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 Time for a new world (PV Persephone)

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Joren O'Donnell
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Posté le Mar 25 Juil - 23:03.
C’était une soirée comme une autre.

La nuit était noire et froide. Des trombes d’eau tombaient sur Bristol, comme il était coutume depuis plusieurs jours maintenant. La clientèle se faisait plus rare en cette période de l’année, mais le bar affichait toujours quelques têtes fidèles. Mr Smith trainait toujours dans le fauteuil au coin du mur aux tableaux, un journal dans les mains, une pâtisserie a moitié entamée posée sur la table. Un groupe de jeunes buvaient joyeusement leurs pintes de bière autour d’une table ronde. Dean quant à lui sortait ses jeux à gratter et les disposaient soigneusement sur le comptoir du bar.

Une femme aux cheveux blonds venait d’entrer. Elle paraissait étrange, comme sortit d’un film dramatique. Joren aimait imaginer la vie de ses clients. Il la voyait bien flic, ou détective privée. Bref, une femme mystérieuse aux allures un peu sombres, qui venait picoler après avoir passé la journée sur une affaire plus que difficile à résoudre. Alicia, une jeune brune d’origine mexicaine, trainait également au comptoir à côté de Dean. Elle avait pour habitude de draguer tout ce qui bouge et Joren la connaissait plutôt bien. D’ailleurs, il connaissait la plupart des clients au vu du peu de bar qui siégeaient cette petite ville.

« Dis moi Joren chéri, t’aurais pas un truc sympa qui pourrait remonter le moral de ce bougre d’âne de Dean ? Franchement, il te fait pas d’la peine de gratter ces jeux à la con pour espérer qu’un truc extraordinaire se produise dans sa vie de rat minable ? » dit-elle en ricanant.

« J’t’ai entendu la morue ! Mes jeux c’est ma vie. Et laisse moi croire qu’un jour le bon Dieu daignera entendre mes prières, chacun à droit à sa chance. »

« Si tu crois encore que cette merde soit ta chance, qu’à cela ne tienne, ruine toi dans ces affaires. Mais crois moi, une bonne picolade ça permet toujours d’oublier les soucis qui nous rendent la vie franchement merdique … »

Joren souriait. Ces deux là lui faisait bien rire. Mais ils n’avaient pas tort. La vie était morne, insignifiante. Il avait l’impression, quelques fois, de n’être qu’un automate. Il travaillait pour gagner sa vie, pour payer son loyer, sa nourriture, ses factures … et ne trouvait que peu de temps pour profiter des gens qu’il aimait. Certes il aurait pu choisir une toute autre voie. Sa famille était probablement l’une des plus riche de toute la ville. Il aurait pu suivre les traces de son père, vivre dans le luxe, l’abondance et ne pas fréquenter cette misère. Mais finalement il était bien là. Il se sentait à sa place, proche des vrais gens. Finalement il servit à boire à Dean et Alicia, puis se dirigea vers la blonde. Cette femme inconnue à ses yeux. Peut-être une touriste qui s’était perdue dans Bristol ?

« Je vous sers quoi m’dame ? » lui lança-t-il de son sourire le plus charismatique.

Joren dégageait un côté léger. Le genre de pote que tout le monde rêvait d’avoir. Avec sa gueule sympathique, son sourire charmeur et ses yeux toujours pétillants, il était rare qu’on l’envoie valdinguer. Et c’était pour sa franchise, ses bons sandwichs, ses délicieux cocktails et sa bonne humeur qu’on appréciait venir dans ce bar.

Mais avant que la cliente n’ait pu répondre, Alicia vint vers Joren et lui tira la manche de son t-shirt. Elle lui demanda de monter le son du poste de télévision, pointant énergiquement du doigt la journaliste qui s’affichait sur l’écran. Le groupe de jeunes paraissait agité, tous le nez plongé dans leurs smartphones.

