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 So just dance, come on [Lazarus]

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Perséphone L. Carlton
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Posté le Ven 9 Juin - 18:27.
« Je savais que t'étais louche, pétasse. J'ai jamais fait confiance à tes sourires, je sais reconnaître les saloperies dans ton genre. »

Perséphone arrêta sa marche pour se positionner face au grillage qui les séparait. Un sourire étira ses lippes. Que causeraient ses paroles, à son avis ? Croyait-il qu'elle accélérerait, qu'elle baisserait le regard, qu'elle enfoncerait la tête dans son col ? Elle ne ressentait aucune honte, alors elle n'offrirait certainement pas cette impression. Au contraire, elle plongea ses yeux dans les siens.

« Comment va ton frère ? »

Celui que tu as mis dans le coma dans un accès de colère. Celui qui voulait seulement une discussion. Il a été maladroit dans ses propos ? Touché là où ça fait mal ? Oh pauvre garçon. C'est sûr, c'est de sa faute. Revivons cette scène si tu veux bien. Nous avons sûrement manqué encore quelques unes de ses erreurs.

Une toute nouvelle expression déformait le visage du Lycan tandis que la Spectre le maudissait. Comme elle haïssait leur hypocrisie. Il n'avait jamais su d'où lui venait ses élans destructeurs, enfin il aurait la réponse.

« La pétasse te souhaite une bonne nuit. »

Après un clin d’œil, elle reprit sa route vers la sortie du Ribcage. D'autres l'insultèrent. Cela faisait longtemps qu'elle avait appris à se tenir droite, la tête haute, quoique trop tard à son goût. Pourtant, elle était fatiguée du Rituel qu'elle venait d'effectuer. Elle aurait pu passer la nuit au centre, mais l'idée ne la tentait pas. Elle n'aimait pas laisser Ethel seule quand ce n'était pas nécessaire.

Dans la voiture, le volume de la radio fut monté suffisamment pour la tenir éveillée. Le trajet jusqu'en ville s'avérait assez long.  

I got this feeling inside my bones
It goes electric, wavy when I turn it on
All through my city, all through my home


Feu rouge. Perséphone tapait en rythme sur son volant en chantonnant les paroles quand un mouvement attira son attention.

I feel that hot blood in my body when it drops, ooh
I can't take my eyes up off it, moving so phenomenally...


« Mais je connais ta tronche, à toi ! »


Son exclamation cassait toute la chanson, cependant la priorité avait changé. Cette femme n'avait pas dû remarquer la seule voiture arrêtée au carrefour. Ou elle apprenait seulement les notions essentielles pour une fugitive. L'ouverture de la portière lui fit néanmoins tourner la tête aussi rapidement qu'un oiseau. Sa nyctalopie lui permit de reconnaître la blonde qui sortait du véhicule... et de virer rouge. Coïncidence, ce fut à cet instant que la signalisation se mit au vert. Un coup de feu retentit. En même temps, un corps s'échouait sur le trottoir. Dommage que ce n'était pas celui de la Vampire... Non, elle, évidemment, allait très bien. La balle s'était perdue. Ce qui fit jurer Perséphone quand elle se releva, surtout que l'arme lui avait échappé des mains.

« C'est ça que tu cherches ? »

Et le flingue s'écrasa sur une façade pour en tomber en plusieurs morceaux. Tant pis, on ferait sans. Elle lui fonça dedans, la renversa et lui décocha une droite dans la mâchoire avant qu'elle ne puisse l'éjecter. L'immortelle préféra une attaque frontale qui fit voir quelques étoiles à son adversaire. A mains nues, le combat était inégal. Un fait accentué par le manque d'énergie de la Spectre. Celle-ci se sentit soudainement soulevée et... traînée.

« On va se trouver un coin tranquille pour discuter. »

« Je te fais confiance pour ça. »


Se débattre ne faisait pas desserrer la poigne. En fait, après quelques rues, la Vampire l'attrapa directement par la gorge et la plaqua contre le mur crade d'une ruelle encombrée de poubelles. En réponse, l'ancienne Elfe enfonça son pouce dans un de ses yeux et tenta un coup dans ses rotules. Un bruit extérieur vint à son aide. La créature fut suffisamment perturbée pour que l'agent de la CAA se libère. Aussitôt, elle se rua vers les poubelles, en attrapa une et la balança sur celle qui voulait définitivement la tuer. Elle avait peut-être déjà essayé de l'arrêter mais avait eu la décence de ne pas chercher à mettre fin à sa vie, elle. C'est toi qui est louche, pétasse.

Sans attendre, Perséphone courut. Il fallait qu'elle trouve un collègue. Évidemment, être Vampire présentait des avantages, il n'y aurait pas autant de problèmes sans. Elle entendait les pas se rapprocher. Elle décida de ne plus se laisser surprendre. S'arrêtant net, elle eut ainsi le temps de s'emparer du couteau caché dans sa chaussure. La Vampire ne s'en rendit même pas compte quand elle l'envoya valser, du coup dans son abdomen.

En attendant, elle était tombée sur un civil... Merci à lui d'avoir amoindri le choc, ce n'était néanmoins pas une pratique autorisée. Elle était tombée violemment, de dos, sur lui. Pas le temps pour les excuses, il fallait le mettre en sécurité. Après s'être relevée à la vitesse de l'éclair, Perséphone agrippa sa main et, accompagné d'un simple « Venez », le tira avec elle.

La buveuse de sang l'avait emmenée du côté du port. Sans doute pour jeter son cadavre à l'eau. Le paralysant sur sa lame la ralentirait, inutile d'aller bien loin s'ils pouvaient se cacher. Elle prit ainsi la direction des docks, cherchant un container ouvert.

« Courez, bon sang ! »

And ain't nobody leaving soon, so keep dancing
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Lazarus A. Turner
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Posté le Sam 17 Juin - 15:25.
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SUITE DE : glitter & gold.

Sur le long du quai, tu as fait le choix de laisser errer ton armature humaine, tes pas las foulant le pavé humide et roide alors que s’évade dans les obscurités ton âme désaltérée par une journée qui a que trop mal commencée. Tes opalines, qui semblent avoir pris les feux des pierres précieuses, dérivent de tes pieds pour venir admirer le long fleuve mystérieux, dont les suaires aux blanches moires restent prisonniers en le boyau bétonné qui traverse toute la ville de Bristol. Les vapeurs humides et fraîches de la rivière s’élèvent doucement dans l’éther crépusculaire, flotte au fond des lisières de la carrière urbaine et apporte une étrange atmosphère de conifère au cœur du port à la périphérie profonde et noire. Songeur, pensif, tu restes un moment là en ta contemplation, comme fasciné par les nuées de houles qui en silence font s’incliner et se balancer les lignées de bateaux amarrés aux docks. Un décor qui le jour demeure plein de vie et animé, mais la nuit tombée, ces carcasses d’embarcations javellisés par les ténèbres semblent perdre de leur chaleur, massives silhouettes transformées en squelettes macabres… et ce n’est jamais qu’une autre amère vision du monstrueux génie Humain.

Un souci. Une distraction. Un fâcheux contretemps. Quelque chose, hier soir, est venu distraire ta mission initiale et tu sais que tu ne pourras jamais perpétrer tes cherches si tu ne remets pas la main sur ce que l’on t’a si lâchement volé : ta guitare. C’est une partie de toi. Une partie de ton histoire. Ce lien qui te rattache et relit encore à Elle. Ta mère. Ta défunte mère. Tu n’éprouves aucun amour propre et matériel, hormis cet instrument de musique et il a fallu qu’une raclure de macadam t’arrache la seule et unique chose qu’on ne devait pas t’arracher. Embêtant. Fort embêtant tout ça. Tu vas devoir faire quelque chose. Tu vas devoir agir. Retrouver cet enfoiré et récupérer ce qui t’appartient. Chercher une aiguille dans une botte de foin ? T’en as l’habitude et ça ne te dérange pas. Mais ça te déplait, prodigieusement, de drainer tout ton savoir-faire dans cette nouvelle quête aussi idiote que ridicule. Poings fourrés en les poches d’un tout nouveau hoodie que tu as dépouillé d’une corde à linge quelconque, sur la plante des pieds, tu te balances d’avant en arrière, accompagnant la valse funèbre des vagues de l'Avon qui se fracassent contre les coques des bateaux.  

Ta cigarette à moitié consumée finit sous la semelle de ton vieux Converse, pris d’une réflexion étrange alors que tu te détournes du fleuve et te laisses ensorceler par le charme du soir solennel qui s’écrase sur la cité Anglaise. Façades en saillie, vitraux décolorés, le dôme d’ébène qui joue sur les bords croulants des toits, la ville captive dans le deuil de la journée, les rues obscures, jardins de fleurs de pierre et de métal qui prolonge une périphérie historiée. C’est là-dedans, en ces boyaux citadins, que se cache le petit trou du cul. Comme les nuages prestes se délient doucement sur l’encre du ciel, un rayon de clair-lune, comme découpé au couteau, cisaille la voûte céleste et pointe sa lumière blanchâtre sur un quartier précis de Bristol. Le compas des astres a parlé et c’est là-bas que tu vas aller ! Tu vas aller retrouver ce que tu vas chercher. Il le faut. Tu le dois.

