément, il ne faut pas s’étonner s’il a du mal à faire confiance à qui que ce soit. Les gens sont tellement prêts à mentir, à planter un couteau dans le dos des autres à la moindre occasion.

Perséphone n’a pas reculé. Cela ne le surprend pas ; l’Anglaise est une femme forte et en plus, elle travaille pour les forces de l’ordre. Les forces de l’oppression, oui. Observant le paysage, Blerim détourne son regard de la trentenaire, puis lui dit qu’il ne compte pas la dévorer. Le voit-elle vraiment comme un monstre sauvage, qui n’attend que l’occasion de la dépecer pour se défouler ? Cela lui donne presque envie de rire, tiens… Avant, cela ne semblait pas la déranger le moins du monde. L’Albanais ne comprend pas. Comment a-t-il pu se laisser tromper de la sorte ? Limite s’il ne s’en veut pas davantage à lui-même qu’à elle. Ceci dit, le Balkanique  lui en veut largement assez pour que ce soit impossible pour lui de rester imperturbable en train d’apprécier la belle vue sur la ville. S’approchant soudainement de la blonde, l’ancien trafiquant la provoque, laissant toute sa rancœur transparaître dans ses mots. Tendue comme un arc, la traîtresse lui lance un regard menaçant tout en l’interdisant de s’approcher d’elle. Un sourire narquois s’étire sur les lippes du jeune homme. Il ne comptait pas le faire, de toute manière. Lui donner une bonne excuse pour qu’on vienne l’emmerder encore plus ? Hors de question. Blerim la taquine alors à propos de ses blessures. Peut-être a-t-elle peur de prendre une nouvelle raclée, tiens. C’est ce qui arrive aux traîtres, pourtant. Un jour ou l’autre, ils finissent par récolter le fruit de leurs actes.

Alors que le lupin s’apprêtait  à poursuivre sur sa lancée, un bruit venant d’en bas attire son attention. Un bruit imperceptible pour les oreilles de la Britannique, visiblement, puisqu’elle lui demande ce qui se passe. En réalité, le blondinet ne saurait dire exactement non plus. Des gamins surexcités ? Vraisemblablement, c’était bel et bien ça. Bien entendu, hein, parce qu’ils n’avaient même plus de droit de se balancer leurs vérités au visage sans qu’on vienne les déranger… Immobile, Blerim pousse un soupir contrarié alors que l’un de ces stupides ados fait son apparition. Les sourcils froncés, le loup observe le gamin, qui se dirige vers le bord à toute vitesse, lançant quelque chose par-dessus. Puis il les voit enfin, Perséphone et lui, au coin de la tour. Et sa tête change complètement. Méfiant, l’Albanais fusille le garçon du regard, tout en se demandant quelle connerie celui-ci vient de faire. Il n’a toujours pas compris en quoi consiste leur petit jeu, mais le loup a un mauvais pressentiment... Surtout lorsque les autres font à peu près la même tête que l’ado qui a balancé ce truc. Perséphone les rejoint alors, ses yeux lançant des éclairs. Le lycan reste adossé à un mur, son regard cristallin posé sur l’Anglaise, ou plutôt, sur ses fesses.

Jusqu’à ce que l’un des adolescents ne lui réponde.

Son anglais n’est peut-être pas encore optimal, mais Blerim comprend aussitôt la situation dans laquelle il se trouve. Cette stupide bande de gamins a balancé la clé ? La putain de clé ?! Le lycan s’approche alors à son tour et, sans prévenir, prend celui qui venait de parler par le col de son haut, le plaquant contre le mur d’en face. Sérieusement en colère, les yeux grands ouverts, le jeune homme rapproche sa tête de celle de l’adolescent.

« Tu balances la clé ? C’est marrant, ouais ? Et si je te balance toi, tu rigoles aussi ?! »


Le gamin marmonne des excuses, visiblement intimidé par la rage émanant du lycan. Le pauvre, je n’aimerais pas être à sa place.

« Il y a autre clé ? Donne-moi. Maintenant ! »

Bon sang, il a tellement envie de lui en coller une !  Et non seulement à lui, mais aussi aux autres. Et à Perséphone aussi. Enfin, à Perséphone surtout. D’ailleurs, si elle n’était pas là, probablement pourrait-il se calmer et de dire que, eh bien, lui aussi a déjà eu leur âge. Sauf qu’elle est là… et qu’ils risquent de se retrouver coincés ici pendant un moment. Comme lors de cette nuit, après qu’ils aient réussi à échapper à ces Vampires enragés. Un souvenir autrefois agréable, mais qui désormais ne lui donne plus que des envies de meurtre.

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Dernière édition par Blerim D. Troshani le Mar 17 Avr - 13:10, édité 1 fois
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Perséphone L. Carlton
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Posté le Lun 16 Avr - 15:51.
La clé. Il avait balancé la clé ! Quelle clé ? Cela pouvait être n'importe quelle clé. Celle du journal intime de sa sœur pour se venger, par exemple. La clé. « La », pas « une ». Perséphone avait beau tenter de contrarier la vérité qui lui sautait aux yeux, ça ne marchait pas. Ces débiles avaient jeté la clé de la porte de la tour... Comment avaient-ils fait pour l'avoir ?! Et c'était quoi cette idée merdique ?! Respire. Ce sont des gamins. On ne frappe pas les gamins, aussi cons soient-ils. Lorsque le malheureux interpellé avait répondu, sa colère déjà bien éveillée avait fait un sursaut mais très vite elle avait fermé les yeux en même temps qu'elle prenait une grande inspiration. Un bras resta scotché à sa poitrine tandis que l'autre se levait pour que la main rejoigne son front baissé, un geste d'exaspération totale. En temps normal, elle les aurait engueulés en bonne et due forme, sous l'effet de la surprise, puis elle aurait pu en rire. Cependant, le cas présent l'empêchait de réagir de manière mesurée ou de relativiser. Elle n'avait pas conscience des racines profondes de son humeur – certes fines mais suffisantes pour l'envenimer. Le dégoût qui la noyait se révélait bien réel, bien à elle. Mais les jeunes importuns ne figuraient pas de cibles. L'impertinent hasard les avait conduits à agir au mauvais moment. On ne pouvait demander à des adolescents d'avoir des idées réfléchies.

L'autre plaie n'avait pas la même intention de se contenir. Dans son dos, elle ne l'avait pas vu décoller du mur aussitôt la réponse donnée. Elle rouvrit les yeux lorsqu'il passa en trombe à côté d'elle et aperçut une scène à laquelle elle ne s'attendait pas malgré elle. Le Lycan souleva le porte-parole – et bouc-émissaire –  de la bande et le plaqua sans ménagement contre la façade de la tour. Tous ses gestes, ses moindres mouvements de muscles transpiraient la colère. Malgré elle, la Spectre fut surprise qu'il s'en prenne au garçon de la sorte. Il ne s'était jamais montré violent gratuitement devant elle. Émotion qui ne dura qu'une seconde avant que la pensée ne la rectifie avec ses connaissances nouvellement acquises. Il ne l'avait pas été devant elle. En réalité, elle ne savait rien de lui, ne pouvait se reposer sur ce qu'elle avait observé durant leurs rencontres. Il lui avait menti. Il avait joué le rôle du bon gars sympathique et attentionné pour cacher ses noirs secrets. En plus du sentiment d'horreur et d'injustice que lui procurait le cas albanais, elle se sentait manipulée. Elle aurait dû voir à travers son masque... Mais y penser ne changerait rien à sa défaite, le plus important consistait dorénavant à apprendre de cette erreur. Dushkan ne l'embarquerait plus dans sa mascarade.

« Laisse-le ! », lui intima-t-elle d'abord.

Un ordre emporté par le vent car ce petit con l'ignora totalement pour menacer sa victime. Elle laissa tomber son sac à dos et les rejoignit à grandes enjambées. Durant son mouvement, les spectateurs paralysés purent entendre une phrase incompréhensible : « Je vais te me le... » Et elle arrivait déjà, un regard sévère à l'attention de son ancien ami.

« Tu le lâches tout de suite. »

La colère la faisait insister sur chaque mot et ainsi articuler davantage que d'ordinaire. Elle ne criait pas, mais le ton de sa voix annonçait le retour de flamme s'il s'obstinait dans sa lancée agressive. Il pouvait exposer sa brutalité, afficher son véritable visage, déverser sa rage, contre elle, seulement contre elle. Brusquement, elle lui asséna un coup de pied sur la rotule. Vif, sec, précis. Un de ceux qui déstabilisaient l'équilibre. Quelques secondes s'étaient écoulées depuis son instruction, mais c'était trop long pour elle. Il fallait réagir plus vite. Peut-être aussi que l'opportunité avait été trop belle pour la manquer.

« On va pas y passer la journée. Arrête de le terroriser, c'est pas comme ça qu'on va sortir. »

Se rendait-il compte à quel point le terme avait été bien choisi ? Oui, il le terrorisait. Les épargnés ne faisaient pas non plus les fiers. Ils n'osaient bouger ni parler. Des chances pour que celui pris à partie se soit pissé dessus. Il fallait dire que Blerim se montrait sacrément intimidant et paraissait sans limites en cet instant.
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Il est en colère. Ça se sent, ça se voit, et ça reste assez impressionnant, surtout pour un gamin qui ne l'avait pas vraiment vu venir. Blerim n'en revient pas... Il n'allait quand même pas rester coincé dans une tour avec Perséphone et une bande d'ados qui n'avait rien d'autre à faire que des conneries. Agacé, le lycan veut savoir s'il y a une autre clé. Il le faut, hein, forcément. Autant l'Albanais n'est pas tout à fait claustrophobe, autant l'idée de rester confiné ici sans moyen de s'en échapper ne lui plaît pas des masses. Pas le Ribcage ici. C'est ce qu'il avait dit il y a quelques minutes à peine, n'est-ce pas ? Eh bien, maintenant le voilà enfermé, devant supporter la présence d'une traîtresse qui bosse pour la CAA. Ça commence à ressembler un peu trop au Ribcage, finalement. Et ça ne lui plaît pas. Du tout.

Alors cette putain de clé, il va la lui donner ou quoi ?