« … nous les appelons les Aberrations effectivement… ces créatures ou ces monstres … ces produits issus d’expériences démesurées de scientifiques peu scrupuleux. Voilà qu’ils se trouvent parmi nous, à Bristol ! Et ça fait peur … Soyez vigilants, car ces Aberrations peuvent se dissimuler parmi nous ! Oui, les loups garous, les vampires et les dons incroyables existent. On pensait avoir tout vu, hé bien non ! Figurez vous que la fiction dépasse la réalité. Incroyable non ? Certains voient ça comme une menace, un danger de plus à surmonter et d’autres comme un phénomène de foire… James Rockwood, un célèbre romancier de fiction est présent avec nous ce soir pour en parler. Alors James que pensez vous de la situation actuelle ? Doit-on craindre des turbulences dans la vie tranquille des habitants de Bristol ? Une ville qui au passage n’avait jamais rien demandé … »

Comme la plupart des personnes présentes dans le bar, Joren étaient bouche bée face à la révélation de la journaliste. Des vampires, des loups garous ? Il avait bien entendu ? Les yeux ronds, ses mouvements à l’arrêt, son cœur battait la chamade. Bon sang … lui qui rêvait d’incarner l’un de ses personnages de jeux vidéos, voilà qu’il apprenait que des gens possédaient des dons incroyables. Que des gens craignaient la lumière du jour et buvaient du sang et que d’autres se transformaient en mi homme mi loup à la lueur de la pleine lune …

Un rictus se forma sur le coin de ses lèvres. C’était incroyable, vraiment fou … Dean était toujours plongé dans son bouquin. Les jeunes envoyaient une salve de textos à leurs amis et Alicia quitta prestement le bar sans payer l’addition.

« Hé hé hé Alicia ! Tu as oublié … de payer … »

Joren passa une main rapide et gênée dans ses cheveux bruns. Ca faisait déjà la troisième fois cette semaine qu’elle partait sans payer. Il allait devoir rendre des comptes à son patron si elle continuait ainsi. Sans grande attention et le regard légèrement furtif vers l’écran de télévision, Joren se dirigea vers la cliente blonde pour prendre la commande.

« Désolé, j’ai été interrompu, c’est tellement … Incroyable ce qu’ils viennent de dire. Vous avez entendu ?… Hum, enfin bref, vous désirez boire quelque chose peut-être ? »
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Perséphone L. Carlton
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Posté le Lun 14 Aoû - 23:41.

Flashback ; Révélation
Allume la TV.

A la lecture de ce message, Perséphone n'hésita pas. Après avoir repéré un bar le plus rapidement possible, elle se gara. Lorens la connaissait, et était comme elle : la télévision était un accessoire dispensable. Les chaînes diffusaient chez eux principalement pour leur boulot ; en tant que flics, ils se tenaient au courant du mieux possible des informations qui circulaient. Et davantage encore ces derniers mois, depuis qu'une rumeur les accusait d'assassiner les Nocturnes. Alors s'il lui envoyait ce texto comme ça, sans explications, c'était absolument important. Il n'y avait pas de question à se poser. Alors qu'elle descendait de sa voiture et se dirigeait vers le café, son esprit passait en revue tous les sujets que le journal pouvait aborder. Aucun ne serait positif. Certains, comme leurs prétendues chasses, seraient plus catastrophiques malgré tout... Pour l'instant, aucune preuve n'avait été avancée, mais comment une telle rumeur avait-elle pu se propager ? Au moins, si elle devait s'attendre à des représailles, elle n'était pas à Réversa ce soir-là. Ça lui laissait le temps de se préparer.