✤ ✤ ✤

La vie, a dit quelqu’un, c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Tu ne sais jamais sur quoi ou sur qui tu vas tomber. Ou plutôt : tu ne sais jamais qui te tombera dessus. Avec la vélocité et la violence d’une boule de démolition, un obus te fonce dessus. La brutalité de l’impact est-elle que t’en perds l’équilibre et que ton dos s’écrase au sol avec la lourdeur d’une dalle funéraire. L’air est rapidement chassé de tes poumons, les omoplates de ce corps mort qui repose sur ta pauvre carcasse t’écrasent de tout son poids et tu hallucines légèrement trop 36 chandelles pour repérer à qui peut bien appartenir cette belle toison parfumée et à la couleur des champs de blés qui te drapent la figure comme de sulfureuses lianes. Tandis que tu sers de coussin amortisseur pour la mystérieuse étrangère, tandis que tu cherches à comprendre dans quel merdier innommable que tu viens de te fourrer le nez, tu sens des doigts brûlants et une paume bouillante qui se moulent tout contre ta paluche, pour la tirer, presque t’arracher le bras, t’obliger à te relever et t’engager dans une course folle qui (how convenient) te ramène là où tu zonais quelques minutes plus tôt.

T’as le cœur d’un putain de cheval de guerre, t’es capable de pomper, de pulser et d’avancer. Docile, malgré l’étrangeté de cette situation urgente, lorsque la voix t’ordonne de courir… tu cours, arrachant ta main de contre l’étau de la demoiselle, pour l’agripper brusquement par le poignet, la dépasser d’une enjambée de géant et lui servir de guide lorsque votre trajet endiablé vous emmène à emprunter les voies abstruses et labyrinthiques des trop nombreux conteneurs industriels. Être un chat de gouttière a ses avantages, tel que de semer un peu partout au travers de la ville divers points de repères, abris et caches. Bien entendu, t’en as planté un au port de Bristol, pas assez fou pour cracher sur une planque aussi utile qu’incontournable.

Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet,
Le furet du bois joli.

Il est passé par ici,
Il repassera par là.


Et c’est là-dedans, d’un pas latéral, agrippant la demoiselle, - que tu n’as pas vraiment eu le temps de regarder -, par les épaules, pour la balancer sans aucun ménagement dans le vide obscur d’un conteneur ouvert. Ton conteneur ouvert. Tu t’engouffres à ton tour dedans, ton pied fracassant au passage le mécanisme de verrouillage, tu agrippes la lourde cloison de métal et le superbe châssis porte-conteneurs devient rapidement un seuil…

Et puis se ferme…
Et puis vous plonge dans le noir…

Non, tu n’as pas une vision nocturne, mais tu t’es familiarisé avec le temps avec cet habitacle et c’est pourquoi est-ce que tu circules avec aisance dans votre étroite boîte de conserve. Tu vas tout au fond, à tâtons, tu mets la main sur ton sac de sport, l’ouvres, le tintement de tes jouets un peu trop mortels se répercutant en écho contre les parois en tôle, alors que ta paluche droite fourrage son contenu pour en y extirper ton couteau à cran d’arrêt. Un souvenir d’Italie. Une antiquité. Un petit bijou tranchant et affuté que tu as réquisitionné d’un pédant qui se vantait d’avoir survécu à la guerre de 1953… Il t’a testé. Il a perdu. Et tu as maintenant son trophée.

Arme dans ton poing, de ta main gauche tu sors ton Zippo, frictionne sa pierre à feu de la jointure de ton pouce et une lueur chaude et tamisée explose dans votre espace exigu. Tu ne sais pas qui ou quoi vous a pris en chasse, mais tu veux des réponses. Maintenant. Au pas de charge, tu t’approches de la silhouette de la demoiselle qui se dessine dans les jeux des lumières et d’obscurités.

Et c’est lorsque la clarté vacillante de ta flamme vient réchauffer et dorer les traits de l’étrangère devenue familière que tu sens les baisers d'adieu glacer les fibres nacrés de ton erratique qui bien entendu loupe un battement alors que d’un bond de félin tu te recules d’Elle, ton dos heurtant lourdement la paroi de tôle et que sous le souffle de ton déplacement la flamme de ton Zippo s’éteint.

Tu ne veux pas y croire.
Tu ne veux pas la voir.
Ton cœur et Ses moires.
Perséphone.


Dernière édition par Lazarus A. Turner le Dim 18 Juin - 2:28, édité 2 fois
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Posté le Sam 17 Juin - 18:55.
Fuir. Une lâcheté que Perséphone n'acceptait qu'en dernier recours. Et même si elle savait l'acte nécessaire, il brûlait sa carapace nommée fierté. La Vampire avait pris le dessus bien trop facilement. Rapidement. Ça recommençait avec cet inconnu. Elle continuait à courir mais sentait qu'elle ne tiendrait pas encore longtemps. L'épuisement la rattrapait malgré le pic d'adrénaline. Quand le civil prit les devants, elle le laissa faire, jugeant qu'un Bristolien connaîtrait mieux la ville et donc avait plus de chance de trouver une retraite correcte. De plus, son souffle lui manquait pour poser des questions. N'imagine pas le pire, Persé, tu deviendrais parano. S'il était contrarié, il ne s'amuserait pas à courir. Il t'aurait déjà tordu le poignet et cassé les genoux pour que tu le fasses pas chier...

Les docks représentaient un véritable labyrinthe, dans lequel l'ancienne Elfe ne se retrouvait absolument pas. Ils n'étaient pas bien éclairés, voire pas du tout à certains endroits. Elle tentait de se repérer mais l'homme semblait savoir où il allait. Travaillait-il ici ? En tout cas, il s'arrêta soudainement et la poussa sans ménagement. L'inattendu et le manque de prise la firent trébucher. Le peu d'éclairage se réduisit jusqu'à disparaître totalement. Méfiante, elle ne traîna pas à se relever. Cependant, sa poitrine se soulevait fort sous sa respiration bruyante. Dans le meilleur des mondes, elle serait restée au sol et se serait endormie comme un bébé. Pratiquer un Rituel puisait énormément dans les ressources du corps. L'affrontement et la course-poursuite avaient grignoté ses réserves qui clignotaient comme la voiture prévenait à l'avance que le niveau d'essence diminuait fameusement. Elle utiliserait donc ses derniers kilomètres pour ne pas se faire massacrer dans un container.

Une paroi contre le dos, Perséphone tentait de suivre l'inconnu du regard. Si ses yeux s'étaient exercé à percer la nuit, le noir complet restait un obstacle de taille. Mieux valait se fier à ses oreilles. Alerte, elle cherchait après son poignard tandis que du brouhaha se faisait entendre. Il connaissait très bien l'endroit. Il recherchait quelque chose de précis pour tout remuer de la sorte. Il ne posait aucune question. Bref, rien de très enthousiasmant. Si on ajoutait à l'équation le malaise qui viendrait prochainement l'envahir du fait de l'enceinte sans aucune ouverture... Il n'y avait pas de quoi se sentir davantage en sécurité. Non, ce n'était pas le moment de se détendre.

Et ce couteau introuvable ! Il s'était sûrement envolé vers d'autres cieux durant le vol plané. De mieux en mieux, cette soirée ! Manquait plus qu'elle ne retrouve plus l'arme que lui avait confectionné son père. L'autre, lui, avait trouvé ce qu'il cherchait dans son bazar et revenait vers elle. Un éclat apparut mais il se pressa vers elle, ne lui laissant pas le temps de l'observer. L'agent se préparait déjà à parer une quelconque offensive... Sauf qu'il fit un arrêt sur image. Enfin, elle put voir ses prunelles.

La flamme s'éteignit, le container vibra bruyamment sous un choc. Celui qu'encaissait la blonde était silencieux. En apparence. Si sa respiration avait repris son équilibre, ses battements vitaux accéléraient de nouveau. Sa mémoire brailla soudainement. Des souvenirs pourtant interdits. Elle déglutit.

« Lazarus... ? »

Ses cordes vocales n'avaient plus prononcé ce prénom depuis des années. Un prénom banni de son langage pour mieux tourner la page. Un prénom tenu aussi loin que les verres d'alcool. Cependant, elle l'avait ponctué d'une interrogation pour lui donner la possibilité de la contredire. Mais elle avait vu ses yeux. Ces mêmes yeux qu'utilisait sa mémoire pour l'accuser. Comment vas-tu t'échapper cette fois ? Restant plaquée contre la cloison, elle lança un regard vers l'endroit d'où ils étaient entrés. Elle ne savait pas comment on ouvrait un machin pareil, et l'obscurité l'empêchait de le déduire.

« Un Vampire essaye de me tuer. Quand je te suis tombée dessus, désolée pour le choc d'ailleurs, j'ai préféré t'emmener pour éviter qu'elle te prenne pour cible. Enfin je ne savais pas que c'était toi... Mais t'as compris. Est-ce que tu vas bien ? Tu n'es pas blessé ? »

Si sa voix se révélait hésitante, elle s'efforçait de ne pas montrer sa gêne. Néanmoins, celle-ci se décelait par son élan bavard, qui ne lui ressemblait pas. Diversion, pure et simple, de souvenirs armés de honte, culpabilité et fragilité.

« T'avais l'intention de me poignarder ? Et où est-ce qu'on est ? Comment ça se fait que t'as une base secrète ? Tu es du genre super-héros ou super serial killer ? »

Discrètement, elle entama quelques pas vers la sortie. Sortie fermée qu'elle ne pouvait pour l'instant pas déverrouiller, l'idée de s'en rapprocher la rassurait malgré tout. Fuir. Une lâcheté que Perséphone n'acceptait qu'en derniers recours.
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Lazarus A. Turner
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Posté le Sam 17 Juin - 22:57.
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L’image. La réminiscence. Le souvenir de son dos tourné. Tu ne l’as pas oublié. Jamais. Elle, accompagnée d’un être lambda, futile mirage, il était, cet être lambda, mais Elle, perdue au cœur des gens hagards en lesquels tu traçais également ton chemin, Elle était réapparut dans ta vie comme l'astre nouveau. Un sauvage appel des forces unanimes. Un clou d'un but incontournable planté dans ton esprit et dans ton cœur. Une étoile filante qui a embrasé pour l’espace d’un instant l’obscurité de ta tête. Mais son embrasement a fini par mourir en tes nuits immortelles. Vos regards qui se sont croisés, vos âmes qui se sont reconnues et puis fondues l’une en l’autre… mais s’était comme si vous n’aviez jamais rien connu et partagé.