La voix de Perséphone parvient à ses oreilles, mais ses mots n'ont aucun effet sur lui. Il n'a pas à recevoir des ordres de sa part, il ne manquerait plus que ça. Il lâchera le gamin quand il lui aura donné sa réponse, une réponse qui, espérons-le pour le pauvre ado, plaira à l'ancien trafiquant. Il ne veut pas de ses excuses, il veut savoir où est l'autre clé. Celle qui leur permettra de sortir d'ici. Qui lui permettra de tourner le dos à la blonde et oublier qu'il l'a rencontrée. Si jamais c'est encore possible. Okay, non, ça ne va pas être possible. Un léger grognement franchit les lèvres du loup, tandis qu'il perd soudainement l'équilibre et que le garçon en profite pour s'échapper en courant, allant se cacher derrière ses potes. La mâchoire serrée, Blerim regarde la Britannique, le regard noir. Ou jaune plutôt, le loup se rapprochant de la surface pendant deux secondes, sous le coup de colère qui secoue son humain. Puis le Balkanique pose à nouveau ses prunelles cristallines sur le groupe d'ados, qui n'osaient même plus ciller.

« Bande de cons. »

Murmure-t-il d'une voix rageuse, avant de se diriger vers le bord. La nuit tombe progressivement sur la ville, qui s'illumine peu à peu. Ça y est, ils ont peur de toi maintenant. Un long soupir s'échappe de la bouche du blondinet. Il a donné raison à Perséphone en perdant le contrôle. Elle est la représentante des forces de l'ordre et lui, le parfait symbole des Lycans enragés, dangereux, criminels. Mais quoi ? Etait-il censé rester impassible comme une statue ? Il n'est pas une statue, bordel ! Et pour une fois, ça aurait été sympa qu'on ne le fasse pas chier avec ce genre de conneries, merde ! A croire que c'est trop demander, hein. Quelques secondes plus tard, Blerim se retourne, avant de s'assoir à même le sol, adossé à un mur. Son regard croise celui du gamin qu'il a terrorisé, selon les mots de Perséphone. Enfin... Pas que les mots de Perséphone ; l'ado a vraiment peur de lui maintenant. Tout comme les autres. Peut-être qu'il devrait s'excuser, mais pas sûr qu'il soit très crédible. Quelques secondes s'écoulèrent, lentement, puis l'étranger reprit finalement la parole.

« Y'a pas autre clé, hein ? »

Dit-il, tout en les regardant d'un air blasé, avant de pousser un léger rire narquois. Sans déconner, quoi. Nouveau soupir. Preuve de sa nervosité, Blerim se relève à nouveau, avant de se diriger vers l'escalier. Il n'a pas vraiment envie de continuer à regarder leurs tronches de gamins apeurés, et encore moins Perséphone. Surtout, il se sent mal avec lui-même, parce qu'il s'est toujours promis de ne pas s'en prendre aux gamins. Il y a bien quelques limites qu'il s'est imposées, histoire de ne pas perdre complètement son âme. Mais visiblement, il en dépassé bien trop pour être quelqu'un de bien. S'asseyant sur une marche, l'Albanais passe une main dans ses cheveux. Ça le soûle tout ça, vraiment... Perdu dans ses pensées, repensant à son passé en Albanie, la créature tourne brusquement la tête en se rendant compte que quelqu'un s'était rapproché. Il était tellement discret qu'il ne l'avait pas vu venir.


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Dernière édition par Blerim D. Troshani le Mer 18 Avr - 11:11, édité 1 fois
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Posté le Mar 17 Avr - 20:03.
Blerim n'apparaissait pas si maître de lui-même qu'il l'avait prétendu. Son regard révéla la frontière mince entre l'homme et le loup. Tapi dans l'ombre, constamment à l'affût de la moindre occasion de se libérer de sa cage de chair et d'os. Sa rage lui offrait une savoureuse porte de sortie. L'homme allait-il lui faire ce cadeau ? Était-il seulement en mesure de le lui refuser ? Perséphone se le demanda sérieusement face à cet être qu'elle n'avait jamais connu. Par instinct, sa main droite s'était rapprochée de l'ouverture de sa veste, laquelle cachait par sa fermeture à moitié fermée un holster. Jamais plus elle ne sortait désarmée, et l'option était encore moins envisageable depuis sa séquestration et l'avertissement de « vieux amis ». Mieux valait ne pas compter ceux qui la préféreraient morte. Elle faisait face à au moins l'un d'entre eux, sans aucun doute.

Néanmoins, il se contenta de détourner son attention et de prendre ses distances. Attentive, l'agent de la CAA le suivit des yeux, yeux pour lesquels il était devenu totalement imprévisible. S'ils étaient loin de se connaître parfaitement, il était malgré tout redevenu un total étranger en comparaison à ce qu'était leur relation avant la Révélation. Tous leurs échanges mus par une complicité surprenante avaient été balayés par les mensonges sordides. Piétinés, ils gisaient accablés. Hantaient leurs regards et leurs mots. Ils n'ajoutaient que de l'amertume à ce nouveau lien déformé, enlaidi. Il n'acceptait pas ses engagements comme elle rejetait ses agissements. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était qu'il n'ait pas poursuivi sa comédie dans l'espoir d'avoir un adversaire empathique. Un allié pour se sortir de certaines extrémités. Parce ce qu'il l'avait. Elle avait été prête à agir pour lui épargner les pires condamnations. Pourtant, il l'avait repoussée, violemment accusée.

Il s'assit finalement, comme la Spectre l'avait fait un peu plus tôt au même endroit, et reposa sa question bien plus posément. En fin de compte, peut-être avait-il besoin de brutalité pour écouter ce qu'on lui disait... Toujours figés, les enfants animèrent prudemment la tête pour annoncer ce dont ils se doutaient en silence : non, il n'y avait pas d'autre clé. Ça n'aurait pas été si excitant le cas contraire. Tandis que Perséphone haussait les épaules et se dirigeait vers son sac, Blerim riait et changeait encore de place. La situation lui donnait la bougeotte. Elle remarqua cependant que sa colère s'était quelque peu dissipée. Il avait l'air soudain très fermé sur lui-même et ne montrait plus l'envie de provoquer la mécréante qui avait soit-disant joué avec sa pauvre personne. Du sac à dos, elle en tira son téléphone portable quasiment déchargé. Un coup de fil et elle préférait garder le reste au cas où il y aurait vraiment une urgence. Inutile de téléphoner à droite à gauche sans savoir si ça allait porter ses fruits, les services de la ville étant fermés à cette heure. Ethel ne lâcherait pas l'affaire. Après avoir fait le tour du balcon pour s'isoler, la jumelle enfermée appela celle libre de ses mouvements et lui expliqua la situation. Lui parler l'apaisa. Malheureusement, quand elle raccrocha, l'écran affichait dix pour-cents de batterie.

Quand elle revint de l'autre côté, les jeunes s'étaient assis en cercle dans le coin le plus éloigné de la cage d'escalier. Rester également à l'écart s'avérait tentant, mais elle ne pouvait se taire, le laisser croire qu'il pouvait la menacer sans en craindre les conséquences. Peut-être avait-elle besoin de lui montrer qu'elle avait le même nombre de cartes que lui en mains. Lentement, elle le rejoignit, cherchant comment lancer les hostilités. Elle avait tant à lui cracher à la figure. Le Lycan la surprit en tournant brusquement la tête vers elle et cela suffit à ranimer la colère. Il affichait une expression qu'elle avait souvent aperçue, celle qui trahissait qu'on l'ait surpris dans des songes tourmentés. Elle avait attribué ceux-ci à un passé douloureux... Dorénavant, elle était incapable de ressentir une quelconque compassion. L'idée de connaître ses pensées suffisait à lui donner la nausée.

Elle s'adossa au mur, se postant ainsi derrière lui à distance raisonnable des premières marches, et croisa instinctivement les bras contre son buste.

« J'ai un message pour tes amis et toi : c'est bien beau de se réjouir de ce que me font subir les autres, mais si vous voulez ma mort, va falloir vous bouger le cul. Parce qu'il ne vous reste plus longtemps... Il paraît que la police a de nouveaux éléments pour avancer dans son enquête. »

Un sourire défiant barra son visage. C'est con, vous avez provoqué l'inverse de ce que vous vouliez.

« Et ce ne serait pas très malin de le faire ici. », le prévint-elle avant toute réaction de sa part.

Elle n'avait pas de doute sur les liens entre trafics réversiens, bristoliens et albanais. Il comprendrait qu'elle connaissait sa véritable identité et de ce fait, savait qu'il était, en partie, derrière la menace qu'elle avait reçue à sa sortie d'hôpital. Elle pariait même sur le fait qu'il ait grandement motivé cette démarche. Autrefois sauveur, désormais porteur de mort.
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Il a toujours été impulsif. Mais violent, ça n'a pas toujours été le cas. Avant que Dardan ne débarque dans sa vie et dans la vie de sa famille, il n'avait pas cette rage au fond de lui. Désormais, cela fait partie de lui, cette colère, cette méfiance de tous les instants. Toujours sur le qui-vive, Blerim s'attend toujours au pire de la part des gens. Et quand il ne le fait pas... Il le regrette. Comme cela a été le cas avec Perséphone. Il avait cru pouvoir lui faire confiance, sauf que non. La blonde travaillait pour l'ennemi, probablement voulait-elle le voir mort comme tant d'autres lycans. Comment ne pourrait-il pas lui en vouloir ? Par contre, l'Albanais s'en veut pour sa réaction un peu trop agressive vis-à-vis du gamin. Parce que, justement, ce n'était qu'un gamin, un stupide gamin. Un gamin qu'il a terrorisé... comme si c'était normal. Voilà le monstre qu'il est devenu. Tout ce qu'il a dû faire de terrible pour survivre l'a définitivement changé, et pas pour le mieux. Et c'est trop tard pour changer cela.

Sur ses gardes, le lycan tourne la tête lorsqu'il s'aperçoit de la présence de la Britannique derrière lui, à quelques marches de distance. Qu'est-ce qu'elle lui veut encore ? Qu'elle ait plutôt consoler les enfants, puisqu'elle est si civilisée. Un nouveau soupir s'apprêtait à franchir les lèvres de l'étranger, mais finalement, il n'a même pas le temps de le faire, Perséphone prenant la parole pour commencer à raconter n'importe quoi. Les sourcils du loup des Balkans se froncent, tandis qu'il n'y comprend absolument rien. Un message pour ses amis et lui ? Mais quels amis ? Elle a fumé ou quoi ? Le visage du jeune homme ne peut que refléter son incompréhension. Son incompréhension et son ras-le-bol. Qu'est-ce qu'elle lui veut ? Le faire exploser pour mieux pouvoir s'en réjouir, voire lui passer les menottes ? Désolé, hein, mais ce n'est pas dans ses plans, ça.

« T'faire foutre. J'sais pas de quoi tu parles. »

Si son vocabulaire est encore un peu limité, sa liste de jurons et de gros mots s'élargit à une belle vitesse, avouez. Mais bon, elle l'a bien mérité. C'est elle qui est venue le provoquer ouvertement, alors qu'il s'était éloigné pour pouvoir se calmer et ne terroriser plus personne. Ça montre bien comment elle est sournoise, cette blonde.  