L'averse se révéla assez forte pour la tremper comme si elle avait couru un marathon sous la pluie. Elle ferma rapidement la porte d'entrée derrière elle et observa aussi vite la salle. Sans être bondée, elle comptait malgré tout pas mal de têtes – aucune, a priori, qu'elle reconnaissait. Elle, elle avait l'air d'avoir été surprise par le déluge. Ses cheveux longs pendaient misérablement sur ses épaules, dégoulinant comme le reste de ses vêtements. Même sur son visage perlaient des gouttes de pluie. Heureusement, elle n'était pas beaucoup maquillée et aucune trace ne coulait. Comme le lieutenant s'était rendue à Bristol pour le travail, elle avait des bottines aux pieds qui avaient empêché son jeans de tremper dans les flaques. En allant vers le comptoir, elle ouvrit sa veste et la posa sur le dossier du tabouret qu'elle investissait. Dessous, une veste de tailleur sombre s'ouvrait sur un chemisier aux tons émeraude et ne cachait plus l'arme fixée à sa ceinture.

A peine assise, elle sortit son téléphone portable d'une poche de sa veste. A côté, des clients débattait de leur manière de gérer leur vie. La bonne picolade pour oublier fit arquer un sourcil à la blonde. Testé et désapprouvé. Elle n'avait cependant pas le temps pour rejoindre la discussion – discussion pour laquelle on ne lui avait rien demandé. Un signe de la main, poli, et le barman, décontracté, se présenta pour lui demander ce qu'elle voulait. Elle allait répondre et demander si elle pouvait se connecter à la connexion Internet du bar quand la pro-alcool détourna l'attention de l'homme. Perséphone pinça d'abord les lèvres, mécontente. Si elle n'avait pas le temps pour leur conversation, elle n'avait le temps pour rien. Un sms pareil, c'était urgent. Les enjeux étaient un peu plus importants que savoir si oui ou non, ça valait la peine de participer à des jeux d'argent. Pourtant, le volume augmenté de la télévision lui fit oublier toutes les remarques qu'elle avait en stock.

Une chaîne purement bristolienne annonçait l'existence des créatures réversiennes. Purement et simplement. La Spectre restait sans voix devant les révélations faites. Contrairement aux autres, pas à cause du choc de la découverte. Le secret avait finalement explosé. Muette de stupéfaction, elle tourna lentement son attention vers ses voisins. Deux minutes plus tôt, ils ne connaissaient rien de son monde. Quelles conséquences concrètes pour Réversa ? Elle était tellement prise au dépourvu qu'elle n'arrivait pas à imaginer la suite des événements. Elle comprenait l'urgence de Lorens.

La femme détala, et le flic la suivit des yeux, curieuse de ce qu'elle comptait faire. Comment les gens réagiraient-ils ? A long terme quand la stupéfaction serait passée ? Quand les preuves auront effacé leur scepticisme ? Le barman la rappela au présent. Incroyable. Probablement.

« Un café, s'il vous plaît. Vous avez un Wi-Fi libre ? »

Un café, c'était bien, elle avait su contrer l'envie qui la poussait à commander une bière. Depuis sa cure et après quelques années, elle pouvait boire de l'alcool occasionnellement sans craindre de retomber dans ses travers, mais elle le faisait malgré tout quand elle était accompagnée. Pas seule. Pas dans un tel moment annonciateur de chaos. Pas quand ses tripes en quémandaient.

« Et oui, j'ai entendu. Vous y croyez ? On dirait que ça sort tout d'un droit d'un livre. Vous en pensez quoi ? »

Elle encaissait aussi le choc, mais son occupation la rattrapait vite. Ses traits fatigués avaient retrouvé la dureté de ses heures de service. Pourtant, elle restait polie – on voyait juste les questionnements envahir son esprit, entre autre par son front plissé. Vu sa position, elle souhaitait vraiment savoir ce qui se passait dans la tête de ces gens qui apprenaient la nouvelle... A quoi devait-elle s'attendre ? Pour autant, on pourrait croire avoir affaire à une sceptique dure à cuire.
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Joren O'Donnell
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Posté le Mar 15 Aoû - 14:43.
Il est vrai que cette annonce était plutôt surprenante. Plus la journaliste parlait, plus Joren avait la vague impression qu’il s’agissait d’un gros canular. Pourtant, ils n’étaient ni le 1er avril et tout le monde semblait s’agiter face à cette nouvelle des plus consternante. Joren avait toujours voulu croire en ces choses. Le surnaturel ça l’avait toujours intrigué. Il en avait lu des polars, des romans et jeux de rôles sur le sujet. Il avait été fasciné par les vampires, intrigué par les lycans. Il s’était même imaginé avec des pouvoirs tels que la télékinésie ou altération de la réalité. Mais tout ceci lui permettait d’échapper au monde réel. Aux problèmes qu’il avait sur le dos, à la dure réalité de la vie qu’il menait. Bien qu’il ne soit pas à plaindre, il avait besoin de cette échappatoire pour faire face au monde. Mais si ce moyen d’évasion devenait réalité, qu’allait-il trouver pour s’épanouir ? La question le laissa pantois.