Le souvenir de son dos tourné.
Tu ne l’as pas oublié.
Jamais. Elle a tracé le long de votre horizon en marche cette ligne du mal aimé qui a détruit tous vos langages. Et quand la honte a murmuré plus fort dans son silence, t’as sentis les larmes de sang tomber à contre sens sur ton cœur et son absence cruelle n’a fait que creuser plus profondément encore le tombeau humide qu’est devenu ton sein. Ce jour-là, Elle n’a pas juste tourné le dos à sa propre vie, mais à la tienne, se contrefoutant royalement que votre histoire allait dominer entièrement le sens de ton existence !

Plongé dans le noir, alors que sa voix brisée t’interpelle, tu ne sais plus si tu dois être rage, ou bien amour, et ou encore démence. Le terrible bruit du conteneur que ton dos a violemment buté te fait encore frémir, la révolte sanglante te plonges plus profondément en un nocturne effroi qui tu le ressens très bien s’exalte également en le cœur de celle que tu refuses de voir et d’entendre. Il s’épand, vous possède comme la fièvre, brûlure récalcitrante qui t’écartèle entre la folie et la haine. La réminiscence. Violente. Fracassante. Assassine. Meurtrière. Elle. Tout ce qu’elle représente à tes yeux qui autrefois la regardaient comme un gamin et maintenant l’admirent comme un homme. Vos années peu nombreuses, mais agitées, jonchées par les péchés d’Hybris, où quelques moments appartiennent aux brouillards des drogues inhalés et parfois savamment noyés par les eaux de vie abreuvant les déserts de vos univers infernaux. Ton âme enivrée du passé s'attache avec amour et dévotion à ces belles balafres psychologiques et tu trembles toujours avec Elle lorsque son nouveau monde sombre et que la pluie de son honteux désarroi la noie.  T’as jamais arrêté de crier tout bas, avec Elle, Lazarus. Et tu n’arrêteras jamais de le faire. Même si de tout Elle se divine. Même si entièrement Elle se love dans l'or et la lumière.

Tu es et demeure Son passé. Elle est et demeure l’intégralité de ton avenir.
L'équilibre ancien, dont son âme se veut las et vulgaire préface.
Tu lui en veux. Beaucoup. Elle parle. Trop. Et ça ne lui ressemble pas.
Dans le noir, tu entends les froissements de tissus. Nerveuse, peureuse, Elle bouge, s’active, cherche à t’éviter… à te fuir… encore ! Le souffle court, le crâne plongé dans les torrents oppressés, tu retrouves tes fidèles débâcles d’éphémères et ton état d’âme se situe à quelque part entre le passif et l’agressif. T’as écouté son récit, tu as récolté les informations et tu peux maintenant agir. Un vampire est le big ass problem.

Soucieux de votre survie dans ta boîte à sardine, tu te déracines l’échine de contre la cloison de tôle et retournes à l’endroit exacte où tu sais est posé ton sac de sport. Contrairement à quelques minutes plus tôt, tu ne fous pas un bordel monstre dedans, mais te contente de happer à l’aveuglette le bidon d’essence qui traîne juste à côté. Non, tu ne présages pas un barbecue, le contenu de ton baril renfermant simplement de l’urine et hémoglobine de lycan. Liquide à l’odeur infecte que tu t’empresses de déverser sur le sol, deux des murs du conteneur, pour duper l’odorat fine de votre prédatrice et asphyxier vos propres odeurs corporelles. Ruse qui vous permettra un moment de répit et de faire le point sur vos retrouvailles pour le moins inespérées.

- Te poignarder ? Le Passé t’effraie à ce point, Perséphone ?

Tu finis ton labeur répugnant, dépose au sol ton bidon d’essence, devines que la jolie blonde s’est approchée de votre seule issue de secours. Toujours plongés dans les ténèbres, tu prends le soin de l’aviser, d’une voix incroyablement calme :

- Tu ne pourras pas sortir par-là. La porte se verrouille et déverrouille de l’extérieure.

Et tu risques l’ultime collision, t’emparant à nouveau de ton Zippo pour y laisser briller sa timide lueur rassurante alors que tu arpentes ta gîte, à la recherche de quelque chose de bien précis. Que tu trouves, errant dans le coin du conteneur.

- Quelle idée te séduit ? Super-héros ou serial killer ?

Tu te voute, attrapes ta convoitise et t’approches doucement de la silhouette de celle qui autrefois a été la source de vos éclats de rires et de ces précieux souvenirs que tu n’as jamais oublié. Force tranquille, tu la surplombes, tends ta main, munie de son couteau perdu, vers elle :

- Je suis simplement de ceux qui ont appris à survivre.

Tu attends qu’elle s’empare de sa précieuse arme blanche, pour du revers de tes doigts venir lui caresser la joue et contempler véritablement l’éclisse parfait de ses traits.

- Comme toi. J’imagine.

Et tu trembles toujours avec Elle lorsque son nouveau monde sombre et que la pluie de son honteux désarroi la noie.  T’as jamais arrêté de crier tout bas, avec Elle, Lazarus. Et tu n’arrêteras jamais de le faire.

- Je te croyais morte, Perséphone. J’ai jamais arrêté. De t’attendre et te chercher ? J’ai jamais arrêté. Dans mon sac, là-bas, il y a de l’eau et de quoi te sustenter. Fais-le. T’es à un poil de ma barbe de me ressembler. Et c’est pas un compliment.

Tu tends ton poing tenant ton briquet vers le lieu que tu lui as parlé et t’écartes doucement d’Elle pour ne pas la troubler que davantage.

- Quelques minutes. Attends quelques minutes. Le lieu sera à nouveau sûr et tu pourras me filer entre les doigts…

Encore…
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Posté le Dim 18 Juin - 4:45.
Le silence pour seule réponse. Aucun acquiescement, aucune contradiction. Tout ce qu'elle entendit, c'était son corps se déplacer. Pas vers elle, il s'éloignait. Elle ravala les inepties prêtes à contrer l'offensive mentale, se sentant stupide à déblatérer dans le vide. Paradoxalement, son mutisme la soulageait. Alors qu'elle s'échinait à contrôler sa vie, cette situation la plongeait dans une instabilité émotionnelle. Elle avait évité ce face-à-face, à présent elle savait très bien pourquoi. Que foutait-il ? Elle l'entendait s'agiter et du liquide couler. Une odeur nauséabonde colonisait l'air. Distinctive. Sang et pisse. Relents d'effroi et de mort. Huit ans plus tôt, Perséphone aurait vomi et paniqué. Ça ne l'empêchait pas d'avoir des haut-le-cœur. Mais les senteurs fétides, on s'y habituait, du moins on les encaissait mieux quand on suivait des pistes de cadavres.

« J'ai tendance à me méfier des gens armés qui déboulent sur moi. Qu'est-ce que tu fais ? »

Le passé, l'effrayer ? Il n'imaginait pas à quel point. Impossible de le maîtriser. Sa fragilité s'étalait et elle ne pouvait agir. Aucune emprise dessus. Un pitoyable spectacle, qu'il avait vu, auquel il avait pris part. Raison plus que suffisante pour l'éviter maintenant qu'elle réprimait cette misérable facette d'elle-même. Elle était arrivée à la paroi coulissante. Qu'y avait-il de plus frustrant que se retrouver devant une porte qu'on ne pouvait ouvrir ? Perséphone détourna son attention au profit de la source de la voix, par réflexe. Le mouvement remua l'air, une nouvelle vague de puanteur attaqua ses narines. Elle grimaça. S'il continuait à en rajouter, elle finirait peut-être bien par dégobiller. Néanmoins, elle se rendait compte de la bonne idée.

Pas sortir de là. Porte verrouillée de l'extérieur. L'annonce lui fit ouvrir de grands yeux ronds. Rapide manifestation de panique qui s'infiltrait dans les veines de la claustrophobe. Comment allaient-ils sortir ? Combien de temps croupiraient-ils dans ce dorénavant trou à pisse ? Muette d'angoisse, la Spectre se retourna vers l'entrée et commença à l'inspecter. Le retour d'une flamme lumineuse la fit vérifier ce qu'il faisait mais elle revint vite à son objet de préoccupation pour en profiter. Mais il s'approcha finalement d'elle. Elle ne pouvait pas lui montrer son dos. Ses yeux rencontrèrent les siens, puis se baissèrent vers sa main tendue. Après son interrogatoire, ses lèvres restaient immobiles, devenues incapables d'articuler quoi que ce soit. La surprise s'exprima malgré tout sur son visage en découvrant le manche sculpté par son paternel. Doucement, elle enroula ses doigts autour, effleurant hâtivement ceux du dessous.

« Merci. »


Son regard se leva vers son visage. La barbe cachait en partie son visage, mais elle discernait les changements de ses traits. Il avait été si jeune... Ses prunelles la transpercèrent. Elle ne les soutint pas. Sa survie avait dû s'améliorer après son départ. Mais ses doigts, à peine évitées quelques secondes plus tôt, saluèrent sa peau. Un geste troublant.

« Tu n'aurais pas dû. », murmura-t-elle en détournant le regard.