« Je m'en fous si tu meurs ou pas. T'existes pas pour moi. Et j'ai pas d'amis. »

Et si jamais il en avait, il ne le lui dirait pas, bien entendu. Enfin... Il en a quelques-uns, quand même. Notamment les presque homonymes Cassandra et Cassandre, la première l'ayant accueilli chez elle et soutenu malgré son passé sombre, et la deuxième ayant toujours été là pour l'aider, surtout quand il était enfermé au Ribcage et qu'il faisait face à la mort présumée de Drita et aux expériences bizarres de la part des scientifiques. Mais à part elles, il se sentait assez seul, oui. Un étranger coincé dans une ville qui veut sa mort. Heureusement, il a enfin retrouvé sa soeur, en vie... C'est un véritable cadeau du ciel, qui lui donne un peu de force pour se battre. Se battre pour lui, pour sa survie. Il en a marre de se battre contre les autres, il ne le fera que si on l'y oblige. Perséphone y comprise. Le lycan se relève pour regarder l'humaine dans les yeux.

« Je suis pas bonne personne, okay, mais c'est pas moi qui tente de te tuer. Alors fous-moi la paix. Et si tu me crois pas... je t'emmerde quand même. Traître. »

Il se retient de lui cracher au visage. Car ce n'est vraiment pas l'envie qui lui manque. Qu'elle ne vienne pas l'accuser d'une chose qu'il n'a pas faite. Il est peut-être coupable de beaucoup de crimes, mais celui-là, il n'acceptera pas.

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Posté le Mer 18 Avr - 21:23.
Elle aurait pu se contenter de lui annoncer que quelqu'un travaillait à leur ouvrir et repartir. Garder ses distances, partager le moins d'échanges possibles avec lui. Les liens s'étaient rompus, ils n'étaient plus que des ennemis. Mais Perséphone ne lâchait pas facilement ses griefs. Quand la rancune s'était installée, elle devenait un véritable pitbull. Et elle se transformait en reine infernale lorsque sa vie ou celle de ses proches étaient en jeu. Non, le Lycan ne passerait pas de jours tranquilles. En outre, elle ne supportait pas ses grands airs accusateurs. Le type au casier judiciaire interminable et caché sous une fausse identité lui ferait bientôt des leçons de morale. Un tel grand homme se trouvait foutrement bien placé pour juger. Ses grands élans offusqués perdaient de crédibilité et dérangeaient profondément la Spectre. Et voilà qu'il faisait semblant de ne pas comprendre...

Il lui faisait le numéro de l'innocent, magnifique. De l'innocent meurtri au plus profond de lui-même. Je m'en fous si tu meurs ou pas. Pour un homme aux si sombres actions, le monde semblait très manichéen. Enfin, se faisait passer pour quelqu'un qui ne voyait que noir ou blanc. Si on l'écoutait, il était la victime de sa sombre manipulation. Elle n'avait fait que jouer avec lui pour... Pourquoi, au fait ? Un tel jeu n'était intéressant que s'il était motivé, non ? Dans quel but aurait-elle pu se lier d'amitié avec lui si elle ne voulait que sa mort ? Franchement, si elle avait souhaité sa mort, elle l'aurait fait dès leur rencontre. Elle aurait profité du combat avec les Vampires pour camoufler son méfait ; la scène n'aurait paru qu'un règlement de compte entre bêtes sauvages. Cela aurait au surplus encouragé la méfiance envers les Nocturnes. Vraiment, elle n'aurait pas raté cette occasion. Cependant, il savait a priori qu'elle était en réalité une sadique qui aimait jouer avec ses proies... Il devrait peut-être lui transmettre ce qu'il avait appris d'elle en quelques semaines, parce qu'apparemment elle se connaissait très mal.

Un soupir dédaigneux s'échappa de ses lèvres, accompagnant un roulement d'yeux. Lui se levait, sûrement pour l'intimider. Traître. On y revenait. Encore et toujours. Qu'il aimait lui enfoncer ce mot dans le crâne. Traître, alors qu'il ne lui avait jamais laissé l'opportunité de s'expliquer. Et lui, l'innocent, alors qu'il traînait des secrets terrifiants et mentait sur tout ce qu'il était.

« Arrête ton cirque ! Arrête avec tes mensonges ! Arrête avec tes accusations ! Arrête de prétendre que je suis la pire personne d'entre nous deux, ça ne fonctionne plus. »

La colère scanda ses litanies, fit décoller le corps de l'ancienne Elfe du mur et le porta à moindre distance de sa source. Elle devait lever la tête pour continuer à le regarder dans les yeux.

« J'ai tout fait pour te protéger. Et pendant ce temps ? Tu passais un accord derrière mon dos pour ne pas être extradé. Et tu arrivais encore à me reprocher de ne pas t'aider. Qui de nous deux est le plus faux, Dushkan ? » Le prénom fut proféré avec dégoût. « Et n'ose même pas me reprocher mon accent de merde ! », ajouta-t-elle brusquement en haussant la voix.

Perséphone paraissait furieuse et ce n'était pas une apparence trompeuse. Elle ne jouait pas, ne mentait pas. Il avait été déçu de ne soit-disant connaître que ses faux-semblants, qu'il profite du spectacle. Il ne le méritait pas. Il ne méritait pas la vérité. Il ne méritait pas qu'elle se sente aussi mal .

« J'ai lu ton casier judiciaire, jusqu'au dernier mot. Tu crois vraiment que je vais gober ce que tu dis ? Je reçois une menace des gangs dont tu fais partie, et  t'es pas au courant ? Je me suis peut-être fait avoir une fois, mais pas deux. Ton baratin, tu te le mets bien profond ! »

Une main fusa et claqua violemment contre la joue masculine – du moins, c'était ce qu'elle comptait faire. Elle profita de l'effet de surprise pour l'attraper par ses vêtements, le faire tourner et reculer pour le faire cogner sauvagement contre le mur.

« T'es qu'un enfoiré ! Tu me dégoûtes ! »

S'il ne réagissait pas, elle allait le mettre en charpie. En l'instant, Perséphone le maudit avec toute l'énergie dont elle disposait, ses prunelles soudainement d'une obscurité nouvelle plongées dans l'abîme des siennes. Elle le maudissait aux cauchemars et surtout, à s'en prendre à lui-même aussi cruellement qu'il s'en était pris à d'autres.


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Posté le Jeu 19 Avr - 12:36.
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Perséphone & Blerim



Il vient de réveiller un dragon. Perséphone est furieuse, en colère, sa voix chargée de rage. Visiblement, elle croit vraiment que c'est lui qui a trouvé des comparses pour l'attaquer, et ce n'est pas la peine de dire quoi que ce soit pour essayer de la convaincre du contraire. C'est faux pourtant, il n'a rien à voir avec cette histoire. Il juste profiter de sa liberté et la compagnie de sa petite soeur miraculeusement retrouvée. Se venger de Perséphone, ce serait une perte de temps. Blerim ne bouge pas, son regard glacial défiant celui de l'Anglaise, qui se rapproche de lui. La mâchoire serrée, le lycan ne répond rien dans un premier temps. Il sait que c'est lui la pire personne d'entre eux deux, il sait ce qu'il a fait de mal, les vies qu'il a brisées, y compris celle de Drita, par sa faute. Il ne se passe pas un seul jour sans que ses regrets ne le tourmentent impitoyablement, pas besoin que la blonde vienne le lui rappeler. Parce que ça fait mal. Et elle ne s'arrête pas, c'est bien ça le pire.

La respiration du jeune homme s'accélère, ses poings se serrent. Elle ne s'arrête pas, poursuivant sur sa lancée, lui reprochant le fait qu'il ait passé cet accord avec des haut-placés de la CAA alors qu'elle tentait soi-disant de le protéger. Comment est-elle au courant ? L'étranger déglutit difficilement. Oh non... Elle parlait de mensonges il y a à peine quelques secondes. Il ne s'agissait plus du simple fait qu'il était un lycan, un monstre. Pas besoin d'être un génie pour comprendre: elle sait. Elle a dû faire des recherches sur lui et déterrer ses pires secrets... La honte le frappe de plein fouet, alors qu'une envie soudaine de reculer se fait de plus en plus pressante. Il se sent démasqué, mis à nu. Surtout lorsqu'elle prononce son prénom avec un dégoût non dissimulé. L'Albanais ouvre la bouche pour essayer de dire quelque chose - et ce n'était pas pour critiquer son accent - mais il n'en a même pas le temps. La Britannique est vraiment en colère, déversant son mépris sur lui. Et le pire, c'est que cela le blesse, sans qu'il ne comprenne réellement pourquoi. Comme si quelque chose les liait vraiment, dans le fond. A croire que les bons moments qu'ils avaient partagés représentaient plus pour lui qu'il ne le croyait.

« Mais putain, j'te dis, c'est pas m... »

La gifle fuse à une vitesse impressionnante, l'empêchant de terminer sa phrase. La douleur explose sur sa joue, avant que la trentenaire ne profite de ces quelques secondes de surprise pour l'attraper par ses vêtements, le faisant tourner pour le plaquer brusquement contre le mur. Le front du blondinet cogne contre le mur et du sang se met à couler de celui-ci, alors qu'il serre les dents et subit les foudres de son ancienne amie. Blerim a mal physiquement, mais ce n'est pas ça le pire. Perséphone est en train de remuer le couteau dans une plaie infectée, elle est en train de broyer son âme déjà craquelée. Les larmes lui montent aux yeux.

« Arrête. »

Murmure-t-il, suppliant. Mais elle ne compte visiblement pas le faire, sa colère et son dégoût la dominent. Dans un élan de rage, l'ancien trafiquant se sert de sa force décuplée par sa lycanthropie et inverse brusquement les positions. Croyait-elle vraiment pouvoir faire le poids face à un lycan ?

« Putain, arrête ! ARRÊTE ! »

Dit-il d'une voix colérique, tout en la plaquant à son tour contre le mur, tandis qu'une grosse goutte de sang coule le long de son front jusqu'à s'arrêter sur son sourcil froncé.

« Arrête... »

Le loup relève ses prunelles claires vers eux. Eux, les gamins, qui ont apparemment été attirés par la vive dispute qui a éclaté entre les deux adultes. A en voir leurs têtes, cela ne les enchante pas vraiment de se retrouver coincés dans une tour avec Bléblé et Persyphon. Mais qu'ils n'osent même pas se plaindre, parce que bel et bien de leur faute s'ils sont tous enfermés ici.