Il pivota sur ses talons et sorti un café chaud de la machine. Déposant la boisson sur le zinc, il considéra la jeune femme à la chevelure trempée. La laisser dans un tel état n’était pas très commercial. Alors, il attrapa une serviette propre et la tendit à la demoiselle. Il remarqua furtivement, un revolver autour de sa taille. Etait-elle flic ou quelque chose dans le genre ? Probablement, sinon elle ne se baladerait pas avec une arme. La question qu’elle lui posa le fit réfléchir un instant. Il posa ses deux mains à plat sur le bar, un torchon sur son épaule, puis jeta un coup d’œil vers le groupe d’adolescents complètement affolés par la nouvelle. Ils pianotaient avidement sur leurs Smartphones, probablement que les réseaux sociaux étaient saturés par la nouvelle troublante et choquante. Joren n’écoutait plus les informations. L’échange entre la journaliste et le romancier était probablement intéressant, mais il souhaitait plutôt échanger de vive voix avec cette étrange personne. Après tout, quand on lâchait une telle bombe à la télévision, les gens avaient tendance à vouloir en parler sur le champ.

« Hé bien … j’ai du mal à en croire mes oreilles. Mais apparemment, d’après ce qu’ils disent, ces Aberrations viendraient d’une ville voisine du nom de Réversa. Je n’en avais jamais entendu parler, alors que j’habite à Bristol depuis que je suis gamin. Pourquoi en parlent-ils seulement maintenant, alors que cette ville existe depuis des années ? A moins que ces gens se soient révolté ou quelque chose du genre et que les barrières se soient brisées. Dans ce cas, cela voudrait dire qu’ils vont venir nous envahir ? »

L’idée lui faisait froid dans le dos. Des vampires et des lycans en ville, sérieusement ? Il n’avait pas vraiment l’intention d’y faire face. Si un lycan venait dans son bar, qu’il refusait de payer, que pourrait-il bien faire ? Il sortirait les crocs et lui dans ce cas ? Il se réfugierait sous son bar ?

« Je pense qu’ils vont plus être une source de problèmes qu’autre chose. Déjà, il faudra un bon moment pour que les gens y croient vraiment. Moi j’y suis préparé. J’ai lu tellement de choses sur le paranormal, que j’en suis presque ému ! » lança-t-il sur un ton léger. « Mais … je n’aimerai pas en croiser un sur ma route. Ca fait vraiment flipper de savoir qu’on est sans défense contre ce type de … personne si on peut dire ça ainsi. Et vous ? Vous êtes flic ? J’ai vu votre arme … peut-être en savez-vous un peu plus sur la situation ? »
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Perséphone L. Carlton
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Posté le Ven 18 Aoû - 0:49.
Dès qu'il posa la tasse devant elle, elle posa ses mains autour. Elle n'était pas du tout frileuse, mais le froid humide n'était jamais agréable. La serviette tendue par le barman la surprit, bien qu'elle l'accepta volontiers en le remerciant. Avec, elle essuya rapidement son visage, tamponna sa gorge et frotta ses mains. C'était un petit confort pour lequel elle était reconnaissante envers l'homme. Elle était étonnée qu'il ait pensé à une telle attention après les révélations qu'il venait d'entendre – et qui continuaient à se faire entendre. Elle ne manqua d'ailleurs pas de l'interroger. Il paraissait assez calme, il faisait un bon sondé, d'autant qu'il paraissait plutôt sociable. L'ampleur de l'annonce n'avait peut-être pas fait le chemin complet dans son esprit. En tout cas, elle ne se voyait pas se ramener au milieu du groupe de jeunes. De toute façon, le barman ne refusa pas la discussion. Ses interrogations étaient légitimes, cependant Perséphone ne put empêcher un petit rire nerveux s'échapper de ses lèvres à l'écoute des doutes quant à une invasion.