Elle s'empressa d'appréhender la distance qui la séparait du sac en question. Non, il n'aurait pas dû la chercher, pas espérer son retour. Leurs rencontres impliquaient dérives. Ses vices. Vouloir le voir l'aurait piégée dans ses travers. Son dégoût d'elle-même l'empêcha de renouer contact. Il valait mieux. Il ne méritait pas son influence néfaste. Elle s'avançait vers l'eau lorsqu'il lui assura pouvoir partir bientôt, après avoir rangé la lame. L'obstacle de sa quête : une mer d'urine ensanglantée. Enfin, elle ne tergiversa pas, elle marcha dedans sans s'inquiéter. Ses grosses bottines survivraient. Alors, qu'est-ce que ça fait de piétiner plutôt que de se rouler dedans ?

Arrivée à destination, elle tâtonna à la recherche d'une bouteille d'eau. La nourriture, elle s'en passerait mais s'hydrater lui ferait un bien fou. Même si elle présageait qu'avec l'atmosphère ignoble elle aurait l'impression de boire le contenu de la vessie d'un quartier entier. C'était un fouillis complet mais elle trouva finalement ce qui était peut-être une gourde. Bouchon dévissé, elle sentit avant d'avaler une gorgée de la boisson.

« Qu'est-ce que tu fabriques avec tout cet attirail ? »

Peut-être retrouvait-elle en cet instant sa formation de flic. En tous les cas, l'homme fut rejoint, pour qu'il soit proche mais tout de même à bonne distance. L'ancienne Elfe l'observait. Elle ne savait plus rien de lui, n'avait aucune idée de son parcours.

« Pourquoi tu m'as cherchée ? Je veux dire... Je ne t'ai apporté que des emmerdes. »

Elle se tut soudainement et, vivement, s'approcha de l'humain pour poser ses doigts sur ses lèvres. Un bruit métallique, plus fort, résonna à nouveau. Perséphone décala son visage pour l'approcher de l'oreille de Lazarus, et souffla :

« Comment tu gères la porte si le mécanisme est à l'extérieur ? »

Sous-entendu : au besoin, comment on pourrait s'échapper discrètement ? Ou si pas discrètement, au moins s'échapper... Il ne manquerait plus que l'immortelle réussisse à les coincer dedans. Bien sûr, rien ne disait qu'il s'agissait d'elle, seulement la prudence restait de mise. Reculant d'un pas, le laissant libre de ses mouvements, elle n'était pas forcément très à l'aise avec une flamme juste à côté d'elle. La proximité avec lui réveillait par ailleurs d'autres souvenirs. Elle avait mis sous clé le lot complet, mais parmi eux se dissimulaient certains beaucoup plus positifs. Quoique c'était peut-être également la raison de leur enfouissement.
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Tu es comme une jetée de sel sur ses plaies encore vives et profondément ouvertes. Cicatrices vermeilles, supérieures à ses fissures. Tantôt par sa couleur, tantôt par sa stature. Plaies si profondes, englouties en la liqueur carmine qui la gorge jusqu’à ce que le haut cœur ne la prenne. Liqueur carmine, sirupeuse, qui ruisselle toujours sur ses chairs restées de jaspe flétrie par les années de la rieuse et grave nonchalance. Tu es comme une jetée de sel sur ses cicatrices de sang, éclatées fatalement là en les soupirs errants. Soupirs errants qui perdurent dans l’espace et résonnent comme un rire. Rire qui se glace comme un cri, qui lui givre encore la liqueur carmine dans ses veines purifiés de vos poisons. Moires pourpres, elles laquent et prennent les empruntes sur son corps qui brusquement s’éveil, lorsque temporairement s’endort, pour révéler les douleurs contristées du Passé qui s’abaissent vers les cieux d’ici-bas. Elle a enterré vos joies de Bengale, ces feux crépitants que vous aviez allumés tous les deux en vos noirceurs, mais qui la tuaient après l’avoir brûlée. Elle a enterré vos déserts d’Enfer, pour laisser se multiplier les fleurs devinées du hasard. Elle a enterré Bristol, ville imprimée de vos traces, du passage de vos ivres carcasses dans les rues du matin, qui rapidement se querellaient au soir. Elle a enterré les bars sans allure où vous aviez l’habitude de croupir, dont l’éther, sans cesse, à mesure que s’accumulaient les verres, te murmuraient que le temps se fige, mais qui jamais ne se figeait, lorsque les portes s’ouvraient en gueulant. Elle a enterré vos silences, le règne de vos rêves d’enfance, tout pour Elle n’étant que tourniquet d’illusions virevoltant dans le néant. Mais Elle a mal enterré la manière de cacher ses manières et tu demeures la prose du misérable Macchabé mal enterré qui éventre les six pieds d’entraves, remonte à la surface, traîne en le cimetière de sa mémoire et soulève le cadavre hideux de l’enfant piteux au cœur arrêté qu’elle a de grâce rencontré en ce Passé qu’Elle charge du lourds poids de la mort des images.

Tu es comme une jetée de sel sur ses plaies encore vives et profondément ouvertes. Ses émeraudes fendent brièvement tes azurs comme le vent et tu sens que les charpentes de ton squelette frissonnent toujours  à l’approche de sa brise si polaire qu’elle en devient étrangement brûlante. Et tu comprends. Tu comprends que tu ne cesseras jamais de la démolir, t’étant trop laisser périr, malgré ton désir fou de vouloir la chérir. Ton aspect sordidement éblouissant chavire son cœur puissant, réduisant en esclavage ses persévérances précaires et affligées. Ton déclin a précédé son règne, Elle est remontée et tu es descendu. Il ne reste de vos éphémères harmonies des soirs, que cette croix gravée dans le marbre de sa mémoire. Elle a fait son deuil. Tu dois faire le tien. Plus rien n’est à récupérer de ces lambeaux et dépouilles des oubliés. Elle a une vie. Tu as la tienne. Lorsque tu te coucheras, ce soir, regardes, contemples, admires ton étoile contraire qui reluit tout près de son étoile fixe.

Un jour, un soir, peut-être, qu’elle comprendra. Vos contraires, vos délétères, elles vous rendent charognes binaires et immortelles dans l’univers. Dans un monde vacillant, indécent, chantant, assourdissant, Elle est la foudre et tu es le tonnerre. Avec vos imaginations regorgées des ivresses, avec vos actions brodées de violences, vous avez la décadence des plus prestigieuses présences et les prestances électrisantes qui vous magnétisent, elles peuvent faire ployer et tomber en cendres plus d’un escadron chargé de démons et leurs inexorables tourments. Dans la Laideur qui lui fait tant peur, ils y reposent ces charmes de l'horreur qui n'enivrent que les esprits les plus forts. Déchus identiques, sa culpabilité à ton insanité, Elle est la foudre et tu es le tonnerre. Grondent. Grondent. Les tambours de ce monde en hécatombes. Lorsque tout tombe, un jour, un soir, tu sortiras de ta tombe et lui montrera son Empire de catacombes. Reine et Roi dans le branle universel de l’inévitable Fatalité, peut-être qu’à ce moment Elle saura aimer et embrasser ce qu’Elle s’épuise à se répugner.

Belle. Magnifique. Divine Perséphone au cœur de liesse et de promesse. Tu as ton autel et sur celui-ci tu as brûlé les cendres de ton erratique qui t’est devenu avec le temps d’aucune utilité. Elle ignore tout de toi et tu ignores tout d’Elle. Deux étrangers familiers qui font face au miroir sans tain, ils regardent les reflets qui s'éternisent, s’idéalisent et s'étendent. Déchus identiques qui n’attendent que l’inévitable mythe. Pour vivre, à l’opposer de survivre.  

Coincés dans ce trou métallique qui empeste maintenant la pisse et le sang de l’une de ces créatures que du plus profonds de ton âme injure, tu juges que ce n’est pas le lieu propice pour lui raconter tout ce qu’elle veut savoir, le poids de la honte pesant suffisamment lourd sur ses épaules, ton silence est signe de bonne et douce suffisance. Elle sait que tu as changé et voit l’homme que tu es devenu. L’éclat en ces magnétiques émeraudes reluit de ces moires qui toujours te donnent le vertige des folies originelles et versatiles. Elle se méfie de toi et ça t’agace. C’est d’une lancinante farce, puisqu’autrefois c’est Elle qui t’a véritablement montré ce monde d’artificielles frasques. Trop jeune et trop con. Maintenant trop vieux et trop infécond.

Elle s’abreuve.
Tu la regardes.
Elle s’approche de toi.
Tu la contemples.
Ses doigts, fins et doux comme une chimère, s’élèvent et se posent sur tes lèvres.
Tu ne respires plus.
Son visage qui vient lentement vers le creux de ton épaule.
Tu l’admires, l’adules, le fin duvet s’hérissant sur ta nuque lorsque son souffle chaud se heurte sur la chair de ton oreille. Éveille des sens. Tu sombres dans le songe permanent et vicié où s'illustre la plus timide et cruelle des beautés. Sa beauté. Lui résister ? Depuis l’adolescence, tu n’en as jamais été capable. D’où, peut-être, cette naïveté maladive qui te pousses à voir que les beaux paragraphes de votre histoires. Ce trouble, tu l’as ressenti quelques secondes plus tôt, lorsque vos doigts se sont à peine salués alors qu’Elle récupérait son arme. Tes deux billes d’un bleu délavé la caresse d'une insolence fragilisée, œuvre froissé de ton esprit qui recherche la tempérance en sa diligence, pour finalement venir observer la porte coulissante et arquer imperceptiblement un sourcil lorsque les sons invoqués se manifestent de l’autre côté.

La Vampire est là. Tu le sais. Tu le sais à la manière qu’ont de se faire entendre les doigts et les ongles qui se pressent et s’éraflent sur la façade de tôle. À la manière qu’a se pif de renifler et humer l’odeur qui s’échappe de votre boîte puante. Tu présages et prévois. La lourde cloison de tôle qui tremble, se cogne brutalement contre le châssis, lorsque les paumes lourdement martèlent et frappent. Votre habitacle qui grelote de toute sa charpente. Les mains qui caressent de nouveau la porte, cherchent à comprendre son mécanisme.