« Hey, vous dégagez ! On est en train de parler ! »

Il n'en faut pas plus, ils retournent aussitôt se cacher dans leur coin, loin de sa vue. Vue qui se pose ensuite sur Perséphone. Vont-ils vraiment continuer à se battre ici ? Parce que si le premier coup est gratuit, les autres ne le seront pas. Il ne va pas se laisser frapper par une femme quand même. Enfin, par cette femme surtout.

« Oui, je mens. Je mens tout ce temps. Je mens pour survivre. Tout ce que je fais, c'est pour survivre. Mais ça... c'est le passé. A Réversa et Bristol, les seules personnes que je tue en Angleterre, c'est tes Vampires. Avec toi. Pour toi, bordel ! »

Le lycan lui lance un regard lourd de reproches, de rancœur. Et lourd de fatigue, surtout. Il s'assoit à nouveau à même le sol.

« Tu me connais pas, Perséphone. Je suis monstre, mais je veux pas être monstre. On m'oblige d'être monstre et faire ce que je veux pas. Tu... juges. Mais tu sais pas ce que c'est. Te... haïr toi-même tous les jours. La... honte. La peur. Et le jour où j'arrête un trafic de femmes, mon oncle me punit, punit ma famille. Ma petite soeur. C'est pour ça que j'suis en Angleterre. Pour la sauver, parce qu'elle, elle est innocente. Je suis pas innocent, mais elle est innocente. »

Bien entendu, il ne lui révèle pas le fait qu'il l'a déjà retrouvée et qu'elle est désormais en sécurité, cachée elle aussi derrière une fausse identité. Il ne manquerait plus que Perséphone ne décide de s'en prendre à elle aussi pour le punir, comme l'avait fait son oncle. Non, hors de question. Tendu, Blerim se relève, faisant face à l'humaine.

« Dushkan est mort. Dushkan tue son oncle, son chef, parce qu'il ne veut pas continuer comme ça. Parce qu'avant de perdre tout, il n'est pas comme ça. Moi, je sais pas qui je suis. Mais je suis pas Dushkan. Plus maintenant. Blerim ne tue personne en Angleterre. Blerim veut qu'on lui foute la paix, c'est tout. Si tu comprends pas... Rien à foutre. C'est la vérité. »

Dit-il avec un regard absent, amer, avant de s'allumer une cigarette. Bon Dieu, il a vraiment besoin de s'en griller une, là.

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Posté le Jeu 19 Avr - 15:49.
Son esprit embrumé par la fureur n'entendait pas les suppliques de Blerim, ne voyait encore moins les larmes qui s'accumulaient au coin de ses yeux. Ne les analysait pas plutôt. Il était temporairement incapable de les prendre en considération. Son élan ravageur ne pouvait qu'être contré par des gestes du même acabit. Sans riposte, Perséphone plongerait toujours plus bas, vers des actions qu'elle pourrait regretter. La force du Lycan prenant le dessus fut une première mise en garde. Une première étape vers le retour à la réalité. Son dos claquant contre les pierres lui rappela sa position de faiblesse. Le sang coulant du front de son adversaire l'avertit de ce qu'elle s'apprêtait à faire. De ce qu'elle aurait pu faire. Si les battements de son organe vital s'étaient accélérés avec l'adrénaline, désormais le rythme de sa respiration s'altérait face au choc. Elle ne le haïssait pas moins. Au contraire, la rancœur s'insinuait plus odieusement en ses veines. Elle aurait voulu qu'il réplique, qu'il la frappe et l'insulte. Qu'il dévoile l'authentique personne qui se cachait derrière le personnage qu'il s'était forgé.

Elle détourna son attention vers leur public malvenu. Et ne put s'empêcher de rire lorsque l'Albanais les fit déguerpir. Ils parlaient. Tandis qu'il l'immobilisait après qu'elle ait tenté de le tabasser. De ce qu'elle voulait entendre de sa part, il n'y avait que deux options. Mais aucune des deux n'était au programme du criminel. Non, je ne te connais pas. Ces mots résonnèrent dans sa tête sans qu'ils ne franchissent ses lèvres. Elle préférait le laisser poursuivre, intriguée par les prémisses de son discours. Pourtant la suite réduisit la lueur qui s'était éveillée. Qu'elle aurait aimé qu'il clame son innocence. Qu'il raconte toute l'histoire qu'il l'avait conduit à crouler sous le poids de méfaits qui n'étaient pas les siens.

Si tu comprends pas... Rien à foutre. C'est la vérité.

Elle resta d'abord interdite. Il lui manquait des informations pour qu'elle relie tous les éléments qu'il venait de lui donner. Mais il revendiquait avoir été menacé pour accomplir tous ses crimes. Avoir tué pour se libérer du joug d'un oncle tyrannique. Pour protéger sa sœur. S'était-il renseigné sur elle, pour savoir que cela la toucherait ? Il ne pouvait pas se rendre compte de tout ce qu'elle serait capable afin de protéger Ethel. Une seconde, son âme s'accrocha à cette version. Seulement, comme elle l'avait dit, la Spectre ne tomberait pas dans le panneau une seconde fois.

« J'aimerais te croire... Mais de ce que j'en sais, ça pourrait encore être un mensonge. Tu m'as bien fait comprendre que tu n'as aucun respect pour moi, alors un de plus un de moins, quelle différence ? »

L'agressivité s'était dissipée, son ton restait néanmoins sévère. Pourquoi devrait-elle le croire sur parole ? Il n'était qu'aversion envers elle. Elle ne saurait sûrement jamais ce qu'il en était réellement. Le pire était que ce connard réussissait à lui donner envie de le croire. Mais elle ne flancherait pas. Quand ils sortiraient de leur prison éphémère, ils disparaîtraient chacun l'un pour l'autre. Elle continuerait à faire face à ceux qui la voulaient morte, qu'il en fasse partie ou non, et si c'était le cas, il en subirait les conséquences comme les autres. Elle observait la cigarette de l'homme rougeoyer lorsqu'elle ajouta :

« Enfin peu importe. Comme tu l'as dit, rien à foutre. Bientôt, tu retourneras là où est ta place, au Ribcage. »

Une dernière pique et elle sortit du hall pour s'asseoir en s'adossant au mur à côté de la porte. Son organisme avait besoin de se poser, et elle ne resterait pas enfermée. Heureusement qu'ils avaient accès à la plate-forme à l'air libre, sinon elle aurait perdu de sa contenance au fur et à mesure que l'heure tournait. Quel intérêt de débattre de la véracité de son histoire ? Elle n'existait plus.
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Posté le Ven 20 Avr - 10:59.
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Perséphone & Blerim



Bien sûr qu'elle ne le croit pas. Comment pourrait-il s'attendre à autre chose ? Il est un lycan, après tout. Il est un lycan et un ancien trafiquant, un meurtrier. Les mains teintées de sang, la réputation salie à jamais. Dushkan Ujkani n'a plus aucun avenir, et il le sait. S'il veut avoir encore une infime chance d'avoir un avenir, ce sera sous une autre identité. Blerim Dhimitër Troshani... Au départ, celui lui avait fait bizarre d’adopter ce nom, de se faire passer pour quelqu’un d’autre, mais le jeune homme avait fini par s'habituer. Ces quelques mois passés à Réversa avant la Révélation lui avaient permis de mener une vie à peu près normale, libéré de l'influence malsaine de Dardan. Cela lui a plu, cela lui a fait énormément de bien, il s'en souvient parfaitement. L'idée d'être le seul maître de son destin, de sa vie.

Tirant sur sa cigarette, l'étranger laisse Perséphone s'éloigner de lui. Comme tu l'as dit, rien à foutre. Bientôt, tu retourneras là où est ta place, au Ribcage. Ces mots lui font mal, le vexent. Il ne répond rien pourtant, se contentant de serrer la mâchoire, le regard acerbe. C'est une perte de temps, vraiment... S'il le voulait, il pourrait tout lui expliquer. Les moindres détails, les dates... Parce que tout ce qu'il lui a raconté, ce n'était pas un mensonge, loin de là. Mais pourquoi devrait-il le faire ? C'est une bonne question, à laquelle le Balkanique n'a pas de réponse. Il sait juste que, dans le fond, l'idée que Perséphone le voie comme un monstre le dérange. Elle ne veut que le voir pourrir au Ribcage, évidemment. Cela ne le choque pas tant que cela, mais... ça le dérange. Ça le blesse même. Et c'est cette sensation qui le brûle de l'intérieur. Une sensation qu'il tente d'étouffer, en vain, avec la fumée de cette cigarette.

Les secondes s'écoulent, bientôt les minutes également, tandis que la nuit recouvre petit à petit Bristol de son manteau sombre. Le blondinet finit sa clope, avant de se lever et de jeter le mégot, que son pied écrase rageusement. Pourquoi tient-il à lui parler encore une fois ? Son foutu instinct commence à lui taper royalement sur les nerfs, c'est le moins que l'on puisse dire. Un soupir s'extirpe d'entre les lèvres du loup, avant qu'il n'aille enfin rejoindre Perséphone. Blerim se râcle la gorge, puis reste silencieux pendant encore quelques secondes. Le temps de prendre son courage à deux mains et de prendre la parole.

« On vit dans un village dans les montagnes, moi et ma famille. On est pauvres, mais on est des gens bien. On s'aide tous, on reste ensemble. Puis un jour, mon père meurt. Et quelques mois après, mon grand-père. Il n'y a que moi, maman, mon frère et ma petite sœur. On est tout seuls... Puis il arrive. Mon oncle. Il est riche, très riche. Il vit à Tirana et veut nous aider, c'est ce qu'il dit. On a besoin d'argent, donc... On y va tous, vivre avec lui à Tirana. Il épouse ma mère, il l'oblige... Elle dit qu’elle veut, mais je sais que non. Je le sais, je vois ça, mais... J'ai peur. J'ai 17 ans, j'ai peur de mon oncle. Il est mauvais, violent. Et puis un jour... il tue ma mère. Quelques mois plus tard. Un "accident". Mais on sait tous que c'est lui. »

La créature déglutit et prend un instant avant de poursuivre.

« Ma sœur est petite, je veux juste la protéger... La laisser faire ses études. Pour pouvoir partir loin un jour, loin de mon oncle. Etre quelqu’un. Alors je reste, avec mon frère et ma sœur. Mon frère n’est pas loup comme moi, il y a juste moi et mon oncle. Il me veut moi comme... je sais pas, son numéro 2. Je ne peux pas dire non. Alors... je fais tout ce qu’il dit. Je... Je fais tout. Pour protéger ma sœur. Mon frère part loin, il y a juste elle et moi, avec ce... monstre. Je dois la protéger. Si je dois vendre armes ou drogues, je fais ça. Si je dois... Je fais tout. Je fais comme lui, pendant huit ans. »

Je suis devenu lui. Cette pensée le révulse au plus haut point. Il n’a jamais haï quelqu’un comme il haïssait cet homme. L’étranger fait une pause, tentant de reprendre contenance.