« S'ils voulaient vous envahir, ils l'auraient fait il y a longtemps, ne vous en faites pas pour ça. »

Dans sa lancée, il ne fit pas plus que ça attention à sa remarque et poursuivit ses réflexions. Le reste ne l'étonna pas, c'était censé, une réaction plutôt logique. Par contre, il restait malgré tout très zen. Soit il cachait très bien sa nervosité, soit il avait un impressionnant contrôle de ses émotions. Il y  avait peu de chances que toute la population réagisse avec autant de retenue. La Spectre n'avait aucune idée du futur, mais savait qu'il deviendrait plus compliqué encore que le présent. Si des Réversiens de pure souche n'acceptaient pas de vivre aux côtés de créatures normalement légendaires, des étrangers ne pouvaient le faire. Si ce surnaturel avait provoqué tant de chaos dans une seule ville, que pouvait-il provoquer dans un pays ? Dans le monde ?

« Oui, je suis flic mais pas de Bristol. »

Perséphone l'observa quelques instants, lança un regard aux autres clients et en particulier à ceux assis au comptoir et donc plus proches. Elle hésitait à lui avouer ses origines. C'était étrange rien que de penser à la possibilité de révéler ce secret. Dix minutes plus tôt, la loi lui interdisait tout propos concernant les particularités réversiennes. Annoncer qu'elle était réversienne, une simple vérité interdite à partager. Elle n'en revenait pas que tout pouvait changer en si peu de temps. Elle céda à la tentation de dire la vérité. Les mensonges n'avaient fait que s'entasser toujours plus sur elle depuis des années, elle ne pouvait résister. Ainsi, elle se dressa légèrement du tabouret, s'appuyant sur le zinc pour approcher son visage de celui du barman, et avoua à voix basse :

« Je viens de Réversa, cette ville dont ils parlent aux infos. Je répondrais à toutes vos questions, mais je préférerais que toute la clientèle ne soit pas au courant. Et non, je ne suis pas une de ces créatures, vous ne risquez rien. »

Elle se rassit, prise d'un sentiment curieux. Pas de mensonge. C'était libérateur. Presque déconcertant. Peu importait la réaction du type, elle ne regretterait pas. A l'affût de sa réaction, arquant un sourcil, elle demanda finalement d'un ton mesuré mais plus normal :

« Vous êtes toujours intéressé par ce que j'ai à vous dire ? »
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Posté le Ven 25 Aoû - 21:23.
Oh punaise … elle venait de déposer une bombe à retardement sur son bar. Joren resta figé sur place, un instant, la dévisageant grossièrement de haut en bas. Etait-elle l’un des leurs ? Vampires, Lycans, personnage aux supers pouvoirs flippants ? Non. Elle venait de certifier que non. OUF ! Voilà qu’il était rassuré. Pourtant son cœur continuait de battre la chamade. Elle disait être flic, de venir de cette curieuse ville « Réversa ». Alors elle faisait partie des gens en charge de tout garder au secret ? Elle devait être déçue … sa mission était un échec. Voilà que les médias s’en donnaient à cœur joie de tout dévoiler. C’était simplement un pur délice pour la télé, les journaux. Ils allaient probablement en parler pendant des semaines. Ca fait bien plus de sensations qu’un attentat au cœur de Londres ce genre d’événement. Des vampires rôdent dans vos rues, des gens se transforment en loups les jours de pleine lune ! Brrrr … Joren avait du mal à y croire. En fait, il n’y croyait tout simplement pas. Son esprit avait du mal à percuter. Après tout, il s’était tellement mis en tête que tout ceci n’était que de la fiction, qu’il ne pouvait accepter que cela devienne réalité.