Et ça te fait sinistrement sourire.

- Je ne gère pas la porte. Là est tout le magnifique de notre histoire d’horreur, que tu murmures à l’oreille de la jolie blonde, au fond de ta voix vrombissent tes humeurs railleuses alors que tu prends une allure narquoise. Vil petit diablotin. Sournois petit gamin. Petit Prince des Ténèbres. Tu sais ce que tu fais.

Ta main doucement posée sur la cambrure des reins de Perséphone, tu lui intimes de reculer vers le fond du conteneur, là où est écrasé ton sac de sport, et avec Elle tu recules, tes mirettes fixant la porte coulissante qui bientôt s’ouvrira en grand, parce que les mains monstrueuses comprennent enfin…

BAM ! CLIC ! BAM ! BAM !

- Attrapes mon sac.

Murmures-tu, tandis que tu attends un ultime coup de tonnerre de poings Vampirique pour étouffer le fracas de ton pied qui vient tout juste d’emboutir la cloison métallique et l’enfoncer. Pragmatique, en cas d’urgence, tu avais pris le soin de t’improviser une sortie de secours, en dévissant de ses pentures l’une des plaques du fond de ton conteneur. Tu fais passer Perséphone en premier et comme tu lui affirmes que tu as un :

- Fusil à pompe ! Dans mon sac ! Il est chargé !

La porte coulissante s’ouvre et une Vampire claudicante et groggy apparaît. La démarche d’une morte-vivante digne d’un très mauvais remake de Walking Dead, tu as le temps de sortir et t’activer pour soulever de terre la cloison que tu as défoncé.

- T’attends quoi ? Qu’elle nous fasse un numéro de claquettes ? TIRES ! que tu ne peux t’empêcher de ronchonner, les secondes te paraissant plus longues qu’elles ne le sont réellement, t’apprêtant à rabattre sur ses pentures la plaque de tôle, sachant que la porte du conteneur s’est automatiquement refermée de l’autre côté de votre boîte nauséabonde.

Et dire que tu as confectionné ce piège à rat tout seul !

- J’ai un outil de soudage miniature dans mon sac à malice. Prends-le et fixes-moi cette saloperie de bordel de cloison ! dos plaqué tout contre la plaque, tu fléchis les rotules, fixes tes pieds au sol et fortifie la stabilisation cette saloperie de bordel de cloison qui mollement tremble sous les coups harassés de votre plus tellement ennemie.
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Posté le Dim 18 Juin - 20:40.
Les bruits s'approchaient. Chaotiques pourtant leur logique les conduisit à faire trembler leur cage de fer. On oubliait la coïncidence. Personne ne testait chaque container sans but. Avec une telle force. Plus que le Rituel, il lui fallait une sérieuse thérapie à cette bonne femme ! Qu'on ose encore affirmer que les Aberrations étaient saines d'esprit. Putain mais elle s'acharnait encore après la Spectre alors qu'elle était en cavale ! Alors qu'elle avait pris un coup de couteau dans le ventre ! Perséphone rêvait de l'envoyer au Ribcage se faire disséquer, cette tarée. La révélation du brun finit de la remonter totalement. Il les avait piégés en toute connaissance de cause, ce con ! Un regard noir l'éclaira sur ce qu'elle en faisait, de son histoire d'horreur.

« T'as fait quoi ?! »

Elle ne pouvait pas y croire. Enfermés. Il les avait enfermés sans hésiter. En plus de ça, il lui avait menti. Une tarée à leur poursuite ne suffisait pas. La panique et la colère se mélangeaient pour un cocktail explosif.

« ET TU CROIS QU'ELLE VA NOUS LAISSER GENTIMENT SORTIR ? »

Oui, elle hurla plutôt violemment. En même temps, il fallait couvrir le boucan que causait l'immortelle et la cavalcade de son organe vital. Elle faisait un tour sur elle-même à la recherche de... Assurément de quelque chose. Il y avait bien un moyen de sortir de cette histoire d'horreur, comme il appelait la situation. Histoire d'horreur, tu parles. Tu crois que je t'ai pas vu jubiler. Lazarus la coupa dans son élan confus, la forçant à reculer. Se laissant emporter, elle obéit aussi instinctivement à la directive alors que la lumière lunaire inondait le caveau. Lanière sur l'épaule, elle fouillait d'une main agitée dedans, mais la sortie de secours la fit aussitôt changer de priorité. Air libre. Vent. Fraîcheur. Clarté. ESPACE. Une impulsion fugitive lui donna envie de courir et plonger dans le fleuve. Elle se contenta d'une grande inspiration avant d'attraper le fusil demandé. Neutraliser le cadavre ambulant. Le sac jeté à terre, Perséphone se positionna et visa.

« Ta gueule. », rétorqua-t-elle à l'insistance de son acolyte imprévu.

L'air enragé de l'immortelle la rendait grotesque, avec son garrot fait à la va-vite qui ne cachait pas les coulées de sang et son allure freinée par ses muscles à moitié endormis. Coriace et tenace, ça aurait pu être tout à son honneur si ça ne provoquait pas sa perte. Le canon cibla d'abord la tête, puis descendit. La Vampire était à quelques pas de l'ouverture quand sa rotule explosa. Elle tomba, seulement la scène fut cachée par la cloison relevée de l'homme tandis que Perséphone rechargeait. Jusqu'au bout. Des injures et menaces particulièrement inventives traversèrent la paroi, accompagnées de coups devenant faiblards. Dorénavant, elle n'avait plus rien à perdre.

« Tu sais qu'elle peut plus marcher ? Je veux pas te priver de bricolage, hein, mais tu lâches ça, je la menotte et il reste plus qu'à appeler le bureau. »


Comment ça, elle n'avait aucune idée d'à quoi ressemblait ce qu'il demandait ? C'est vrai, pourquoi s'emmerder à souder alors que la CAA allait la récupérer. Une paire de menottes quitta l'intérieur de sa veste et elle la remua devant lui.

« Alors, pour elle ou toi ? »

Une expression espiègle détendit un instant son visage. L'extérieur lui donnait des ailes. Derrière eux, les manifestations rageuses avaient cessé. Les avaient remplacé des murmures. Perséphone lâcha la paire de bracelets mais garda le fusil quand elle fit signe à Lazarus de bouger.

Dès qu'un espace se révéla, elle rentra à contre-cœur dans la boîte insalubre. Assise ou plutôt affalée contre la paroi, la buveuse de sang avait un téléphone collé à l'oreille. Il tomba quand la crosse de l'arme l'assomma. Finalement, ça aussi ça marchait. La chasseuse s'accroupit le temps de récupérer le cellulaire.

« Vaut mieux pas traîner dans les parages. Tu prends ton sac ? »

Sans attendre sa réponse, elle laissa tomber le portable dedans. Il représentait une excellente piste qu'il serait idiot d'abandonner. Mais présentement, elle préférait avoir les mains libres pour utiliser le cracheur de balles. Son extrémité se posa d'ailleurs temporairement sur le torse de son compagnon du soir alors que les yeux de la blonde s'enflammaient.

« Au fait, tu me refais un coup pareil, je te tue. »
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Lazarus A. Turner
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Posté le Lun 19 Juin - 15:39.
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Dire que tu es contrarié est un doux euphémisme. La gibelotte de chair morte, aux rotules explosées, à la gueule littéralement dégommée, émet un ultime son, que tu peux définir à quelque part entre une insulte originale ou un râle de vieille mal baisée, avant de recevoir sur sa tronche de cinglée, toute droit échappée de la Bouche de l’Enfer, un coup de crosse et sombre dans le monde merveilleux des éléphants roses à tutus violines. L’inconsciente s’affaisse lourdement contre la cloison métallique et laisse déchoir sa viande sordidement hachée dans la vaste flaque de pisse et d’hémoglobine bâchant tout le sol écœurant de ton ancienne planque et piège à cons que tu avais si ingénieusement fabriqué pour une occasion pareille… mais une Perséphone et sa névrose non incluse dans ton schémas mathématique et diabolique. Tu regardes les vestiges, la loque Vampirique qui ne ressemble plus à rien, si ce n’est qu’à la peinture de Les Demoiselles d'Avignon, de Picasso… et dire que tu es contrarié est un doux euphémisme.

Toi qui ambitionnais de trouver-séquestrer-découper-crucifier-God bless perseverance- l’Aberration, pour obtenir, peut-être, des informations sur l’assassin de ta pauvre mère, tu dois renoncer à l’idée lorsque l’ingénieuse blondinette à la gâchette trop réactive soulève une contre-offre que -pour force d’admettre a son principe et sa cohérence- tu ne peux balayer d’un simple revers demain. Au risque de trahir ta véritable nature, tes obscurs réels desseins, tu dois accepter ce qu’elle te propose et dire adieu à cette opportunité. Et si tu es contrarié, cette Satiété dort profondément au creux de ton intestin grêle, car sur le marbre de ton visage impassible s’abat le décret des puissances suprêmes qui te fait opiner du chef avec la sagesse et le calme olympien des divinités prophétiques.

En parfait synchronisme avec le cellulaire qu’Elle envoie valser en la panse bien ronde de ton sac multi-usage, tu attrapes la lanière, la passe au-dessus de ton crâne à la chevelure crasseuse et juche le tout sur ton épaule. Tu te délectes d’avoir en ta possession ledit cellulaire, un moyen moins barbare et sanglant pour perpétrer ton enquête (et aussi rattraper l’opportunité que tu as échappée en échappant La Demoiselle d'Avignon à moiti re-morte dans ton conteneur insalubre). Perséphone a raison, vous ne pouvez plus rester là et vous bouger les miches est votre seule issue glorieuse possible. Comme tu emboîtes le pas, la gueule au métal chromé de ton propre flingue se braque sur ton sternum et tu t’arrêtes net.