« Et un jour, j’en ai marre. J’aide les femmes à fuir en Grèce, je veux arrêter tout ça. Mais mon oncle sait tout. Et il envoie ma sœur en prostitution. Pour me... J’sais pas comment dire. »

Les yeux du lycan se perdent dans le vague, derrière un léger voile d’eau qu’il ne réussit pas à masquer. C’est trop douloureux de penser à ce que Drita a dû subir à cause de lui et de son impulsivité.

« Je tue mon oncle. Je prends son argent, je brûle sa maison... et je vais chercher ma sœur. Pendant des semaines. Albanie, Europe... Puis Bristol. Juste avant la quarantaine. Les hommes de mon oncle me tirent dessus et je finis à l’hôpital. Quand je me réveille, y’a quarantaine, je peux pas entrer à Bristol... Le reste, tu connais. La Révélation, le Ribcage... Je fais accord avec la CAA parce qu’ils me disent que ma sœur est morte, ils me montrent des photos... Et je veux pas aller en Albanie. Je meurs en prison avec les hommes de mon oncle là-bas. Voilà pourquoi. »

Le loup des Balkans passe une main sur ses yeux fatigués. Revivre tout cela est douloureux, accablant. Le regard cristallin de Blerim se pose sur Perséphone.

« Tu bosses pour CAA. Tu sais ce qu’ils font aux Lycans. Je suis né lycan, le Rituel me tue, tu sais ça ! Et tu bosses pour eux... Ça fait mal. »

Le jeune homme détourne son regard, avant de pousser un long soupir. Il se sent exténué maintenant, abattu. Reste à savoir s’il a bien fait de se confier de la sorte à quelqu’un qui travaille pour l’ennemi. Mais bon, son histoire, la CAA la connaît déjà... Qu’est-ce qu’il a à perdre ?

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Posté le Sam 21 Avr - 0:12.
Le raclement de gorge la fit rapidement lever la tête. Elle n'avait pas fait attention aux mouvements, estimant que l'homme ne faisait que sortir et s'isolerait. En tout cas, elle ne s'attendait pas à ce qu'il vienne la voir. Ce n'était pas lui qui voulait la paix ? Ce ne devait être qu'un jeu, une façon de rester en contradiction. Ce fut un regard glacial qui l'accueillit, soutenu par des mâchoires serrées au travers desquelles aucun son ne passerait. Elle n'avait plus rien à lui dire. D'ailleurs, elle ne fit rien pour briser le silence qui sembla s'éterniser.

Elle n'existait plus. Face à lui, cette phrase résonnait et offrait un écho étrange. Un fragment de ce qu'elle avait ressenti deux mois plus tôt, sans qu'elle n'en ait conscience. Non, elle ne comprenait pas pourquoi la situation n'était pas aussi simple qu'elle aurait dû l'être. Ce qu'elle avait découvert balayait tout ce qu'ils avaient partagé, point. Il n'y avait plus rien à attendre, à espérer d'une amitié morte. Elle ne comprenait pas pourquoi elle réagissait comme ça parce qu'elle se connaissait, elle se serait logiquement contenté de l'inscrire sur sa liste des indésirables. Leur amitié n'était pas assez longue pour laisser des traces indélébiles. Surtout, elle savait qu'il était Lycan et qu'un fossé se créerait. Elle ne pouvait s'attacher entièrement à une personne qui préférait entretenir un animal incontrôlable, comme il ne pouvait se lier avec quelqu'un qui rejetait un des choix les plus importants de sa vie. Si elle avait eu dans ses projets de le convaincre de passer le Rituel, la Révélation avait démontré à quel point cela se serait avéré inutile. Malgré tout ce qui les confrontait, une sensation la tiraillait tel un avertissement. Bientôt il n'existerait plus. Elle s'en convainquait alors qu'il ouvrait enfin la bouche.

Son expression aux allures de désert sibérien se transforma sous la surprise lorsqu'elle saisit ce que l'Albanais était occupé de faire. Elle le dévisagea puis observa tous les signes qu'il dévoilait, à la recherche de preuves de sa sincérité. Pourquoi tenterait-il de la persuader si rien n'était vrai ? Aucun intérêt puisqu'il avait exposé le mépris qu'elle lui inspirait. Perséphone s'obligeait à garder ses réserves, mais elle le voyait, le ressentait : l'homme revivait tout ce qu'il narrait. Il s'effaçait à travers ses souvenirs. Son regard lui rappelait ses moments d'errance qu'elle avait plusieurs fois aperçus. Elle écoutait, horrifiée. Agir sous l'emprise d'une personne. La Britannique connaissait malheureusement la facilité avec laquelle on basculait. Les actes que l'on pouvait commettre pour protéger un être aimé... Elle ne savait pas elle-même où se situaient ses limites. Elle se leva, se figea lorsqu'il lui expliqua pourquoi il lui en voulait tant.

Elle ne réfléchit pas, guidée par une impulsion incompréhensible. Un pas, deux pas et elle se pressa contre Blerim, l'enlaçant en même temps. C'était l'heure du câlin.

« Je ne veux pas que tu meures. », confessa-t-elle. « Je te jure que j'ai tout fait pour que tu sois épargné. »

Comme elle se rendait compte de ce qu'elle était en train de faire, elle s'écarta aussi soudainement qu'elle l'avait enlacé. Un pas, deux pas en arrière. Elle se mordit nerveusement la lèvre inférieure, gênée, ne sachant pas ce qui lui était passé par la tête. Passé ce moment embarrassant, elle tâcha de reprendre contenance, reformant un visage plus ou moins neutre. Elle se racla la gorge à son tour.

« Tout ça pour te dire que... - nouveau raclement de gorge – je te crois. Je suis désolée. Merci de m'avoir parlé. »

Il ne se fichait pas tant que ça d'elle. Cela avait une déconcertante importance. Et si un certain soulagement la traversait, elle savait que sa vision de lui serait définitivement transformée. Malgré toutes ses raisons qu'elle concevait, ses actes restaient gravés. Comme les siens. Mais elle n'était pas non plus le monstre qu'il croyait. La situation n'était pas aussi binaire que lui, ses congénères et leurs partisans le déclaraient.

« Je suis désolée que tu ais dû remuer tous ces souvenirs. Tu sais, ce que tu as dit... Je ne t'ai pas manipulé. Alors oui, avant que tu ne te poses la question, je suis sincère. »
Elle lui adressa un bref regard de défi signifiant « ose me contredire », bien que sans agressivité. Elle était plutôt résignée. « Tu peux me haïr, mais pas en inventant de fausses accusations. Déteste-moi parce que je considère les Nocturnes comme une menace, parce que je veux les savoir surveillés et loin de ma famille le temps qu'une solution soit trouvée. Déteste-moi parce que je prends part à ton emprisonnement. Parce que je ne peux pas oublier ce que tu caches en toi. Mais ne m'enlève pas le peu d'humanité que je peux garder à tes yeux s'il-te-plaît, comme je n'enlève pas la tienne. C'est tout ce que je te demande. »


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Posté le Dim 22 Avr - 4:06.
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Perséphone & Blerim



Les souvenirs fusent dans sa tête. Son récit rouvre une plaie mal guérie, fait remonter les regrets et la honte cuisante à la surface. Il ne sait pas si c'était une bonne idée, mais... C'est fait. L'Albanais lui a dit la vérité, s'est ouvert à elle alors que la blonde travaille pour l'ennemi. Blerim espérait secrètement ressentir un certain soulagement avoir lui avoir raconté tout cela, mais malheureusement, il n'en ressent pas la moindre once. Il n'y que la culpabilité d'avoir si brillamment accompli les ordres de Dardan, en parfait bras droit. Avant de tout gâcher et d'envoyer malgré lui sa petite soeur dans un enfer encore pire que le sien. Elle, qui ne le méritait vraiment pas. Désormais, Drita est là, vivante et en sécurité... Mais tout ce qu'elle a subi pendant plus d'un an et demi, le jeune homme se doute bien que cela l'a marquée à vie. Elle a dû vivre des horreurs qu'il n'oserait même pas imaginer... Parce que rien que de le faire, son coeur se briserait en mille morceaux, si ce n'est pas déjà fait, irrémédiablement.

Les yeux clairs du lycan se dirigeaient vers la Britannique, mais il ne la voyait pas vraiment, n'étudiait pas ses réactions. Il était ailleurs, loin, très loin du moment présent et loin d'elle et de cette tour où ils se trouvaient enfermés en ce moment. Ainsi, lorsque la blonde s'approche de lui et le prend dans ses bras, Blerim sursaute légèrement, comment si on venait de le réveiller brutalement. Il ne comprend pas vraiment pourquoi elle fait ça, ce qu'elle veut de lui. Ne le haïssait-elle pas ? Apparemment... Pas tout à fait. Je ne veux pas que tu meures. Je te jure que j'ai tout fait pour que tu sois épargné. Ces mots parviennent à ses oreilles, contrarient tout ce qu'il pensait d'elle. Puis elle se détache de lui, se recule. La bouche de l'ancien trafiquant s'ouvre légèrement, mais il n'ose dire quoi que ce soit. Il ne sait pas quoi dire, c'est aussi simple que cela. Il se sent gêné, étrangement. Comme si cela ne venait même pas de lui. Visiblement, Perséphone ne l'est pas moins. Ce câlin était vraiment très étrange, après tous les mots acerbes qu'ils s'étaient balancés à la figure. Mais... Quelque chose a changé, finalement. La trentenaire sait la vérité maintenant. Elle s'excuse même, puis le remercie pour lui avoir parlé. Blerim hoche la tête, lentement. Remuer les souvenirs, c'était inévitable. Cela fait partie de lui, de son histoire. C'est un chapitre de sa vie qui a laissé des marques indélébiles. Un chapitre qu'il fallait connaître pour mieux le comprendre lui et ses actes peu glorieux.

Le Balkanique reste silencieux, laissant l'Anglaise poursuivre. Cette dernière lui assure qu'elle ne l'a pas manipulé, qu'elle est sincère. Elle lui en veut pour ses accusations, de fausses accusations, tient-elle à souligner. Puis elle énumère les raisons pour lesquelles il pouvait la haïr, des raisons plus que valables. Blerim regarde la blonde, sans piper mot. Il comprend ce qu'elle veut dire. Il n'a peut-être pas été très juste en l'accusant d'être une traîtresse ou de l'avoir manipulé pendant tout ce temps. Peut-être que ce n'était pas prémédité et que tout n'avait pas été qu'un mensonge entre eux. Mais il se sentait trahi, et ce sentiment, il ne l'oublierait pas de sitôt. Est-ce que le lycan la hait réellement ? Il ne saurait dire au juste. L'étranger lui en veut encore, ça, c'est sûr et certain. Mais il peut comprendre son point de vue, dans le fond.