Pourtant cette femme, assise au comptoir, était bien réelle. Dans ses yeux, son visage, son allure, tout prêtait à croire qu’elle avait vécu des trucs pas joyeux dans cette ville mystère. Mais bien qu’elle puisse lui prouver la véracité des propos des journalistes, Joren avait besoin de voir un vampire planter ses crocs dans la jugulaire d’un homme, pour admettre qu’ils existaient vraiment.

Il reprit l’astiquage de son verre avec grand intérêt. Ce n’était pas une manière de se mettre des œillères, mais il avait juste du mal à l’accepter. C’était comme lui dire que la moitié de la ville était contaminée par un virus mortel. Tant qu’il ne verrait pas les gens saigner des yeux devant lui, il continuerait à vivre sa petite vie tranquille.

« Hum … bah vu que vous me balancez ça comme ça … oui, j’avoue que ça m’intrigue. »

Il se retourna pour ranger ses verres, puis jeta un coup d’œil furtif vers le poste de télévision. La journaliste semblait jubiler. C’était le scoop de sa vie, sa carrière allait monter en flèche. De toute évidence, elle allait avoir le monopole de la chaine locale. Elle se déplaçait maintenant dans la rue à l’affut de la réaction des citoyens. Une réactif à vif, quoi de mieux pour entendre tout et n’importe quoi.

« Ils faut les renvoyer en enfer ces créatures de satan ! Ils n’ont rien à faire dans notre ville ! Ce ne sont que des mensonges … Pourquoi de telles créatures viendraient s’installer à Bristol ? On n’en veut pas. Enfermez les ! On a déjà assez de problèmes pour nous rajouter ÇA sur le dos ! Que le gouvernement fasse quelque chose ! »

Des gens énervés, épris par la peur et la colère. L’acceptation de la différence n’est vraiment pas un point fort chez l’être humain. Accepter celui qui ne nous ressemble pas … Joren était scié face aux remarques cinglantes des passants. Il croyait entendre ses parents, de purs gens de droites, des conformistes, des gens bas d’esprit en qui il n’avait jamais pu porter grande estime. Il se retourna enfin vers la jeune femme.

« Bon alors déjà qu’est-ce que c’est que Réversa ? Cette ville ne me dit absolument rien, alors que j’ai pas mal voyagé aux alentours de Bristol … Le gouvernement nous a caché cette ville à cause de ces créatures ? Mais … comment sont-elles apparue ? Je croyais qu’elles n’existaient que dans les fictions. Les vampires et les lycans, ça n’existe pas ! C’est absurde ce qu’ils racontent … Enfin, ça n’a aucun sens. Mais … vous avez l’air de les connaître. De prendre cette annonce au sérieux. Que savez vous d’eux ? Que faut-il craindre ou attendre d’eux ? »
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Posté le Jeu 14 Sep - 12:27.

Il se figea. Finit par la dévisager comme si elle était un extra-terrestre. Elle nota une lueur d'inquiétude dans ses yeux, qui s'adoucit lorsqu'elle anticipa ses craintes. Mieux valait rassurer tout de suite, avant qu'il ne se fasse des films. Aussi calme qu'il paraissait, elle ne savait pas comment il réagirait en se croyant face à une créature censée n'être qu'un mythe. Il pourrait cacher une batte de base-ball derrière son comptoir et décider qu'il était plus prudent de l'assommer en premier. Il pourrait aussi rameuter les autres. Son arme était à son avantage, mais on ne savait jamais ce qui pouvait se passer. A quoi bon provoquer une confrontation si elle pouvait être évitée ?