Pour la deuxième fois, en même pas 24hrs, une arme est braquée sur toi et attente à ta vie. Gracieuseté Hystérika que tu as rencontré ce matin désormais Perséclaustrophobia qui n’en peut tout simplement plus de sa vie de merde, ce soir. Le fait que tu ignores tout de la femme qu’Elle est devenue te pousse à être prudent, à prendre parfaitement conscience des cierges mortuaires qui se sont allumés en ces yeux. Tu le sais. Tu le sais que sans aucune hésitation, elle sera capable de te tuer…

- Entendu.

Que tu te contentes d’affirmer, œuvrant toujours en ton inlassable comédie. Malaise passé, gun loin de ton petit cœur mortel, tu emboîtes définitivement le pas et remontez le parcours que vous avez accompli avant de vous terrer dans votre boîte de conserve. Slalomant entre les conteneurs, traversant dédale après dédale, boyau de tôle après boyau de tôle, vous arrivez à la périphérie de la sortie du port, lorsque sur l’horizon salutaire apparaissent trois silhouettes d’allures trop louche pour être là que par hasard. Qui… hormis toi… une cinglée à crocs-blancs et Perséclaustrophobia a pour idée suicidaire de se balader en un lieu pareil… en pleine nuit ?

Le reste de l’alliance Kool and the Gang appartenant à La Demoiselle d'Avignon à moiti re-morte dans ton conteneur insalubre ? Bien sûr ! Calcul des probabilités faites, avant qu’ils ne vous repèrent, tu arrêtes ta course, happes à la volée le col de ton acolyte pour furtivement vous lover dans l’ombre d’une benne et plaquer le dos de Perséphone tout contre celui-ci en plaquant ton gros index crade sur les pétales soyeuses de ses lippes pour l’empêcher qu’Elle te claque à la gueule une nouvelle durite cinglante et faussement accusatrice.

Ils devaient être dans les parages lorsque l’Assommée a donné l’alerte.

- De grâce ils ne nous ont pas encore localisés…

♫ Mmmbop, ba duba dop
Ba du bop, ba duba dop
Ba du bop, ba duba dop
Ba du, yeah ♫


What the duck and fuck ?! Mystifié, tu mires de tes céruléennes arrondies comme des soucoupes les yeux de ta partenaire.

♫ Ba du bop, ba du dop
Ba du bop, ba du dop
Ba du, yeah ♫


Et tu comprends ce qui se passe, t’écartes de Perséphone et ouvres grand ton sac à malice. Qu’est-ce qui vivre, brille, crache ce sonnet immonde dedans ? Cette saloperie de téléphone portable ! Tu redresses la tête et viens regarder les trois silhouettes dressées sur l’horizon ombreux. L’une parmi elles a la main plaquée sur sa joue et tu devines parfaitement ce qu’il fabrique alors que les deux autres, hésitants mais décidés, s’approchent de votre planque.  

- Toi et tes idées merdiques ! que t’insurges à l’égard de ta pauvre partenaire d’infortune, tandis que tu farfouilles le bordel de ton sac pour en y extirper une boîte de cartouches et lui bazarder à la trogne avec le soin d’un éboueur.

♫ Said oh yeah
In an mmmbop they're gone
Yeah yeah ♫


Tu te décharges de ton sac, le tiens par la lanière, le faisant aller d’avant en arrière comme le lourd poids d’un pendule. Jeu du contrepoids qui prend de la vitesse, de la gravité, de la force, balançant le tout sur la première ombre de tête que tu vois se dessiner à l’angle de votre benne, tandis que tu t’empresses d’attraper le manche de ton couteau à cran d’arrêt, que tu avais tout à l’heure accroché à la ganse de ta ceinture, pour bondir tel un joueur de rugby sur le molosse carillonné, vous affalé avec la grâce de deux morses obèses sur le sol roide, ainsi tu ouvres un champ de tir à ta blondinette à la gâchette trop réactive alors que toi tu te récoltes des beignes monumentales à la gueule.

♫ Plant a seed, plant a flower, plant a rose
You can plant any one of those ♫


Et si tu plantais ta lame là, juste là, dans le muscle intercostal du Vampire, est-ce que cette conasse gazouillerait toujours ? Théorie que tu test…

♫ Mmmbop, ba duba dop
Ba du bop, ba duba dop
Ba du bop, ba duba dop
Ba du, yeah ♫


Eh, bah, nah ! Tu retires ta lame, fouettes à quelques reprises l’air avec le tranchant, vos deux corps étreints dans les élans et débâcles de rixes mortifères. Tu te retrouves en position de supériorité et enfourches le dégénéré. Tu poignardes le biceps fémoral, le muscle semi-membraneux, t’en viens à déchiqueter les tendons de son genou arrière et pendant que tu te lasses de charcuter cette cuisse, tu ne peux t’empêcher de gueuler à ta partenaire de boucherie :

- GUN, ICI, PICASSO, ÇA SERAIT SYMPA !

♫ Said oh yeaaaaaah ♫


Dernière édition par Lazarus A. Turner le Mer 21 Juin - 2:45, édité 5 fois
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Posté le Lun 19 Juin - 18:48.
L'adrénaline avait délogé son malaise, allant jusqu'à lui faire oublier toutes ses réserves. Lazarus était redevenu son complice de soirée. Celui qui était là pour l'aider et avec qui elle s'embarquait dans de folles aventures. Tel un recommencement, le hasard les avait réunis et les emmerdes de la belle avaient atteint le super-héros. Les premiers mètres, tout était normal. Qu'ils marchent côte à côte dans l'obscurité nocturne pour s'éloigner de leurs méfaits, une habitude retrouvée. Seulement, l'action passée, l'esprit reprenait son organisation. L'habitude était devenue défaillance. Une brûlure.  Un regard vers son profil et l'ego vaillamment retrouvé se lacérait. Une flopée de questions polluaient également la conscience. Ses jouets, ses desseins, ses loisirs... S'il avait été un collègue, rien n'aurait choqué. Sauf que s'il travaillait pour la CAA, ils se seraient forcément croisés à un moment ou à un autre. Tant qu'on parlait boulot d'ailleurs. Perséphone fit mine de prendre son portable avant de se rappeler qu'il roupillait sur le siège conducteur de sa voiture. Voiture restée en plein carrefour, les clés sur le moteur. Les riverains devaient adorer la radio dont le son allait presque à fond. La récupérer, pour plus tard. Les silhouettes grandies par les ombres au bout de la rue n'inspiraient pas confiance. Ce serait ridicule de miser sur des oiseaux de nuit. Bonjour, ou plutôt bonne nuit ahah ! Bonne fin de promenade chers imprudents !

A peine lança-t-elle un regard vers monsieur-je-piège-les-femmes-dans-un-container qu'il la tirait dans la ruelle adjacente et la plaquait contre une benne à ordures. Devait-elle en déduire qu'il aimait les odeurs fortes ? Ce n'était pas son doigt pressé sur sa bouche qui le contredirait. Elle se retint de lui faire remarquer qu'elle aussi avait des yeux et qu'elle n'avait pas besoin qu'il la traîne. Elle se contenta de lui adresser un léger signe de tête quand une chanson pop fit exploser leurs espoirs de discrétion. Leur visage devinrent des miroirs de leur stupéfaction. Le brun fouilla dans son sac, alors seulement elle comprit. Merde. Elle se glissa à l'angle de la rue pour observer.

« Toi et tes idées merdiques. », répéta-t-elle à voix basse en caricaturant le reproche.

L'idée de base était bonne. Ils auraient juste dû penser à le mettre en silencieux... Enfin, ce n'était pas le moment d'en débattre. Pas encore le moment d'aller dormir. Perséphone soupira avant de ramasser les cartouches qu'elle avait eu la flemme d'attraper au vol. Autant préserver son énergie pour la confrontation. Elle s'empressa malgré tout de recharger le fusil. Lazarus sautait déjà sur l'un des types quand elle pointait l'arme sur l'autre. Cette fois, pas de concession. Elle le laissa faire deux pas de plus. L'Aberration se porta soudainement à droite pour s'approcher d'elle. Il avait fait un pas quand la balle abîma son minois. Si une autre se battait avec l'Humain, elles étaient trois. Pompage. Un petit cling contre le sol, couvert par la sonnerie. La blonde épiait la rue. Qu'est-ce qu'il foutait ?

Ce connard la prit par surprise en lui donnant un coup à l'arrière des genoux. Équilibre perdu, elle flancha, se retint d'une main pour ne pas s'étaler. Le Vampire en profita pour enchaîner d'un coup de pied dans les côtes. Ne pas lui laisser l'avantage. Ne pas rester à terre. Elle s'empara de son poignard et l'enfonça dans le mollet de son adversaire. Sans attendre, elle sauta sur ses pieds, récupéra l'arme à feu. Son partenaire demanda de l'aide.

« Je suis à toi dans deux secondes ! »


Ou peut-être un peu plus. L'enfoiré avait arraché la lame de sa chair pour lui rendre. Trop gentil. Maintenant, elle était sûre de ne pas la perdre comme celle-ci était plantée dans sa cuisse gauche. Son genou droit claqua contre la mâchoire vampirique. Après avoir reculé, elle visa l'ennemi de Lazarus.

« Lève-toi ! », le prévint-elle.

Elle tira. Cible atteinte ? Aucune idée, parce qu'un poids l'entraîna violemment contre un mur. Sonnée, elle se sentit une nouvelle fois léviter, la gorge prise dans un étau. L'arme lui avait échappé des mains. Elle tenta une droite dans la face de l'immortel, ça ne suffit pas à lui faire desserrer la poigne. Tirant sur ses poignets de marbre, elle cria tant qu'elle le pouvait :

« Laz' ! Un petit coup de main ? »
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Tu n’as jamais arrêté.
De l’attendre. De la chercher.
Tu n’as jamais arrêté.