« C'est difficile. »

Dit-il d'une voix rauque, avant de détourner son regard.

« Je t'enlève pas ton humanité. Je sais que t'es humaine, que tu vois les Nocturnes comme menace. Je comprends. Mais... Le Ribcage, c'est pas une solution. C'est... l'enfer. Les expériences... On est des gens. Pas animaux. » Le loup fait une pause, avant de plonger ses yeux dans ceux de Perséphone. « Je veux pas retourner là-bas. Perséphone, je peux pas... »

A l'époque, il s'était résigné, parce qu'il croyait avoir perdu Drita. La dernière raison qu'il avait de se battre. Sauf que là, tout a changé ; il l'a retrouvée, et maintenant il veut rester à ses côtés, la soutenir, la protéger. Il ne peut pas l'abandonner une nouvelle fois, il ne se le pardonnerait jamais.

« Je veux être type bien. Je peux être type bien. Mais pas au Ribcage... »

Un soupir s'échappe d'entre ses lèvres. A-t-il vraiment le droit de lui demander de l'aide ? De lui demander de fermer les yeux s'il devient un fugitif ? Il ne pense pas, non. Mais une chose est sure : il ne compte pas retourner dans ce ghetto sécurisé et laisser Drita toute seule face aux dangers qui rôdaient à Bristol.


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Perséphone L. Carlton
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Posté le Mer 25 Avr - 19:51.
Leur vision respective ne s'aligneraient jamais. Ils étaient voués à s'opposer, à se méfier mutuellement, à maudire l'autre pour ses convictions et s'indigner qu'il n'entende raison. Pourtant, Perséphone n'avait pas choisi la facilité en ne le considérant que comme un monstre. Elle avait su apprendre et apprécier une partie de sa personnalité. Ce serait tellement plus simple de renier leur complexité pour ne voir en eux que l'horreur ravageuse. Parfois elle se demandait pourquoi elle ne sombrait pas dans l'indifférence totale alors que les Aberrations  ne se donnaient pas la peine de chercher les racines de la conjoncture actuelle. Mieux, elles se prélassaient dans le rôle de victimes, cherchaient empathie et compassion sans jamais se sentir concernées par le sort des proies. Prédateurs suprêmes auxquels tout était dû et jamais redevables. Une déception intense s'empara de la Spectre alors que Blerim déclarait ne pouvoir lui accorder la nuance qu'elle méritait. En tout cas, difficilement... Pourquoi avait-elle espéré ce lycan différent ?

Ses paroles suivantes apaisèrent quelque peu la rancœur en éveil. Elle n'entamerait pas le débat sur leurs conditions de détention ; elle les trouvaient relativement correctes en comparaison des idées de certains. Au sein de la CAA, nombreux étaient ceux qui auraient approuvé une cellule exiguë et le minimum vital à la survie des prisonniers. Quant aux expériences, elles représentaient un mal nécessaire pour que la situation évolue. Blerim venait de lui apprendre qu'il était né lycan ; Perséphone croyait en son père pour élaborer une solution. Pour qu'un jour il vive sans ce parasite. Elle soutint son regard alors qu'il affirmait ne pas pouvoir retourner au Ribcage, à la fois navrée et résolue. Elle lui devait la vie, elle ne l'oubliait pas. Malgré ce qu'il avait fait, elle avait une dette envers lui et se tiendrait à cette promesse implicite autant qu'à cette volonté inconsciente. Cependant, elle ne pourrait se résoudre à le laisser sciemment en liberté.

« Je pourrais détourner l'accord, tout faire pour que les chercheurs ne t'utilisent plus. Mais puisque nous sommes maintenant honnêtes l'un envers l'autre, je ne peux pas te promettre que je te laisserais en liberté... Je ne serais ton alliée que si tu ne deviens pas fugitif. »

Ami ou non, elle ne pouvait pas oublier ce qu'il cachait dans l'obscurité de son être. Elle ne pouvait présumer de sa stabilité parce qu'il l'avait sauvée, parce qu'il s'approchait d'un ami et qu'elle avait envie de lui faire confiance. Jamais la lycanthropie n'aura grâce à ses yeux.

« Moi aussi, j'ai une sœur à protéger. Une famille qui a déjà trop souffert. Comme toi, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'elle trouve la paix qu'elle mérite. Je ferais n'importe quoi pour chacun d'entre eux et je ne prendrais aucun risque qui pourrait leur nuire. J'ai promis à ma jumelle qu'un jour ses angoisses n'auront plus raison d'être, que son traumatisme ne sera plus qu'un mauvais souvenir. »

Comme si elle devait justifier ses choix. Le dialogue qu'il avait entamé la conduisait à se confier. Notamment parce qu'elle trouvait sa vision d'elle injuste, que ça la blessait qu'il trouve difficile de lui accorder une once d'humanité. Sans doute aussi en avait-elle marre qu'elle soit, à l'instar de ses collègues, considérée comme l'incarnation du Mal. Bien sûr, ils n'étaient guidés que par un sadisme qui aurait enfin l'opportunité de s'épanouir...  Bien sûr, elle n'avait aucune considération pour les Aberrations et se repaissait de leur souffrance et de leurs morts.

Elle soupira et détourna le regard vers la ville illuminée avant de franchir les quelques pas qui la séparaient de la balustrade et s'y accouder. Il ne pouvait la tuer sans signer son arrêt de mort. La vie de fugitif serait bien moins compliquée sans un meurtre l'ajoutant à la liste « dangereux ». Elle supposait qu'il le savait ; c'était plus concret pour elle que de simplement espérer qu'il ne reprendrait pas la vie qu'il lui avait offert. Parce que ce qu'elle venait de lui avouer lui était sans doute difficile à accepter. N'importe qui aurait pu être à cet endroit, à cet instant alors que des Vampires l'attaquaient. Il avait fallu que ce soit un foutu Lycan.

« Bientôt, une meilleure solution sera trouvée. En attendant... Je n'en vois pas d'autre. »



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Posté le Sam 28 Avr - 13:35.
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Perséphone & Blerim



C'est dur de ne pas lui en vouloir. C'est dur de ne pas se méfier de cette femme qui bosse pour la CAA. Comment pourrait-il ne pas le faire, comment ? Après tout ce qu'il a subi, c'est impossible. Et pourtant, une partie de lui ne veut pas garder cette rancœur vis-à-vis de Perséphone. Une partie de lui comprend son point de vue, son sentiment d'insécurité face aux autres créatures. Lui-même craint un peu les Vampires, à vrai dire... Ce que le lycan n'avouera jamais à voix haute, évidemment. Ceci dit, même s'il veut bien faire un effort pour comprendre son point de vue, il ne peut pas accepter l'idée de retourner au Ribcage. Pas maintenant qu'il a enfin retrouvé sa sœur, qu'il se sent revivre. Autant l'idée d'être enfermé là-bas ou même de devoir subir des expériences douteuses ne lui faisait rien avant, autant aujourd'hui cette idée l'horripile au plus haut point. Il ne peut se résigner à l'idée de perdre à nouveau sa petite sœur ou de la mettre en danger.

Son regard se fige dans celui de la blonde. Il ne peut pas retourner au Ribcage, il ne peut pas. Lui dire qu'il acceptera de se faire enfermer comme une bête sauvage à nouveau, ce serait un mensonge. La supplier de fermer les yeux alors qu'il pourrait devenir un fugitif... Il n'osera pas vraiment le faire non plus. Pas avec des mots, en tout cas, parce que son regard, lui, est déjà en train de le faire. Perséphone lui dit alors qu'elle pourrait détourner l'accord, faire de son mieux pour que les chercheurs ne l'utilisent plus comme cobaye. A condition qu'il ne devienne pas fugitif. A partir du moment où il le deviendrait, elle serait à nouveau son ennemie. La mâchoire de l'Albanais se serre, tout son corps se tend comme un arc. Blerim détourne son regard, n'ose plus soutenir son regard. Elle lui demande de retourner volontairement dans cet enfer... C'est impossible, tout simplement. Finalement, les yeux clairs de l'étranger se dirigent à nouveau vers le visage de la Britannique, qui lui parle alors de sa soeur, qu'elle veut protéger et rassurer. Une sœur jumelle... Pendant quelques secondes, la lueur de colère qui flottait dans les prunelles bleues de l'ancien trafiquant cède sa place à une lueur curieuse.

« T'as une sœur jumelle... » C'est plus une constatation surprise qu'une question à proprement parler. Il ignorait ce fait ou du moins, ne se souvenait pas que la trentenaire lui en ait parlé. Ce qu'il tient à souligner, histoire qu'elle ne pense pas qu'il compte s'en prendre à elle. « Je savais pas. »

La blonde finit par pousser un soupir et détourner son regard vers la ville, qui s'est progressivement illuminée au fur et à mesure que la voûte céleste s'est assombrie. Blerim reste immobile pendant quelques secondes, observant l'Anglaise – oui, il est encore en train de la mater, mine de rien – puis il soupire à son tour. Rien n'est évident dans cette putain de ville. Non, mieux, rien n'est évident dans sa putain de vie. Toujours quelqu'un pour lui planter un couteau dans le dos ou pour lui enlever ceux à qui il tient. Et pour une fois qu'il ne se sent plus aussi seul, voilà qu'on veut renfermer les "Aberrations". C'est eux les vraies aberrations, les dirigeants de Bristol, de la CAA, toutes ces conneries. Lentement, le lupin s'en va rejoindre Perséphone, s'arrêtant à quelques pas d'elle. Maintenant que sa colère est redescendue d'un cran, sa présence ne lui est plus aussi désagréable que tout à l'heure. En réalité, cette conversation lui a fait du bien, il se sent soulagé de lui avoir raconté son histoire. Son cerveau sait qu'il ne devrait pas lui faire confiance, mais quelque part, Blerim sent qu'il peut le faire. Qu'elle ne lui veut pas de mal, au contraire, qu'elle veut même l'aider. Soudainement, la main du lycan se glisse dans celle de la blonde. Le jeune homme la regarde pendant quelques secondes, sans trop savoir quoi dire.