Enfin... Rien ne disait qu'il allait la croire sur parole. Après tout, quel avantage aurait-elle à avouer sa nature alors que tous les médias crachaient à l'instant sur son abomination ? Il y avait des idiots partout, mais ça ne figurait pas dans leurs caractéristiques de base. Malheureusement. Ainsi, bien que légèrement grisée par cette vérité énoncée, Perséphone restait sur ses gardes. Un état quasi constant depuis un certain temps à vrai dire. Nécessaire depuis le début de ses chasses et même depuis son entrée dans la police, c'était devenu une question de survie depuis que les rumeurs circulaient sur ses activités secrètes. Certaines personnes avaient besoin de peu pour se monter la tête et confronter violemment, et c'était pire quand ça venait de Lycans ou Vampires. Elle avait échappé de peu à une tranchée en bouillie il y a plusieurs jours ; il restait des traces sur sa gorge, cachées par un foulard.

L'homme avait repris sa vaisselle, mais il confirma tout de même être intéressé par des réponses. Oui, elle avait balancé ça comme ça. Elle n'avait pas pu résister alors que ça lui permettait d'éviter un pan de la discussion basée sur le mensonge. Si elle ne regrettait pas son choix, mener une vie cloîtrée dans la tromperie ne l'enchantait absolument pas. Le barman ne voulait-il pas des informations ? Il en aurait d'une source on ne peut plus fiable.

La blonde suivit son regard vers la télévision. Bien sûr que les gens avaient peur, qu'ils ne voulaient pas d'être berçant les histoires terrifiantes pour voisins. Elle-même n'en voulait pas et pourtant, elle les connaissaient. Elle ne les haïssait même pas, ne les déshumanisait pas. Elle en appréciait, avait conscience qu'ils restaient aussi humains que ceux présents dans ce bar – du moins la majorité. Cependant, ils cohabitaient avec une part qu'ils ne pouvaient totalement contrôler, qui resterait un danger quoi qu'ils fassent. Elle but une gorgée de son café, puis celui qui le lui avait servi posa ses innombrables questions. Il n'était pas encore convaincu par la véracité de la révélation.

« Alors, les Vampires et Lycans de vos fictions n'existent pas, ceux de Réversa oui, malheureusement. Les deux doivent avoir malgré tout des similarités, j'imagine qu'on ne leur a pas donné ces noms par hasard. Donc on en vient à comment sont-elles apparues ? Ça va sûrement vous paraître fou, mais ce sont des recherches génétiques qui en sont à l'origine. C'est « simplement » de la science. » Elle mima les guillemets. But une nouvelle gorgée d'or noir pour se réchauffer. « Évidemment, leur apparition a provoqué un chaos sans nom. Le gouvernement a voulu contenir le phénomène dans la ville de Réversa en l'effaçant tout simplement des cartes. Tout a été mis en œuvre pour qu'on l'oublie et ne la trouve pas. »

Son téléphone l'alerta d'un sms. Elle s'excusa, lit le message de Lorens qui demandait si elle avait vu les infos et comment c'était à Bristol. Tandis qu'elle lui répondait rapidement, un autre texto sonna. Elle le lut mais décida d'y répondre plus tard.

« A quelles questions je n'ai pas répondu ? Ah oui, qu'est-ce que je peux vous dire sur eux... Ce ne sont pas que des bêtes enragées, ils restent humains. C'est une bonne chose, parce que beaucoup tentent de rester intégrés à la société, mais c'est aussi dangereux parce qu'on a tendance à ne plus se méfier. Même s'ils travaillent à se contrôler, ils sont imprévisibles. La soif d'un Vampire peut le rendre fou, lui faire faire des choses horribles. Le loup d'un Lycan peut trouver le moyen de prendre le dessus à n'importe quel moment. Le seul conseil que je peux vous donner, c'est de vraiment toujours rester méfiant, même s'il ne paraît pas menaçant. »
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