Promesse d’une légèreté inhumaine, sanglante, guidant tes actions, tes pensées, ton esprit frappé par la plaie mortelle. Maintenant que tu l’as de nouveau avec toi et non contre toi : ton cri intérieur frappe le ciel et brise la nuit. La rage de vivre, chez-toi, ç’a toujours été un équilibre qu’il t’est éprouvant de garder et on ne parle même pas lorsque, par épuisement, tu cèdes enfin à la Colère. Car, oui, tu es épuisé. Épuisé de l’avoir attendu. Épuisé de l’avoir cherché. Le souvenir de son dos tourné. Qu'on t'arrache le cœur, que t’éprouves le feu, le fer, la glace, la guillotine, n’importe le supplice ! Tu es une roulette russe. Une putain de roulette russe. Une nuit c’est toi qui se tiens derrière la gâchette et une nuit c’est le Destin qui la retourne contre toi. N’importe le supplice, mais que le trou noir, l’abominable trou de mémoire, ne te l’arrache pas à toi. Tu ne t’en relèveras pas. Tu peux souffrir sans sanglot, sans soupir et sans gémir. Mais que la Vie te veule vivant, séparé de celle qui représente ta propre forme, c’est un chemin que tu ne veux même pas croiser. Vouloir que, sans mourir, d’Elle, ces cinglés te bannissent ? C’est une idée implanté en leurs crânes funèbres que tu veux démolir de tes propres mains. Qu’ils machinent votre mort à tous les deux ou sans Elle tu ne partiras pas. Promesse d’une légèreté inhumaine, sanglante, guidant tes actions, tes pensées, ton esprit frappé par la plaie mortelle. Tu peux baiser et bénir la main meurtrière, si c’est pour lui éviter l’Enfer que vous avez déjà tous les deux goûté à pleine bouche. La rage de vivre, chez-toi, ç’a toujours été un équilibre qu’il t’est éprouvant de garder et on ne parle même pas lorsque, par épuisement, tu cèdes enfin à la Colère. Car, oui, tu es épuisé. Épuisé de l’avoir attendu. Épuisé de l’avoir cherché. Maintenant que tu l’as de nouveau avec toi et non contre toi : ton cri intérieur frappe le ciel et brise la nuit.

Tout en toi prend son poste de combat, tes muscles qui veulent intervenir te font sordidement mal. Ta rage de vivre se met en boule, crise nerveuse, crise sanguine, qui te donne la force de créer ton œuvre horrifique, malgré tes vêtements souillés, tes blessures ouvertes, de voir parfaitement clair dans ton regard peuplé de confusion, de respirer les filtres infâmes de ton exécrable respiration aux vapeurs de soufre qui mettent en feu tes poumons accablés. Ta main droite, accrochée au manche de ton poignard, poisseux et gommant de sang. Tes patibulaires céruléennes qui contemplent ton noir tableau plein d'épouvantement, insensible à la chair que tu as labouré, le froid ténébreux drape ton âme : tu ne veux plus la perdre, et Ils ne te l’arracheront pas ! Appareil de Destruction, qui répond qu’à une seule voix. Quand Elle te dit de te lever, implacable et serein, tu te redresses et laisses le foudroyant coup de la Fatalité consteller ce torse vampirique qui ne respire plus depuis longtemps. Ton visage rongé par les chancres de celui qui croupit à tes pieds, tu chancelles sur ton équilibre, groggy de douleur que tu ne ressens pas encore : l’arcade gauche tailladée, lèvre inférieure éclatée, pif en bouilli et ton œil droit obstrué dans une irréflexion complète lorsque les jointures s’y sont cognées. Tu ne te rends même pas compte qu’un de tes flancs a été fauché par l’éraflement des balles, rien de bien méchant, mais suffisamment fumant pour que tu empestes une drôle odeur de viande calcinée et fringue cramé.

Appareil de Destruction, qui répond qu’à une seule voix. Quand Elle t’appelle, le visage pâle comme des cierges funéraires, tu t’approches du Vampire, pour reprendre ton arme toujours plantée dans sa cuisse, apportant dans le sillage de ton fer que tu retires quelques lambeaux de muscles et peaux. Au pas de charge, tu te rapproches des silhouettes que tu repères dans l’obscurité, prenant au passage ton fusil que tu recharges d’une main de bourreau qui a que trop de fois réitérer ce mouvement alors que la jumelle lance l’arme blanche qui lacère l’air et trouve le dos d’une des deux mains moulées à Sa gorge. L’Impérissable et Immortel---lement barje te condamne aux sept cercles, lâche malgré tout la nymphe sulfureuse. Bien qu’il soit robuste et fort, lorsqu’il se mange 12 obus de plomb au fond du gosier, il ne peut rien faire d’autre que d’ouvrir grand la gueule, ramasser ses crocs sur le trottoir et dire bonsoir…

Fruit pur de tous vos outrages de ce soir, tu vas récupérer ton couteau, pour ensuite laisser retomber tes armes dans ton sac, l’agripper mollement par la lanière et t’approcher de la pauvre Perséphone. Charognes binaires, tu sais que vous avez tous les deux une sale gueule de déterré. Mais Elle est vivante. Vous êtes tous les deux en vie. Et tu te détends enfin…

- Maman, j'ai peur des méchants. On rentre à la maison, dis ? que tu fredonnes, un sourire goguenard se profilant à tes lippes barbouillées de sang, tandis que tu lui tends la main pour l’aider à se relever.

Et c’est là que tu vois le couteau planté dans sa cuisse gauche. Tes éphémères humeurs narquoises se perdent en le sérieux dramatique qui te caractérise tant et te rend à nouveau aussi austère qu’une sculpture d’airain.

- N’y touches pas. Ne la retire pas. Pas tout de suite.

Tu t’approches d’Elle, laisses lourdement tomber ton sac, t’agenouilles à ses côtés, remercie Crocs-Blancs au torse constellé gisant plus loin de t’avoir déchiré une partie de la couture de la manche de ton hoodie, parce qu’il t’est plus aisé de t’en arracher pour improviser et poser un garrot sur la cuisse mutilée. T’es pas médecin, mais avec la vie, t’apprends et tu t’instruis toujours. Lorsque tu estimes que la pauvre estropiée est à ça près de ne plus sentir le sang circuler dans sa jambe, tu plantes tes pâles prunelles en les siennes, agrippes le manche du couteau et l’extirpes de ses chairs avant même qu’Elle ait eu le temps de te traiter d’enculé. Tu sais. Tu sais que retirer le couteau comporte de grands risques, tel que hémorragie ou le déchirement d’organes internes… mais puisque vous ne pouvez plus rester ici, (no shit), avec ça en moins dans une jambe boiteuse, tu oses prétendre que ça va affaiblir les conjonctures…

Et puis merde t’es pas médecin, mais ex étudiant en politique et musicien !

- Tu peux marcher ?

Tu poses la question, mais déjà tu passes son bras autour de ton cou, l’agrippes d’une main par la taille et la soulève comme une fleur. Perséphone calée tout contre ton flanc, c’est maintenant que tu te rends compte qu’il a été frôlé par le cracheur de balles…hahahahaha, douce ironie ! Tout le matos accrochés à toi, vous vous en allez clopinclopant sur la voie où tu rêves d’un bain d'antiphlogistine.  

Traîner avec Perséphone, c’est comme se traîner sous la godasse un chewing gum ; t’as la démarche bizarre et t’as l’air con. Pour l’heure, vous avez simplement l’air de deux ivrognes avec des tronches de bébés Chucky…

♫ 'Cause you had a bad day
You're taking one down
You sing a sad song just to turn it around ♫


- Regardes. Là-bas. Non mais quel connard a pour idée génialissime d’abandonner sa bagnole en plein carrefour ?! Il a du cul qu’elle soit encore là.

Hum… l’idée de voler cette voiture orpheline  t’effleure à peine l’esprit.


Dernière édition par Lazarus A. Turner le Jeu 22 Juin - 3:39, édité 1 fois
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Posté le Mer 21 Juin - 23:26.
L'étau se desserra, permettant à sa victime d'avaler douloureusement une gorgée d'oxygène. Si la bouche restait béante malgré la brûlure que provoquait la respiration, ses yeux se crispèrent quand les détonations commencèrent. Son corps entier se crispa contre les briques sales, loin de son bourreau, loin des balles. Lazarus ne lésinait pas pour le coup de main. Si bien que les lèvres se scellèrent vivement alors que le sang giclait sous la brutalité des coups. Si seulement il n'y avait que du sang. La fusillade terminée, Perséphone glissa pour éviter que ses membres ne la trahissent soudainement. Elle se laissa finalement choir en prenant soin de tendre sa jambe gauche, décorée joliment. Dommage que ça tenait à la perpendiculaire et qu'une compote carmine en coulait. Trop d'effets tuait l'effet, Ethel le lui dirait. Cependant, avant de s'occuper de cette faute de goût, elle frotta sa face maculée. Non, le rouge ne lui allait pas au teint. Du moins pas cette teinte. Il fallait néanmoins avouer que ce maquillage correspondait à son allure. Elle évita précautionneusement de toucher à son cou, bleui et parsemé de taches pétéchiales, qui avait royalement morflé. Respirer brûlait. Des vertiges l'obligeaient à garder la tête lourde contre le mur. Vautrée dans la bouilli vampirique, elle reprenait difficilement sa respiration quand sa voix s'insinua dans son esprit déboussolé.