« Je comprends. Moi, comme toi, je peux pas promettre... Je sais pas ce qui va se passer... Je sais juste que t'es personne bien. T'es avec la CAA, mais t'es encore humaine. Mieux qu'eux. »

Dit-il, avant de lâcher sa main, se rendant compte de cette proximité presque inespérée, qui n'est peut-être pas une bonne idée. Cependant, il ne recule pas. Il est bien là où il est, à quelques centimètres de la blonde et de sa présence agréable. Blerim se racle alors la gorge, avant de changer de sujet.

« Tout à l'heure, tu penses que c'est moi qui te fais du mal, avec les autres...  Qu'est-ce qui s'est passé ? Qui tente de te tuer ? Tu peux me parler, je dis rien. »

La question est posée d'une voix douce, tandis que ses sourcils se froncent légèrement sous le coup de la curiosité. Avec sa propre histoire, il en avait presque oublié ce qu'elle avait dit quelques minutes auparavant, quand elle l'accusait d'être l'allié de quelqu'un qui lui avait fait du mal.

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Posté le Lun 30 Avr - 17:42.
Les lacunes de Blerim à son sujet se révélaient nombreuses. De même que les siennes à propos de l'albanais, bien qu'elle venait d'apprendre son histoire. Leurs discussions ne s'orientaient pas vers le personnel, encore moins l'intime. Et, en aussi bonne entente étaient-ils à cette époque, elle n'aurait jamais offert des outils pour s'en prendre à elle. Sa situation était plus dangereuse encore qu'à l'heure actuelle ; au moins avait-elle l'appui du gouvernement désormais. Tout était dorénavant officiel et ainsi plus périlleux de s'attaquer à la main armée de la Couronne. Cela restait aberrant de baisser des barrières maintenant, alors que leurs positions étaient clairement conflictuelles. C'était étrange comme des confidences embrouillaient la méfiance. Cependant, elle ne baissait pas complètement la garde. Elle ne se sentait pas – plus – menacée, mais son esprit était ainsi fait qu'il s'attendrait toujours à une potentielle agression. En particulier de la part d'une Aberration.

Souvent, elles n'avaient pas de mauvaises intentions, déclaraient-elles. Un accident tragique. Un dérapage. Un drame qui ne se reproduirait pas. Souvent, ça se reproduisait. Mais comme elles affirmaient que c'était involontaire, il fallait compatir et simplement croiser les doigts pour que ce soit la dernière fois. Inconcevable pour Perséphone. S'il était possible de briser ce cycle, elle ne se contenterait pas d'espérer. Elle n'avait pas de pitié pour celles qui ignoraient les exactions de leur parasite en prônant leur droit à la liberté, mais leurs morts restaient des défaites à ses yeux. Elle attendait avec impatience le jour où son père lui annoncerait avoir trouvé le moyen de paralyser leur hôte incontrôlable. Même si, au fond d'elle, elle savait qu'il y en aurait toujours pour refuser tout compromis. A s'indigner, comme si les humains violents n'étaient pas enfermés. Combien de personnes jugées un danger pour autrui ou pour elles-mêmes se retrouvaient internées ?

Alors non, elle n'avait pas de meilleure solution et elle ne considérait pas l'actuelle comme mauvaise ni même à jeter. Elle avait conscience que ce devait être difficile à entendre pour Blerim. Il avait affiché une telle détresse. Cela avait presque sonné comme un appel à l'aide. Pour cette raison, l'agent s'était détournée et avait préféré se plonger dans la contemplation de la ville. Elle ne comprenait pas pourquoi son malheur la remuait autant alors que se détacher était devenu un réflexe  quotidien. Était-ce une preuve supplémentaire à sa fragilité temporaire ? Alors qu'elle tentait d'effacer ce regard de ses rétines, son propriétaire la surprit en engageant le contact. Elle sentit d'abord sa peau caresser la sienne avant d'observer les doigts de Blerim entrelaçant les siens, leurs mains tendues dans le vide par-dessus la barrière. Un frisson la parcourut ; réaction de deux sentiments contraires. Elle ne souhaitait aucune intimité avec lui. Elle ne s'écarta pas. Paradoxe à l'image de ce rendez-vous hasardeux, balançant entre des extrêmes, qui n'aurait jamais de conclusion évidente. Elle s'épargna de tourner la tête vers lui, s'interrogeant sur ses intentions. Ses sourcils se froncèrent à l'écoute de ses paroles. Enfin, en l'entendant expliquer qu'il ne savait pas ce qu'il ferait le jour où le Ribcage serait de nouveau fonctionnel. Au moins aucune promesse qui serait brisée n'avait été échangée.

Un mur venait d'être détruit. La franchise avait permis de restaurer le respect jusque là transformé en aversion et, pour cette raison, Perséphone ne s'évertua pas à le convaincre. Ils connaissaient à présent la posture de chacun, sans qu'aucun n'ait renié l'autre. Dans un avenir proche, ils devraient sans doute s'affronter. Mais pas maintenant.

Le regard toujours dans les hauteurs, elle sourit. Il aurait pu lire dans ses pensées que ça ne l'aurait étonnée qu'à moitié, ses paroles faisant écho à son ras-le-bol. Par ailleurs, la plupart des membres de la CAA étaient justement profondément humains. Accablés par la vie dans laquelle il était normal de défendre ceux qui leur avait arraché une partie d'eux.

Le Lycan lâcha sa main, encore une fois comme s'il entendait ses pensées. Elle pencha alors la tête pour l'avoir dans son champ de vision alors qu'il enchaînait sur le sujet qui avait provoqué l'explosion. Des lignes de contrariété se dessinèrent aussitôt sur le front de la blonde tandis que ses mâchoires se serraient. Et s'ouvrirent finalement pour expliquer la situation à son compagnon improvisé.

« Avant la Révélation, j'enquêtais sur un réseau de prostitution. On a arrêté quelques personnes et découvert des liens entre Réversa, Bristol... et l'Albanie, ce qui explique que je te pensais impliqué. On a réussi à sauver plusieurs femmes. C'était impossible de tout démanteler, de tous les arrêter, surtout de toutes les sauver. Forcément, ils n'ont pas apprécié que je m'acharne, que je les poursuive jusqu'à Bristol... Je croyais que les événements de la Révélation les avaient suffisamment occupés pour m'oublier. En tout cas, ils m'ont retrouvée. J'ai trouvé un mot dans ma boîte aux lettres, accompagnée d'une photo de moi sortant de l'hôpital. J'imagine que c'était le bon moment pour m'intimider. »

En parler réveillait la colère et la frustration que cette affaire avait provoqué. La peine, les horreurs qui l'avaient hantée également. Elle l'avait touchée en plein cœur. Dès que son poste à la CAA l'avait empêchée de poursuivre l'enquête, elle avait insisté auprès de la police bristolienne pour qu'elle devienne une de leur priorité. Les malfrats n'oubliaient pas facilement ceux qui leur avaient mis des bâtons dans les roues. La Spectre désigna le pansement décorant son cou alors que ses lippes s'étiraient en un sourire ironique :

« Ça, c'est encore autre chose, un cadeau de Vampires. Eux se contentent de mots doux pour me faire peur. »

Elle se tourna ensuite sur un angle droit afin de se retrouver face à l'ancien trafiquant, ne gardant plus qu'un coude sur la barrière, l'autre main posée sur sa hanche. Entre-temps, son visage était redevenu sérieux.

« Après avoir lu ton casier, j'ai cru que tu les avais poussés à se réattaquer à moi. Que notre rencontre n'était pas un hasard et que tu me manipulais pour le réseau. »
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Posté le Ven 4 Mai - 12:06.
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Perséphone & Blerim



Le sang séché sur son front et ses doigts entrelacés dans ceux de Perséphone à cet instant. Deux petits détails qui symbolisaient bien cette rencontre improbable et vraiment paradoxale. Ouais, décidément, rien n'est jamais simple avec ces deux-là. Et pourtant... L'orage semble être passé. Désormais, ils ne s'attaquent plus, les armes sont rangées, du moins pour le moment. Ils parlent, s'écoutent l'un l'autre, sans se faire de promesses inutiles qu'ils ne pourraient sûrement jamais tenir. Blerim finit par lâcher la main de la blonde, un peu mal à l'aise par cette proximité qui n'avait pas vraiment lieu d'être, surtout après cette confrontation initiale plutôt violente. Mais il ne se recule pas. Non, il reste là où il est, les yeux rivés sur l'Anglaise, curieux de savoir ce qui lui est arrivé et surtout, pourquoi elle croyait qu'il lui en voulait au point d'avoir tenté de la tuer.

Les sourcils froncés, la créature l'écoute attentivement, tentant de comprendre tout ce qu'elle dit. Okay... Maintenant il comprend mieux pourquoi elle se méfiait ainsi de lui. Mais la vérité est qu'il ignorait que la blonde avait enquêté sur un réseau de prostitution qui avait des liens avec l'Albanie. C'est fort possible que ce soient même les hommes de son oncle. Que Drita ait été l'une de ces filles que Perséphone a tenté d'aider. Le cœur du Balkanique se serre à cette pensée. Savoir sa petite sœur en sécurité le rassure et soulage sa peine et sa culpabilité, mais il n'oublie pas ce qu'il a fait, ni les conséquences de ce qu'il a fait. Certains diraient "c'est fini, ça va aller", et lui-même aime à croire que ce sera effectivement le cas... Mais quelque part, il n'oubliera jamais cette période sombre de sa vie. Ça fera partie de lui jusqu'à la fin de ses jours. Hochant lentement la tête, Blerim ne dit rien. Il comprend, et rien que son regard le montre. Ce n'est pas à elle qu'il en veut.

La Britannique poursuit, désignant cette fois-ci ce pansement dans son cou. Des Vampires ? Shit. Le juron franchit ses lèvres, rauque. Ces Vampires, est-ce que c'étaient ceux du groupe qui l'avait attaquée quelques mois avant la Révélation, le soir où ils se sont rencontrés pour la première fois ? Fort possible. Encore une fois, le lycan temporise, ne répondant rien, même si une grimace désolée a pris place sur son visage. Les yeux de l'étranger croisent ceux de la blonde, tandis qu'elle lui explique qu'en lisant son casier, elle a cru que c'était lui qui les avait poussés à s'attaquer à elle à nouveau. Sauf que non, la réalité est tout autre.

« Je comprends. Si je suis toi, je pense la même chose... Mais c'est pas moi, non. J'suis fatigué... Fatigué de vivre en guerre. J'attaque pas si on m'attaque pas. Je veux juste la paix. »


Est-ce si difficile à croire que ça ? Il n'a jamais voulu devenir un trafiquant, il n'a jamais voulu tuer ou blesser qui que ce soit. Avant, il n'était qu'un jeune berger qui vivait dans un village isolé dans les montagnes du Nord de l'Albanie, il n'avait aucune ambition en rapport avec l'argent sale ou le monde du crime. Et dans le fond, il n'a pas tant changé que ça... Il s'est juste adapté à la réalité hostile qui l'avait soudainement englouti lui et sa famille. Maintenant que son oncle est mort et que sa sœur est là avec lui, il n'a plus aucune raison de continuer à faire le sang sur son passage. Il reste seulement à savoir s'il ne sera pas obligé de le faire... Mais quoi qu'il en soit, ce n'est pas Perséphone son ennemie. Enfin, elle n'est pas son amie non plus... C'est compliqué, ouais.

« Euh... Si tu veux, je peux aider avec ce réseau. Peut-être que je connais des types, des noms. J'ai déjà dit à la CAA ce que je sais, mais je peux essayer. Je veux arrêter tout ça, les mauvais types qui aiment ça. Je déteste ce qu'ils font. »

Sa mâchoire se serre, tandis que les mauvais souvenirs refont surface. Il les hait tous, tout comme il haïssait son oncle. Il hait tout ce qu'ils représentent, tout ce qu'ils l'ont obligé à faire. Aider à tous les faire tomber, il le fera sans hésiter.

« On vit dans un monde mauvais. Faut être fort. Plus fort que ton ennemi. Je ne suis pas ton ennemi. Mais ils sont tes ennemis, donc... Fais attention. »

Dit-il avant de tapoter doucement son épaule et de s'éloigner ensuite de l'Anglaise, un soupir s’échappant de sa bouche.

« Alors, on sort d'ici ou quoi ? »

Faudra bien qu'ils trouvent un moyen, hein.

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Perséphone L. Carlton
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Posté le Mar 8 Mai - 19:17.
Toute son attention était fixée sur Blerim. Elle s'était positionnée afin de le voir dans sa globalité, afin de percevoir son expression, ses gestes. Plissement d'yeux, tressaillement, pincement de lèvres, froncement de sourcils, tension, crispation des poings... N'importe quel indice le trahissant. L'avoir cru ne l'empêchait pas de chercher confirmation – ou l'inverse. Une voix lui répétait que c'était trop facile. Une histoire tragique et il redevenait innocent. Non, pas tout à fait. Mais suffisamment pour que cette voix l'interpelle. Pouvait-elle le croire sur parole ? Elle l'avait vu, l'avait ressenti. Bizarrement, sa certitude n'animait que davantage sa méfiance en un sens. Elle voulait prouver qu'elle avait raison d'y croire, qu'elle ne se laissait pas avoir par une comédie bien menée, sauf que c'était impossible. Intérieurement, discrètement, ça l'agaçait. Alors même que la réaction du Lycan n'avait rien de suspecte. Au contraire, elle puait les rêves brisés.

Il la surprit même en proposant son aide pour coincer les trafiquants. Satisfaite de sa bonne intuition, la petite voix rappela que ça lui permettrait de dégager des concurrents gênants. Perséphone balaya cette pensée, pour l'instant assurée de son ressenti. De plus, une telle aide resterait bénéfique et permettrait de le confondre dans ses manigances s'il y en avait.

« Ton aide serait la bienvenue et appréciée. » D'abord, la voix pour le sortir de ses souvenirs, puis un regard grave l'ancra dans la réalité présente. « Je pense qu'elle est indispensable pour que l'enquête fasse des avancées notables. Tu as tout vu de l'intérieur, tu connais leurs noms, leurs visages, leurs habitudes... »

S'il avait déjà donné des informations à la CAA, qui les avait elle-même relayées à la police, ça expliquerait le réveil soudain de leur intérêt pour elle. Les flics devaient les avoir dérangés d'une quelconque façon... Se pourraient-ils qu'ils soient liés à sa séquestration ? L'idée lui traversa l'esprit, mais fut démontée par la manière dont elle s'en était sortie. S'ils avaient tiré les ficelles, elle n'aurait jamais pu négocier une libération. Blerim la tira à son tour de ses pensées, et elle l'observa débiter son principe de vie, incapable de parler. Faut être fort. Pas seulement plus que son ennemi. Parfois, les ennemis se cachaient derrière les amis. Les amants. Il fallait pouvoir affronter n'importe qui, et n'importe quelle situation. Il n'était pas son ennemi, lui assurait-il. Elle ne le voyait plus comme tel. Malgré tout, cette ombre restait.

Perséphone le regarda, incrédule, alors qu'il lui tapotait l'épaule et se détournait. Fais attention. Merci du conseil, j'y aurais pas pensé moi-même. Ce paternalisme la fit grincer des dents. Elle n'aurait pas dû « faire attention » si ça avait été lui son ennemi ? Il eut le temps de changer totalement de sujet pendant qu'elle ravalait ses piques acerbes et un rire moqueur. Elle décolla du muret afin de rejoindre son sac qui gisait à quelques mètres. L'écran de son téléphone extirpé de la poche avant s'entêta à ne pas sortir de veille. Bref, les derniers pourcentages de batterie avaient expiré. Inutile, elle le rangea et reposa son sac contre la paroi avant de revenir auprès du Lycan. Elle n'était pas encore décidée si elle lui disait que quelqu'un travaillait à les faire sortir ou si elle le laissait croire qu'ils étaient bons à passer la nuit dans cette tour. Peut-être que c'était bien ce qui allait se passer.

« Si tu sais fabriquer une clé, on pourrait sortir tout de suite. Sinon, il va falloir être pa... »

La blonde avorta sa phrase pour tourner son attention vers un des adolescents qui les rejoignait. Depuis leur intervention au moment de l'échauffement de la discussion, ils avaient fait profil bas et elle les avait occultés de ses pensées.

« Tu as besoin de quelque chose ? », lui demanda-t-elle, surprise qu'il tente une approche.

Le jeune garda une distance raisonnable, mais il avait retrouvé de l'aplomb.

« Non... En fait, on se demandait... Vous avez l'air d'être réconciliés, pas vrai ? Vu que ça va mieux, on s'est dit que vous pourriez avoir faim. On a des chips. Puis heu... Vu qu'il y a rien à faire... Ça vous tente une partie de Donjon&Dragons ? »

L'évocation de la nourriture fit gargouiller le ventre de la Spectre. Elle sourit.

« Ouais, j'ai faim. Ils sont à quoi, vos chips ? »

Elle lança un regard à Blerim pour l'inciter à accepter, tandis qu'elle suivait déjà le gamin. Elle avait besoin de se préparer à la descente, et alléger leurs pensées leur ferait le plus grand bien. Ce n'était pas le lieu pour réétudier l'affaire des réseaux sous toutes les coutures et se contenter de râler sur leur enfermement temporaire attirerait de nouveau mauvaise humeur.

« J'ai appelé quelqu'un quand j'avais encore de la batterie. Si tout va bien, on va plus devoir attendre longtemps. », annonça-t-elle puis elle interpella l'ado : « Donjons&Dragons, tu m'expliques ? »
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Perséphone & Blerim



Son offre n’est un quelconque piège ; Blerim veut réellement que tous ceux qui collaboraient avec son oncle soient punis pour ce qu’ils faisaient, et notamment ceux qui s’en réjouissaient réellement. Certains diraient peut-être que le fait d’y prendre du plaisir n’est pas un grand détail, mais pour le Balkanique, c’est un gros détail, un détail qui fait toute la différence. Parce que cette ligne ténue, c’est ce qui lui permet de ne pas se haïr complètement, de se regarder encore dans la glace sans y voir le reflet d’un monstre pervers. L’Albanais n’a jamais pris le moindre plaisir à infliger cette torture à ces jeunes filles que le large réseau de Dardan Ujkani attirait impitoyablement dans ses filets. Non, bien au contraire, cela le dégoûtait, beaucoup plus que le trafic d’armes ou de drogue. Parce que cela impliquait des gens, des êtres humains et qu’il pouvait voir à quel point ce qu’ils faisaient était cruel et néfaste. Alors voilà, s’il pouvait aider à leur faire payer pour leur cruauté, il le ferait de bon gré.

Se détournant de Perséphone, le lycan pousse un soupir. Dehors, la nuit est en train de tomber doucement sur la ville ; il serait sérieusement temps de sortir d’ici quand même. La blonde lui dit alors que la seule façon de sortir de cette tour tout de suite, ce serait qu’il sache fabriquer une clé. Blerim fronce légèrement les sourcils. Eh non, il ne sait pas fabriquer de clés. Par contre, forcer une serrure, entrer par effraction chez quelqu’un, ça il sait faire... Mais il doute fort qu’il puisse forcer la solide porte de la tour, malheureusement. Cependant, avant-même que la Britannique n’ait eu le temps de conclure sa phrase, voilà que l’un des ados les rejoint. Qu’est-ce qu’il veut encore ? Blerim se contente de croiser les bras tout en regardant le gamin. Les paroles du gamin auraient pu le faire rire s'il n'était pas aussi plongé dans son passé cauchemardesque en ce moment. Réconciliés, eux ? Bon, ce n'est plus la guerre ouverte, mais de là à être vraiment réconciliés... Cela dit, il n'a pas tort, le petit : il commence à avoir la dalle. Tandis que le lupin garde le silence tout en observant l'ado, Perséphone finit par répondre positivement à la proposition de ce dernier. Puis elle lui lance un regard qui finit de lui ôter la moindre envie qu'il puisse encore avoir de les rejoindre.

Fatigué. L'Albanais est fatigué, lassé, mais curieusement, il se sent aussi un peu soulagé après lui avoir raconté la vérité. Les mensonges sont plus lourds qu'on ne pourrait l'imaginer, et il faut dire qu'il en traîne pas mal sur ses épaules depuis de longues années. Après... Peut-il vraiment faire confiance à la blonde ? Le jeune homme ne saurait le dire avec certitude, parce que la méfiance reste toujours là, réveillée dans un coin de son esprit, malgré cette petite trêve. Mais il peut se forcer à ne pas y penser maintenant. Etre sympa, suivre Perséphone et rejoindre les gamins. Eventuellement s'excuser aussi pour sa réaction exagérée de tout à l'heure - quoique, le connaissant... c'est peut-être trop lui demander finalement. Le lycan regarde l'Anglaise quand elle lui dit qu'elle a appelé quelqu'un quand elle le pouvait encore. Blerim hoche la tête. Bien, super nouvelle... Elle aurait déjà pu le dire avant, n'empêche. Mais bon, l'ambiance était tendue et la conversation intense, donc ce n'est pas si étonnant en fin de compte. Au moins cela aura permis de mettre au clair certaines choses, c'est déjà ça.

Et maintenant... où sont les chips ?!

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Dernière édition par Blerim D. Troshani le Ven 11 Mai - 18:20, édité 1 fois
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