Voix bienveillante, douce, si douce. L’œil du passé la vit sourire misérablement, un sourire atteignant à peine ses iris délavées mais déformant l'hématome colorant sa joue. Voix rassurante. Ombre lénifiante. S'emmitoufler dans son aura, se laisser bercer par son souffle, se perdre dans sa passion. Échappatoire corrompue, mais dont le reflet parcellé la plongeait en l'instant dans une nostalgie involontaire.

Enlève-moi.

Les mots coincés dans un ancien inconscient empli d'espoirs irréalistes furent contenus par les cordes vocales figées. Immobile, la noyade lui fit finalement ouvrir des yeux marbrés. Ils le cherchèrent, l'attrapèrent. Cette silhouette tombant en pièces, ces mains armées, ce visage abîmé.  La rêverie éclata devant la réalité. Il se pressa à ses côtés, elle l'observa alors que l'inquiétude inondait son regard. Déstabilisée, la Spectre suivit ensuite son regard à lui pour redécouvrir sa cuisse entaillée. Elle le contempla agir, muette. Serra les poings et se mordit la lèvre inférieure lorsqu'il remua le couteau. Un son rauque et étouffé s'échappa de sa gorge. Ses mains récupérèrent l'arme créée – à la base – pour la protéger. Elle l'essuya sur son pantalon, de toute façon irrécupérable, avant de lui faire retrouver sa cachette.  A l'interrogation, elle acquiesça d'un hochement de tête mais se tint à lui sans réfléchir pour se lever. Fragile invincibilité ou invincible fragilité, les sentiments oscillaient en une danse instable. Sa présence, provocatrice de chaos. En cet instant, Perséphone se laissait piégée dans un camp discordieux. Elle enroula son bras autour de l'homme, imageant le penchant victorieux.

« Tu es blessé ? »

Parler écorcha son gosier. Sa réaction à sa proximité lui faisait craindre une blessure plus profonde qu'il ne le montrait. Consciente des difficultés à tenir debout seule, elle continua à s'accrocher à lui pour avancer.

« Le point positif, c'est qu'on devrait être tranquille. On a dépassé le quota là, non ? »

Quatre Aberrations en une soirée, c'était pas mal quand, à l'origine, on rentrait chez soi. Après avoir effectué un Rituel, elle était censée se reposer pour être entièrement opérationnelle au prochain service. Heureusement que le réhumanisé était un jeune Lycan, pour lequel la séance avait été relativement courte. Il était temps que la journée prenne fin. N'importe qui les voyant serait d'accord. Bientôt, un ancien tube accompagna leur démarche claudicante.

Hurlant depuis... sa voiture. Tel un rapace, Perséphone lança des regards autour d'elle pour confirmer sa pensée. Ils étaient bel et bien revenus à son point de départ. Le connard aux idées génialissimes, c'était elle. Du cul, ouais. Le Destin avait quelque chose à se faire pardonner.

« C'est la mienne ! »

Accélérant l'allure, elle épiait en même temps les alentours. Y avait-il un abri fugitif dans les parages ? Un autre jour, elle aurait récupéré un flingue pour analyser d'où venait celle qui gisait actuellement dans une marre de pisse et d'hémoglobine. Un autre jour. Arrivée à hauteur du véhicule, elle se libéra prudemment du soutien masculin, posant une main sur le toit et évitant de s'appuyer sur sa jambe blessée. La portière était ouverte et elle se baissa, non sans que ses côtes gémissent, afin de tourner les clés pour lui offrir quelques instants de répit. Redressée, face à Lazarus, elle l'étudia des pieds à la tête, soucieuse. Les fins doigts féminins écartèrent une mèche châtain du front de l'homme. Légers, quasiment imperceptibles. Puis la blonde se ressaisit.

« Tu montes ? Faut qu'on aille à l'hôpital. Mais essaye de ne pas toucher à tout, ça va être suffisamment galère pour nettoyer. »

Le contempler dans cet état éveillait de nouvelles perceptions. Culpabilité et honte se transformaient en un tourment qui se voulait preuve de son changement. Indélébiles, ils le resteraient. A sa propre surprise, elle s'approcha de lui jusqu'à le sentir contre elle, insinua une main dans son cou et l'embrassa sur la joue la moins contusionnée d'un baiser du bout des lèvres de peur de lui faire mal.

« Merci. » Et d'ajouter alors qu'ils se retrouvaient face à face : « Désolée pour tout ça. Allez, monte, il faut te soigner. »
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Hum. Oops ? Sa voiture. Voilà qui t’apprendra à tourner sept fois ta langue, dans ta grande gueule, avant de parler ! Toujours lovée tout contre ton flanc douloureux, lorsque, sur sa patte folle, Elle décide d’embrayer à la vitesse supérieure pour gagner plus rapidement sa monture métallique, tu ne peux faire autrement que de suivre le mouvement et encaisser l’épicentre de la tornade de souffrance qui se délie avec calamité dans tout ton être. Balafres mortifères, brûlantes et électrisantes qui balayent les froids débris et la poussière de tes inféconds déserts intérieurs. Tu te mords la langue, quasi à sang, pour ne pas soulager ta souffrance au travers de jurons grotesques. Tu la laisses évaluer son bolide, la positionne de manière pour qu’Elle soit confortable, claustrée derrière la porte du conducteur, qui pour une raison obscure est restée ouverte, et lorsqu’Elle s’engouffre à demi pour mettre en sourdine le ronronnement du moteur, toi, tu prends le soin de plonger ton regard dans les ténèbres des rues et de t’assurer que votre lieu de halte est hors de tout risque d’embuscade. Comme Elle l’a si bien dit : vous avez largement dépassé le quota et il est temps pour vous de tirer solennellement votre révérence.

Et dire que tu t’en allais vers le sud pour au départ aller casser une gueule de poltron et récupérer ta si précieuse guitare…

Pour t’empêcher de t’écrouler pathétiquement parterre, ton bras gauche est allé prendre appuie sur le dessus de la portière, avalant de grandes goulées pour non seulement recouvrer tes esprits, mais également apaiser le fardeau de tes blessures qui passent sur toi tels les sabots d’un lourd attelage. Perséphone se redresse, tu t’écartes légèrement pour lui donner de la place entre son bolide et ta minable carcasse. Imprévu tête à tête. Tes pupilles au bleu délavé croisent invariablement ses deux pierres d’émeraude et dans le torrent divin tu plonges, enivré. Tu vois sa main qui se lève à la hauteur de ta figure littéralement défaite, le revers de ses doigts qui finement écartent l’une de tes sombres mèches de cheveux qui te barre la vue. Et se presse alors éperdument tout contre ton sein, ton cœur, fait de flamme et d’argile, qui en l’instant exceptionnel se fragile, palpite, frissonne, brûle, mais qui tu sais sera que cendre demain.  

Un monde se dresse entre vous. Si près. Elle peut te sembler si près de toi, mais tu sais qu’il en sera moindre demain. Le ciel, cette nuit, en dépit de sa fosse profonde, daigne déchirer son confins, laissant s’échapper un éclat de lumière, le regard complice de la lune qui contemple et immortalise cette heure dernière. Pour te montrer à quoi peut ressembler l'éternité. Étrange menace qui pour l’heure dernière te tracasse, te terrifie et glace. Tu la laisses t’approcher, se presser tout contre ton être que tu ne peux empêcher de frémir, ses doigts délicats qui caressent le derme de ton cou, que docile tu lui laisses le droit d’attraper, alors qu’à corps et âme tu ploies vers Elle. Un baiser sur ta joue. Ton cœur tremble et tu as la figure en feu. Se gravent en ton crâne ivre d’Elle, le souvenir de ses lèvres douces, fines et tièdes. Malgré le temps et la distance, il y a toujours cette partie de toi qui souffre lorsqu’Elle n’est plus là et lorsqu’Elle est là : ton cœur près du sien se sent d’autant plus séparé d’Elle. Dans la mascarade de tout ce monde qui se dresse entre vous, tu as toujours senti ce deuil sordidement plus beau, qui embelli le tombeau de ton sein, ce vieux même tombeau qui attend le droit d’être uni à Elle, pour te reposer en paix.

Voit-Elle tout ce qu’Elle représente pour toi ? Tu en doute. Tristement.

- Il faut nous soigner tous les deux, Perséphone.

Tu ébauches un sourire, doux, tendre nonchaloir de tes moires qui reluisent à sa beauté désaltérée que tu adores.

- Ne sois pas désolée. Je t’en prie, dégommer les vilains, avec toi, ça défoule et fait du bien.

Elle te fait du bien.

- Votre carrosse est avancé, milady. Il est depuis longtemps passé minuit et il n’est qu’une question de minutes avant qu’il se transforme en citrouille. Installes-toi. Le temps que je gagnes le côté passager, tu peux prévenir le Bureau ?

Patient, tu l’aides à prendre place dans sa voiture et attends que ses yeux posés sur toi trouvent la distraction de son cellulaire…

Sans regret inutile et sans plaintes amères, tu laisses la cruelle réalité te gravir, te gagner, ton cœur suffisamment assez martyr pour ne pas se lancer sur les chimères. Tu sais où l’assouvir pour le faire moins souffrir et tu sais que sans toi Elle doit partir.

Tu refermes la porte du côté conducteur et contournes le bolide.
Mais tu ne montes pas dans sa voiture.
Lorsque ses beaux yeux contempleront la nuit, Elle remarquera que bien loin tu es parti. Il doit en être ainsi.
Vous soigner tous les deux.

Lorsque tu te coucheras, ce soir, regardes, contemples, admires ton étoile contraire qui reluit tout près de son étoile fixe.

Et dire que tu t’en allais vers le sud pour au départ aller casser une gueule de poltron et récupérer ta si précieuse guitare…

THE END
sujet terminé.
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So just dance, come on [Lazarus]

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